Une infirmière de la clinique Saint-Vincent assignée en justice après avoir alerté sur la situation du service chirurgie

Publié le 04/12/2023 - 18:12
Mis à jour le 07/12/2023 - 15:41

Les élus CFDT de la clinique Saint-Vincent ont tenu ce lundi 4 décembre une conférence de presse suite à l’assignation en justice de la secrétaire du Comité social économique (CSE) qui avait quelques mois plus tôt posé une alerte de "risques graves" pouvant survenir au sein du service du plateau de chirurgie de Besançon.

 © CFDT
© CFDT

Patricia Dreyer, infirmière et déléguée CFDT a été informée le 3 novembre dernier par huissier de justice d’une assignation au tribunal judiciaire. Quelques semaines plus tôt, le Comité social et économique dont elle est la secrétaire, décidait du dépôt d’une alerte pour "risques graves" et votait une demande d’expertise confiée au cabinet d’expert Syndex pour l’ensemble du plateau de chirurgie, regroupant toutes les spécialités, de la clinique Saint-Vincent. 

L’alerte pour risques grave a été déposée à la suite de nombreux dysfonctionnements au sein du service : "depuis le mois de juin 2023, on a eu plus de dix arrêts maladie à répétition, deux accidents du travail et des signalements de la part du personnel soignant" résume Patricia Dreyer. Des dysfonctionnements survenus après l’annonce de la direction de fermer 15 lits "durant le mois d’août et sans l’avis, pourtant obligatoire du CSE" précise madame Dreyer. Après cela, la direction a annoncé devoir supprimer six postes pour cause de "soignants en trop" au sein du service. 

Une inquiétude constante pour le personnel soignant

Selon l’élue CFDT, le personnel a alors dû s’adapter et devenir plus mobile et "polycompétent" notamment en gérant des patients ayant des pathologies pour lesquelles les infirmières ne sont pas toujours formées. Le tout avec des patients répartis dans des services qui "d’ordinaire ne se mélangent pas afin d’éviter les risques infectieux" nous résume Patricia Dreyer. 

Des conditions de travail qui ont plongé le personnel soignant dans une inquiétude constante. À compter du 15 septembre, le "personnel s’est effondré" a constaté la secrétaire du CSE, "nous avons eu trois démissions de soignants angoissés de devoir travailler avec la peur constante de faire des erreurs ou encore de risquer de perdre son diplôme". La médecine du travail et l’inspecteur du travail ont également fait un signalement. 

"On tient à notre clinique"

Malgré la situation et d'après la CFDT, la direction de l’établissement a avisé le groupe ELSAN le 27 octobre 2023 qui, opposé à la décision d’émettre une alerte pour "risques graves" et "afin de mettre fin à la demande d’expertise", a décidé des poursuites judiciaires à l’encontre du CSE et donc de sa secrétaire, Patricia Dreyer. 

Une situation inconcevable pour le syndicat CFDT santé-sociaux du Doubs qui reconnaît que le service a besoin d’une réorganisation mais "pas dans le dos du CSE et ni à l’encontre du personnel" précise madame Dreyer. C’était d’ailleurs bien là le but de cette enquête, "d’accompagner les équipes, de donner des pistes d’amélioration pour une éventuelle réorganisation".

Celle qui a désormais "les épaules un peu large pour supporter tout ça" a rendez-vous le mardi 19 décembre 2023 au tribunal judiciaire. Patricia Dreyer se dit "confiante" et espère surtout "que la sentence tombe rapidement afin de pouvoir avancer". Avant de conclure, "on tient à notre clinique, on y travaille dur dans l’espoir qu’elle n’offre pas un jour un service low-cost mais prenne en charge correctement les patients". 

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Santé

Soins dans l’Arc jurassien franco-suisse : une baisse du nombre de médecins du côté français

Dans le cadre d’un cycle de travail sur la santé, l’Observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien (OSTAJ) a publié le 27 février 2024 une nouvelle étude consacrée à l’offre de soins sur le territoire. Les chiffres reflètent particulièrement des tendances démographiques et structurelles différentes de part et d'autre de la frontière.

Une journée de sensibilisation et une exposition sur la prévention du cancer colorectal à Besançon 

Du 5 au 31 mars 2024, une exposition sur la prévention du cancer colorectal sera installée dans le hall principal du CHU de Besançon dans le cadre de Mars bleu. Une journée de sensibilisation sera également organisée le jeudi 21 mars avec une équipe pluridisciplinaire de gastro-entérologie.

Médicaments : des mesures pour anticiper les pénuries

Aider les médecins à prescrire des alternatives aux médicaments non disponibles, intensifier le bon usage des antibiotiques : le gouvernement a annoncé mercredi 21 février 2024 quelques mesures concrètes pour anticiper les pénuries.

Mars Bleu revient en Bourgogne Franche-Comté : s’il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit 9 fois sur 10

Tous les deux ans, les Bourguignons-Francs-Comtois de 50 à 74 ans sont invités à réaliser un test de dépistage du cancer colorectal. À l’occasion de Mars Bleu, du 1er au 31 mars 2024, campagne nationale de sensibilisation au dépistage de ce cancer, le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) rappelle l’importance de réaliser ce test.

Une nouvelle salle de radiologie interventionnelle multimodale au CHU de Besançon

Le 11 décembre 2023, un premier patient a bénéficié de cette nouvelle salle au sein du CHRU de Besançon. Un véritable pas en avant dans les équipements de pointe puisque l’hôpital fait partie des dix établissements en France à avoir acquis ce dispositif d’imagerie. Quels sont les enjeux ? Nous avons fait le point avec Eric Delabrousse, chef du pôle imagerie du CHU de Besançon.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.75
couvert
le 03/03 à 6h00
Vent
0.83 m/s
Pression
998 hPa
Humidité
88 %