31 % des PME de Bourgogne Franche-Comté devraient changer de main d'ici 10 ans...

Publié le 05/02/2020 - 17:48
Mis à jour le 07/02/2020 - 11:18

transmission • Une étude de l’Insee dévoile que 16.300 petites ou moyennes entreprises de Bourgogne Franche-Comté pourraient être concernées par une transmission dans les 10 années à venir…

Dans la grande région, 31% des petites ou moyennes entreprises avaient en 2016 un dirigeant âgé de 55 ans ou plus. Les années passant, la logique veut que les chefs de ces 16.300 entreprises prendront pour la plupart leur retraite. Se pose alors la question de la transmission des sociétés.

Près de 70 % de ces entreprises à transmettre relèvent du commerce, de la construction, des services aux entreprises et de l’hébergement-restauration. En revanche, les entreprises dirigées par des seniors sont globalement plus fréquentes dans l’industrie, les activités immobilières et les activités financières et d’assurance.

43.800 emplois

"La transmission est une étape importante à titre personnel et aussi un enjeu économique et social fort pour maintenir l’activité dans chaque territoire et pérenniser les 43.800 emplois qui en dépendent" notent les auteurs de l'étude Hugo Andrieu et Guillaume Volmers de l'Insee. Deux tiers de ces emplois sont concentrés dans des entreprises de moins de cinq salariés. Les entreprises de 20 à 249 salariés sont les moins nombreuses, mais c’est dans celles-ci que la part de dirigeants seniors est la plus forte, avec 41 %. Ce sont aussi celles qui présentent un fort enjeu pour préserver l’emploi. "De nombreux professionnels sont à la recherche d’une société ou d’une activité déjà constituée : une reprise coûte souvent moins cher qu’une création et le taux de survie est meilleur."

Le Doubs légèrement moins exposé...

Les départements ayant le plus d’entreprises à transmettre sont la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire, mais les plus exposés au vieillissement des dirigeants sont la Nièvre et l’Yonne avec respectivement 34 % et 33 % des chefs d’entreprise seniors. Le Doubs est le moins exposé avec 29 %.

La Bourgogne Franche-Comté ne se distingue pas de la moyenne nationale. Près d’un tiers des entreprises peuvent voir partir à la retraite leur dirigeant dans les dix années à venir.

Enfin, un quart des entreprises potentiellement concernées par une transmission sont dirigées par des femmes en Bourgogne-Franche-Comté, comme en France. On retrouve ces mêmes parts dans l’ensemble des entreprises.

Des mesures d'accompagnement

Pour favoriser cette transmission d’entreprises, des mesures d’accompagnement sont mises en place par les pouvoirs publics. La loi Pacte contient trois mesures directes destinées à faciliter le passage de témoin :

  • encouragement du recours au crédit vendeur qui permet au cédant de proposer un prêt au repreneur,
  • crédit d’impôt reprise
  • allègement administratif du Pacte Dutreil.

Avec le schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation, le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté souhaite pour sa part fluidifier ce processus de transmission.

Info +

1 550 établissements sont transmis chaque année

Entre 2015 et 2018, 1 550 établissements sont transmis en moyenne chaque année dans la région, un tiers relève du commerce et 27 % de l’hébergement-restauration. Le montant de ces cessions est en moyenne de 192 000 €. Il varie en fonction d’éléments comme la taille des biens immobiliers à reprendre, le rachat de brevets, la valorisation ou non de la clientèle, le rapport offre/demande et également de divers ratios de rentabilité. C’est dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques que les prix de vente sont les plus importants. Ils approchent 1,3 million d’euros en moyenne. Viennent ensuite les activités industrielles notamment manufacturières. Dans les prix de vente les plus bas figurent certaines activités de services, notamment l’enseignement (74 000 €).

  • Sources : Decidata, BODACC, traitements Chambre de commerce et d’industrie.

Champ de l’étude

  • Parmi les 134 000 entreprises régionales de Bourgogne-Franche-Comté (celles qui ont leur siège dans la région et y ont au moins 80 % de leurs effectifs ou de leurs établissements), le champ de l’étude porte sur 51 800 petites et moyennes entreprises actives au 31 décembre 2016.
  • Ce sont des entreprises individuelles ou sociétés commerciales, n’appartenant pas un groupe, n’employant pas plus de 250 salariés, hors secteurs de la santé et de l’agriculture et hors auto entrepreneurs.

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