Budget : le ministre de l'Économie appelle à la "responsabilité"

Publié le 01/12/2024 - 10:18
Mis à jour le 01/12/2024 - 09:20

Le ministre de l'Économie Antoine Armand a appelé "chacun à ses responsabilités" samedi 30 novembre 2024, alors que le gouvernement est en pleine crise politique sur son projet de budget, actuellement examiné par le Sénat.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

"L'absence de budget, l'instabilité politique entraînerait une augmentation soudaine et substantielle des coûts de financement de la dette française", a fait valoir le ministre lors d'un point presse au lendemain du maintien de la note de la France par l'agence S&P. "Dans ce moment crucial, au-delà des clivages partisans, dans l'intérêt général, notre pays a besoin d'un budget et j'appelle chacun à ses responsabilités", a-t-il plaidé. 

Minoritaire, le gouvernement multiplie les compromis pour tenter d'échapper à une motion de censure. Celle-ci pourrait intervenir dès la semaine prochaine sur le budget de la Sécurité sociale, dans l'hypothèse où il aurait recours au 49.3 pour le faire adopter sans vote.

Le Pen exige des réponses avant lundi

Après un recul sur les retraites ou les cotisations patronales, le gouvernement a accepté de ne pas augmenter une taxe sur l'électricité au-delà de son niveau d'avant le bouclier tarifaire afin de satisfaire le Rassemblement national, qui menace de s'allier à la gauche pour le renverser. Malgré tout, Marine Le Pen ne semble pas disposée à renoncer à une censure du gouvernement. Vendredi, la cheffe de file du parti a ainsi exigé des réponses avant lundi, date après laquelle le gouvernement ne pourra plus amender son projet de budget de la Sécurité sociale. 

Les exigences du RN en matière d'"économies structurelles" risquent de faire tousser à Matignon dans la mesure où ces annonces - notamment celle sur l'électricité qui représentent un manque à gagner de 3,4 milliards d'euros - ont été faites pour répondre en partie aux "lignes rouges" du parti d'extrême droite. 

"Crédit atteint"

"Au fond, on peut se poser une question quand celles et ceux qui avaient certaines lignes rouges en annoncent d'autres au fur et à mesure", a commenté Antoine Armand samedi.

En cas de censure du gouvernement, "notre crédit serait atteint", a estimé de son côté le premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, dans un entretien à La Tribune Dimanche. "Quand on examine objectivement les différents scénarios, on voit qu'il ne faut pas tomber dans le catastrophisme, mais pas non plus se rassurer à bon compte", a-t-il poursuivi. 

Un coût de la dette plus élevée que celle de la Grèce

"Le coût de notre dette est désormais plus élevé que celui de la dette grecque. Cela dégrade notre crédit et notre crédibilité, et pourrait s'aggraver", alerte-t-il.

"L'absence de budget, c'est du perdant, perdant", a aussi réagi le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, interrogé par Le Parisien. "J'alerte sur la facture de la censure", a-t-il poursuivi. "Si on reconduit le budget 2024, on fait rentrer mécaniquement 380.000 foyers français supplémentaires dans l'impôt sur le revenu parce que le barème n'aura pas suivi l'inflation et 17 millions de foyers paieront plus également", a-t-il détaillé, précisant que l'État devrait en outre "faire une croix sur les nouvelles mesures fiscales: taxation des rachats d'actions, contribution des grandes entreprises, contribution sur les très hauts revenus".

(AFP)

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