Violences chez les jeunes : 600 médiateurs en renfort d'ici l'automne

Publié le 16/03/2021 - 14:56
Mis à jour le 16/03/2021 - 14:56

Le gouvernement va déployer d’ici l’automne 600 éducateurs et médiateurs sociaux dans 45 quartiers sensibles pour « reconnecter les jeunes à la société » face à la montée des violences entre eux, a annoncé mardi 16 mars 2021 la ministre de la Ville.

"La montée des violences est une réalité", nourrie par le trafic de drogues mais aussi, plus récemment, par des "groupes de jeunes qui ont décidé de s'entendre et qui lancent des appels sur les réseaux sociaux pour en découdre" avec d'autres groupes de jeunes, explique Nadia Hai dans une interview au Figaro.

Au début du mois, le gouvernement a décrété la mobilisation générale contre les rixes entre jeunes, après plusieurs bagarres mortelles, notamment en Ile-de-France.

Outre les sanctions, et "compte tenu de l'urgence absolue", "nous souhaitons lutter contre tout cela" à travers "un accompagnement renforcé", ajoute Mme Hai, en annonçant le déploiement de "600 adultes spécialisés dont 300 éducateurs de rue et 300 médiateurs sociaux" dans 45 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) de 28 départements.

Ce "bataillon de la prévention", financé à hauteur de 26 millions d'euros sur deux ans, sera "entièrement déployé à l'automne", visible "sur le terrain, dans les halls d'immeubles", et chargé "d'aller chercher ces jeunes pour les reconnecter à la société avec une idée très simple: l'écoute, toute aussi importante que la peur du gendarme", selon elle.

Cet "accompagnement personnalisé" devra, "à travers des actions ciblées", guider "les plus vulnérables dans leurs parcours scolaire, professionnel et citoyen" pour lutter contre ces "décrochages" qui "nourrissent" les violences. S'il existe déjà des médiateurs et éducateurs sur le terrain, "ils ne sont pas suffisants dans certains territoires", ajoute la ministre.

"Aucune action ne peut être efficace si elle ne repose pas sur deux jambes: la prévention et la sanction. On ne peut avoir une approche du +tout sécuritaire+ sans s'attaquer aux réels maux de ces violences", aggravés par les restrictions sanitaires, souligne-t-elle.

Outre les phénomènes de bandes, la violence récente chez les jeunes se caractérise par une plus grande "féminisation" et de plus en plus de "comportements addictifs" et de violences auto-infligées, dont des suicides, note-t-elle enfin.

Le renforcement de la médiation fait partie des objectifs du plan gouvernemental de lutte contre la violence chez les jeunes qui doit être adopté d'ici le 1er mai.

(SOURCE AFP)

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