Voile au conseil régional : les réactions en Bourgogne Franche-Comté

Publié le 15/10/2019 - 10:50
Mis à jour le 16/10/2019 - 22:55

Mise à jour le 15 octobre à 10h50 • Suite à l’attitude de l’élu RN qui avait pris à partie vendredi 11 octobre 2019 au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté une mère voilée accompagnatrice d’un groupe d’enfants, le groupe d’Europe Écologie – Les Verts Bourgogne Franche-Comté mais aussi France Insoumise condamnent la réaction de l’élu du Rassemblement National.

Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté (Archives) © D Poirier
Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté (Archives) © D Poirier

C'est une "attitude indigne d'un représentant de la République", lance EELV Bourgogne Franche-Comté ce 14 octobre 2019 en précisant apporter tout son soutien "à la femme qui en a été victime, aux enfants qui ont été témoins, et tout particulièrement à son fils".

Le groupe explique qu'il "réprouve" ce type de comportement envers des personnes, et en particulier des enfants, dans une enceinte publique : "Ce n'est malheureusement pas la première fois que les élus du RN se distinguent par leurs outrances et violences verbales au sein du CR BFC, des attitudes qui n’ont rien à voir avec la saine confrontation des idées dans un débat démocratique et font fi de l'exemplarité, devoir des élus du peuple dans l'exercice de leurs fonctions", précise EELV qui indique "apporter aussi son soutien à tous les élus républicains du Conseil régional".

Un irrespect de la loi sur la laïcité ?

La réponse est claire pour EELV Bourgogne Franche-Comté : "En intimant l’ordre à une mère de famille, accompagnant son enfant et sa classe lors d’une sortie scolaire, de se défaire de ce voile « au nom de nos principes laïcs », M. Odoul témoigne de son irrespect de la loi sur la laïcité". Pour EELV, cette action était destinée à "désunir et instaurer la haine". Sur ce point, le groupe reproche au ministre de l'Éducation de ne pas avoir pris une "hauteur gouvernementale" (…) il "devrait favoriser le dialogue social, qui permet à tous les élèves de trouver leur place au sein de la société et ne pas émettre de jugements de valeur", précise EELV qui souhaite "continuer à défendre" la loi de 1905 sur la laïcité.

Communiqué de Besançon l'Insoumise

"Vendredi 11 octobre, au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, le RN a de nouveau montré son visage de haine et de discrimination, en agressant une mère de famille devant son enfant, une accompagnatrice de sortie scolaire devant les professeur.es et élèves, une citoyenne devant les élu.es du Conseil Régional.

Le prétexte de ce déferlement de haine tient à un bout de tissu et à ce qu'il représente dans l'esprit malade de ces gens. Mais ce déferlement de haine a été rendu possible par tout un ensemble de complicités actives ou passives.

Combien d'éditorialistes dissertant des heures sur l'islam, pour en démontrer la soit-disant dangerosité, invités à foison sur les plateaux télés ? Combien de confusions entre islam et terrorisme acceptées, sans mot dire, sur des plateaux, dans des débats ? Combien d'approximation sur la laïcité répétées à longueur d'antenne et de blabla ? Combien de débats nauséabonds sur le voile et le droit pour les femmes à le porter, à longueur de temps, y compris par des politiques qui se réclament ensuite du barrage au RN ?"

"Combattre le RN n'est pas synonyme de se contenter d'appeler à battre Le Pen"

"Il aura donc fallu que le coup soit porté par l'extrême-droite, il aura fallu les larmes d'un enfant dans les bras de sa mère, pour que certain.es se réveillent. Pour que certain.es se rappellent que le voile n'est pas une abstraction mais un bout de tissu porté par des femmes en chair et en os, par des êtres humains, par des soeurs, des mères, des filles, des amies, des amoureuses et des compagnes.

Combattre le RN n'est pas synonyme de se contenter d'appeler à battre Le Pen au deuxième tour d'une élection en faisant éternellement barrage.

Combattre le RN, c'est combattre ses idées jour après jour. Combattre son discours nationaliste, raciste, excluant. Combattre ses idées sur l'immigration, y compris quand elles sont portées par d'autres partis politiques, y compris quand ses idées sont légitimées par LREM qui en fait l'objet d'un débat à l'Assemblée Nationale. C'est aussi combattre le détournement honteux du mot de "laïcité" qui est fait par le RN, et avec lui, tout un ensemble de politiques et d'éditorialistes, qui attisent l'intolérance en France.

"La laïcité n'est pas l'intolérance aux religions en général, ou à l'islam en particulier"

La Constitution dit la République "indivisible, laïque, démocratique et sociale". Ce, sur la base des trois valeurs affirmées dans la devise : liberté, égalité, fraternité.

La laïcité est un principe constitutionnel fondamental qui permet de faire vivre ces trois valeurs. Elle fait vivre la liberté car la laïcité permet la liberté de conscience et de culte et garantit la liberté de chacun.e à pratiquer sa religion ou à ne pas en pratiquer. L'égalité car la laïcité interdit à l'Etat d'avoir une ou des religions officielles et assure ainsi l'égalité de tou.te.s devant la loi. La fraternité par l'évitement de conflits religieux.

La fameuse loi de 1905, citée à tout va par des réactionnaires de tout bord, ne dit rien d'autre.

La laïcité garantit à cette mère voilée comme à tou.te.s les citoyen.nes le libre exercice de sa religion, permet l'égalité devant la loi, et lui assure notre fraternité et sororité.

Nous saluons les prises de positions et les actions de Marie-Guite Dufay en la circonstance. Nous rappelons que le principe de neutralité dans le cadre des services publics ne s'applique qu'aux fonctionnaires.

Avec d'autres, nous serons présent.es au rassemblement d'initiative citoyenne pour soutenir cette mère et son enfant, pour la laïcité, contre la haine et l'infamie mercredi 16 octobre à 17h00, devant le conseil régional, 4 square Castan à Besançon

Nous terminons en citant les premières lignes de la loi de 1905, qui donnent la philosophie générale de l'ensemble du texte. Et nous invitons chacun.e à relire ce texte disponible partout sur internet.

Article 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Article 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte."

Communiqué du l'UNSA - Stop aux infox sur les agents de la Re?gion !

"L’UNSA a pris connaissance des récents propos, en séance plénière, d’un conseiller régional du Rassemblement National contre les agents du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

D’après cet élu du Rassemblement National, les agents du service public régional seraient touchés par la radicalisation et le développement du communautarisme islamiste. Dans différents services et directions, l'islam politique ferait son nid et des revendications communautaristes et religieuses s'y développeraient. Et de continuer en expliquant que certains agents imposeraient des micro-ondes sans porc. Et d’autres feraient le ménage en étant voilées.

Des propos réitérés ensuite dans la Presse et repris largement par les médias.

Les situations décrites par ce conseiller régional n’ont jamais été portées à la connaissance de l’UNSA, aucune instance de représentation du personnel (Comité technique, CHSCT...), aucune question diverse, ni aucune déclaration liminaire n’ont jamais été alertées sur ces affirmations dénuées de tout fondement, volontairement vagues et proférées en utilisant le conditionnel.

Ces propos ne cherchent qu'à dresser les agents les uns contre les autres, et à stigmatiser une partie d'entre eux, qui pourtant assurent leur mission de service public dans le cadre de la Loi.

Le syndicat UNSA des agents du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté sera attentif à tout ce qui pourrait mettre en cause l'honneur et la probité des agents et se réserve le droit de porter plainte si de tels agissements étaient renouvelés.

Le syndicat demande à la Région de mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition, y compris judiciaires, pour défendre ses agents injustement calomniés."

Communiqué de Génération.s

"Le comité Generation.s du Grand Besançon dénonce l’agression haineuse et violente qui s’est déroulée en séance  plénière du Conseil régional du 11 octobre à l’encontre d’une maman accompagnant son fils dans le cadre d’une sortie scolaire.  
Où est la République quand une mère, parce que musulmane se fait agresser verbalement, violemment dans une assemblée élue ?
En humiliant au nom de la laïcité, en excluant au nom des droits des femmes, les élus du Rassemblement National prouvent qu’ils sont indignes du débat démocratique. 

Soyons fiers que chaque citoyen, de toute religion, souhaite accompagner ces enfants et participer à l’éducation républicaine et à l'apprentissage de nos valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité. 

Generation.s soutient la présidente de Région pour engager tous les moyens nécessaires pour sanctionner ces comportements indignes de la République. 

Le comite Generation.s du grand Besançon invite tous ceux et toutes celles qui refusent ce climat de haine et de stigmatisation,  à participer au rassemblement prévu ce mercredi 16 octobre à 17h00, devant le conseil régional au 4 square Castan."

Voile conseil régional

Port du voile : le Sénat vote l’interdiction pour les parents accompagnant les sorties scolaires

La polémique née de l’intervention de Julien Odoul le 11 octobre 2019 à Dijon à l’encontre d’une mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire continue de faire débat en France. Mardi 29 octobre 2019, le Sénat, à majorité de droite a adopté dans un contexte explosif, une proposition de loi LR visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires, jugée « contre-productive » par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer.
 

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Le Palais du Luxembourg examinera le mardi 29 octobre 2019 une proposition de loi à l’initiative du groupe Les Républicains, qui sera défendue par Jacqueline Eustache-Brinio avec le plein soutien d’Alain Joyandet. L’objet est de fixer dans le droit l’obligation pour toutes les personnes qui concourent au service public de l’éducation nationale « de faire preuve d’une totale neutralité religieuse ».

Polémique sur le voile : la plainte est " une opération de victimisation " selon Odoul (RN)

Le président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, qui avait demandé vendredi 11 octobre 2019 à ce qu’une femme dans le public retire son voile, a dénoncé jeudi une « opération de victimisation » après que cette dernière a annoncé porter plainte.

Voile : Face à la polémique, Macron appelle à ne pas stigmatiser

L’affaire de la mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire vendredi dernier au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi 11 octobre 2019 ne désenfle pas. Prise à partie par Julien Odoul, cette mère va porter plainte. Dans le même temps, Face à la polémique grandissante sur le port du voile, qui agite aussi la majorité, Emmanuel Macron a appelé mercredi à ne pas « stigmatiser » les musulmans, en dénonçant un « raccourci fatal » entre lutte contre le terrorisme et islam.

La Licra soutient la mère voilée au conseil régional

Les « Licra » (ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) de Besançon et Dijon ont annoncé qu’elles accompagneraient la mère voilée dans ses démarches en estimant qu’elle ne méritait pas le bruit et la fureur alors qu’« elle accomplissait un paisible devoir civique » en accompagnant la classe de son fils au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. 

Politique

À Besançon, À Gauche Citoyens ! condamne les violences et défend les revendications sociales

L’association À Gauche Citoyens ! condamne les violences, les dégradations et les pillages survenus en marge de la manifestation du 17 octobre. Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, elle défend les revendications portées par les manifestants et critique la politique du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le collectif annonce également qu’il ne s’est pas associé à l’appel du maire de Besançon lundi soir.

Rassemblement contre les violences urbaines à Besançon : un appel à l’apaisement qui tourne à la confrontation

VIDÉO • Réunis lundi 19 octobre devant l’hôtel de ville à l’appel de l’Association des maires de France et de France urbaine, environ 250 personnes ont répondu à l’invitation du maire, Ludovic Fagaut. L’arrivée d’un contre-rassemblement d’une centaine de personnes a rapidement tendu l’atmosphère. Entre condamnation des dégradations, revendications sociales et désaccords sur les valeurs républicaines, les échanges ont illustré les divisions apparues après les événements du 17 octobre.

La France insoumise condamne les pillages et dénonce les violences policières après la mobilisation du 17 octobre à Besançon

Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, le groupe La France insoumise au conseil municipal de Besançon revient sur la manifestation du samedi 17 octobre. Il soutient les revendications des manifestants pacifiques, condamne les pillages et met en cause la gestion des événements par l’État et le gouvernement.

À Besançon, le PCF appelle à une conférence sociale et refuse de participer au rassemblement #TouchePasÀMaMairie ce soir

Dans une prise de position communiqués ce lundi 19 octobre 2026, le Parti communiste français de Besançon condamne les dégradations et les violences qui se sont produites lors de la manifestation du 17 octobre, tout en défendant la légitimité de la mobilisation sociale. Le parti appelle le gouvernement à réunir syndicats, organisations patronales et mouvements de jeunesse pour répondre aux revendications.

À Besançon, un rassemblement citoyen prévu lundi 19 octobre contre les violences urbaines

#TouchePasÀMaVille • À l’appel de France urbaine et de l’Association des maires de France, relayé par la Ville de Besançon, un rassemblement républicain et transpartisan est annoncé lundi 19 octobre 2026, place du 8 Septembre, devant l’Hôtel de Ville de Besançon. L’initiative, placée sous le mot d’ordre #TouchePasÀMaVille, entend réunir les citoyens autour du refus des violences et de la défense des valeurs républicaines.

Manifestation et dégradations du 17 octobre : réactions d’élu(e)s à Besançon

MISE À JOUR À 17H30 • Entre 9 500 (préfecture) et 12 000 (FO) personnes ont participé à la manifestation du 17 octobre à Besançon. Alors que le rassemblement était présenté comme pacifique, des commerces ont été pillés, la préfecture du Doubs a été visée par une tentative d’incendie et les forces de l’ordre ont été prises pour cible. Si les réactions politiques divergent sur les responsabilités, elles condamnent les violences.

Manifestation du 17 octobre à Besançon : Ludovic Fagaut appelle au calme et réclame que les casseurs paient

Le soir de la manifestation du 17 octobre 2026, marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre et des dégradations dans le centre-ville de Besançon, le maire Ludovic Fagaut a pris la parole dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Aux côtés de sa première adjointe, Emmanuel Huot-Cusenier, il condamne les violences, apporte son soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre et demande que les auteurs des dégradations soient identifiés et sanctionnés.

Montbéliard : Jérôme Durain condamne les violences survenues au lycée Germaine-Tillion

Après l’intrusion d’un jeune homme dans le lycée Germaine-Tillion à Montbéliard vendredi 16 octobre 2026 et le déclenchement de mortiers d’artifice, qui ont blessé une élève, le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté annonce que la collectivité portera plainte.

À Besançon, les Écologistes dénoncent un " deux poids, deux mesures " de Ludovic Fagaut face aux insultes et au racisme

Dans un communiqué du 16 octobre 2026, les Écologistes du Grand Besançon reprochent au maire un manque de constance dans ses prises de position contre les insultes, les menaces et les attaques racistes. Ils s’appuient sur plusieurs épisodes survenus depuis 2020, dont le rejet d’une motion au conseil municipal en avril 2026. Le mouvement condamne également les insultes visant l’édile et sa famille.

Hausse ou baisse des dotations dans les lycées de Bourgogne-Franche-Comté ? Les avis divergent à la Région…

Suite à l’assemblée plénière du 15 octobre 2026, les élus du groupe communiste et républicain de Bourgogne-Franche-Comté ont souhaité réagir dans un communiqué au sujet des dotations accordées pour les lycées de la région. Le président, Jérome Durain, a, quant à lui, refait un point sur ces dernières lors de l’assemblée. On en parle.

Ce que l’on a retenu du conseil municipal de Besançon du 15 octobre 2026

Après un conseil municipal de plus de 8h le mois dernier, celui de ce jeudi 15 octobre 2026 n’a heureusement pas instauré un nouveau record. En 5h45, les élus ont toutefois débattu de plusieurs dossiers importants dont la modification du règlement intérieur, le projet des Vaites ou encore du renouvellement de l’Assemblée des Sages.

Besançon, berceau oublié de l’anarchisme ?

Dans la boucle du Doubs, entre une citadelle classée à l'Unesco et les ateliers d'horlogerie qui firent sa fortune, Besançon a nourri l'une des traditions libertaires les plus singulières de France. De la naissance de Pierre-Joseph Proudhon au projet avorté de Commune en 1871, retour sur une histoire où la "ville horlogère" a longtemps battu au rythme des idées anarchistes... pour rappel.

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