Plus il y a de radars sur les routes, moins il y a d’accidents et de morts…

Publié le 23/08/2012 - 11:41
Mis à jour le 23/08/2012 - 13:53

Les radars ont sensiblement contribué à faire baisser le nombre de morts sur les routes. Selon la préfecture du Doubs, il y a eu 85% de tués en moins cinq ans après l’installation des 12 premiers radars du département.

vitesse

La mise en place imminente d’un radar tronçon près de Besançon complète le dispositif des 22 radars fixes déjà installés dans le Doubs. Ce nouveau dispositif, qui va calculer la vitesse moyenne des automobilistes entre deux points, en l’occurrence distants de deux kilomètres dans la descente de la nouvelle voie des Mercureaux qui contourne la capitale régionale, est le premier à être mis en service en France.

Trois autres radars tronçon ont été installés dans le pays, mais c’est celui du Doubs qui ouvrira le bal des contraventions destinées à tous les automobilistes qui dépasseront la vitesse moyenne de 70 km/h. A en croire les premiers tests, ils seront nombreux à tomber dans le panneau. Une période d’essais a démontré que lors des trois premiers jours, 200 automobilistes, pour une circulation de 6000 voitures en 24 heures, ont dépassé la vitesse moyenne et aurait pu être verbalisés.

Les détections du nouveau radar tronçon vont s’ajouter aux dizaines de milliers d’autres. Dans le Doubs, 49000 coups de flash provenant de radars fixes ont été enregistrés en 2011. Même si seulement la moitié peut donner lieu à une contravention (mauvaise qualité de l’image, automobilistes étrangers…), le chiffre n’est pas négligeable puisqu’il faut rajouter les 32000 détections effectuées par les radars mobiles au nombre de dix.

Pierre Clavreuil, secrétaire général de la préfecture du Doubs, estime que la politique des radars a eu des conséquences positives bien au-delà de ce qui était envisagé. Passer de 18000 morts en 1972 à moins de 4000 en 2011 était considéré comme un seuil infranchissable. « Les Français doivent être fiers. Ces résultats sont la conséquence d’un effort collectif. On peut être plus que satisfaits d’une action publique qui arrive à ce résultat. Si on relâche la tension, l’individualisme reprendra le dessus », estime-t-il, persuadé que la poursuite de cette politique permettra encore de faire baisser le nombre de victimes de route en Franche-Comté comme ailleurs. L’installation de huit nouveaux radars a été demandée pour le Doubs.

Pour les sept premiers mois de l’année, le nombre d’infractions relevées par les radars fixes est en augmentation de 36% par rapport à la même période de 2011, alors que le nombre de radars est passé de 16 à 22 (+37%). Il n’y a donc pas de baisse des infractions liée à la vitesse. « Le problème de la vitesse reste significatif. On est toujours dans la mentalité  - je freine avant le radar et j’accélère après- », note Christophe Nussbaum, directeur départemental adjoint des Territoires, chef de projet sécurité routière, qui rappelle qu’au niveau européen, « 1% de vitesse en moins correspond à une baisse de 4% des accidents ».

Les dix radars embarqués du Doubs ont également flashé plus de véhicules (23 000) sur les sept premiers mois de l’année (+33%), mais sans que l’on connaisse le nombre d’heure d’utilisation d’une année sur l’autre.

« Il est certain qu’il y a un effet d’accoutumance et un tassement des détections pour les radars fixes. Reste que c’est parce qu’il a des radars que l’on roule moins vite et que le nombre de morts diminue. C’est le seul effet recherché », conclut Pierre Clavreuil. D’après des statistiques établies sur dix ans, cinq ans avant l’installation d’un radar et cinq ans après, sur les 12 premiers radars installés dans le Doubs, 28 vies ont été épargnées dans les zones « radarisées » (5 km avant et 5 km après les radars).

Selon cette enquête, on est passés de 147 accidents à 53, de 33 tués à 5, de 71 blessés grave à 17 et de 133 blessés léger à 48. Des résultats qui parlent d’eux-mêmes, selon Pierre Clavreuil qui ne veut pas entamer de débat sur le « rendement » financier des radars. Il se contente de relever que dans ce cas de figure il y a 85% de morts en moins.

Des radars discriminants à l’étude entre Belfort et Montbéliard

L’implantation de radars fixes discriminants, qui permettent de flasher les véhicules légers et les poids-lourds circulant à des vitesses différentes, est à l’étude sur l’A36 dans les deux sens entre Belfort et Montbéliard.

La « discrimination » se fait par la mesure des hauteurs et longueur du véhicule. Ainsi, les véhicules de plus de 2 m de haut et 8 m de longueur sont classés dans la catégorie des véhicules lourds.

Au 1er août, 91 de ces radars étaient déjà installés dans le pays. La Franche-Comté est, jusque-là, exclue de ce nouveau dispositif prévu spécialement dans des secteurs à forte circulation de poids-lourds. D’où la mise à l’étude de radars discriminants dans le secteur autoroutier nord franc-comtois.

Combien rapporte les radars ?

Les radars français ont généré 639 millions d’euros de recettes en 2011. Combien de millions ont été récoltés en Franche-Comté ? Combien rapporte chacun des radars ? Les préfectures ne communiquent plus sur le sujet. « On ne veut pas faire de hit-parade », rétorque Pierre Clavreuil, secrétaire général de la préfecture du Doubs, passé maître dans l’art de communiquer sans rien révéler.

On ne saura donc pas combien rapportent les radars du Doubs et encore moins ceux de Franche-Comté. Circulez, faites-vous flasher ou pas, mais il n’y a rien à voir !

On est donc obligé de se contenter des statistiques nationales de l’Agence du traitement automatisé des infractions. Selon ces statistiques récemment publiées, 324 millions d’euros ont été engrangés au premier semestre. 2012 s’annoncerait par conséquent comme une excellente année en terme financier.

Depuis le 1er juillet, les Belges doivent payer leurs amendes à la suite d’un accord de réciprocité à l’instar des Luxembourgeois depuis 2005 et des Suisses depuis 2009. Pour les Allemands, les Italiens, les Espagnols et les Néerlandais, c’est pour l’année prochaine.

Celui qui flashe le plus…

Le radar du Doubs qui compte le plus grand nombre de flashs est celui de Besançon-Planoise. Ce radar surélevé, qui se trouve sur la route de Dole à l’ouest de la ville, a enregistré 8700 détections en 2011 alors que cette voie très fréquentée est utilisée par 60000 véhicules. A l’opposé, c’est le radar de Montandon dans la côte de Maiche qui s’allume le moins. Seulement 300 infractions ont été signalées dans ce secteur.

 

 

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