CHRONIQUE Fumer peut vous coûter un emploi...

Publié le 03/04/2011 - 09:32
Mis à jour le 03/04/2011 - 09:32

Hier, j’ai découvert dans le Times-Picayune, quotidien de la Nouvelle-Orléans, un tout petit article issu du New York Times, article dont le titre disait : Fumer peut vous coûter un emploi. Sur ce sujet, nous vous proposons une contribution de la Franc-Comtoise Françoise Rodary-Mc Hugh installée en Louisiane.

 ©
©
Il y a bien longtemps déjà qu’on ne fume plus dans les bâtiments publics ou même dans les locaux de son entreprise aux Etats-Unis. Jusqu’ici, les patrons les plus conciliants acceptaient que leur employé fasse une pause-cigarette, à condition qu’il ne le fasse pas dans l’enceinte de l’entreprise et décompte, pointeuse oblige, le temps perdu. Le temps de prendre un ascenseur pour se retrouver dans la rue, le temps de s’éloigner dans un endroit discret, le temps de se la griller et de retourner à son poste et voilà 20 bonnes minutes parties… en fumée.
 
La plupart des patrons conseillaient fortement à leurs employés fumeurs des plans-santé pour arrêter de fumer. D’autres, plus draconiens, faisaient payer des montants d’assurance maladie beaucoup plus importants aux employés fumeurs. Le but avoué était d’augmenter la productivité de l’employé, de réduire les frais de santé de l’entreprise - ce que paie l’entreprise dépend de la santé et des risques individuels de ses employés, chaque entreprise ayant ainsi « son plan » - et aussi d’avoir des équipes en bonne santé pour éviter les jours de travail perdus.
Des tests d'urine pour contrôler la nicotine

Depuis quelques temps, d’autres mesures beaucoup plus contraignantes encore se sont ajoutées à la panoplie du patron américain : en règle générale, les hôpitaux ou autres organismes, liés d’une façon ou d’une autre aux professions de la santé ont une politique anti-tabagisme radicale. Sur le formulaire d’embauche, il est explicitement spécifié que l’entreprise n’embauche pas de fumeur, Tabacco-free hiring. Les candidats retenus devront se soumettre à un test d’urine qui, le cas-échéant, révèle la présence de nicotine. Un employé suspecté de fumer parce qu’il sentirait le tabac, ou aurait des doigts jaunis est tout simplement renvoyé. Après tout, on est tenu de montrer l’exemple.
Je suis restée bien Française il me semble, et pourtant, une part de moi s’est américanisée. Quoi de plus normal après tout ? Cela fait plus de 15 ans que je vis en Louisiane. Le fait est, si vous n’êtes pas fumeur, jamais vous ne respirez la fumée des autres ici. Ce n’est pas le cas en France. Et je l’avoue, oui, je l’avoue, ça m’est désagréable.
L’été dernier, l’ascenseur de l’immeuble de mes parents s’arrête à mon étage. La porte s’ouvre dans un nuage de fumée. L’ascenseur repart sans moi, je descends par l’escalier. Quelques jours plus tard, c’est moi qui suis dans l’ascenseur quand celui-ci s’arrête pour prendre un passager qui entre, une cigarette entre ses doigts jaunis. Devant ma famille médusée, je demande « Vous ne savez pas lire ? » Et je montre le panneau interdit de fumer. L’autre grommelle qu’il a oublié. Bon, je sais, j’ai sale caractère.
L’été dernier encore, je me suis rendue plusieurs fois à l’hôpital de Besançon. En travaux. Entrée dans le bâtiment par un entresol, accès aussi au niveau des Urgences. C’est là que des dizaines d’infirmiers et d’infirmières sont agglutinés pour fumer leur clope. On ne s’embarrasse pas avec des détails dans cet hôpital. Pour preuve les centaines de mégots qui accueillent les visiteurs. Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Une visite à l’hôpital de Belfort a entraîné les mêmes constats.

Une foule de fumeurs devant l'hôpital

Je m’empresse de préciser que Nicole, mon infirmière et mon médecin sont des gens formidables et que je n’ai qu’à me féliciter de leurs services. Déjà, l’Américaine en moi se rebiffe, fronce le nez en passant devant la horde des fumeurs – quelle que soit l’heure de mes visites, la même foule est occupée à discuter, cigarette au bec - mais qui donc, pendant ce temps, s’occupe des malades ? Est-ce qu’ils/elles se lavent les mains quand ils/elles reprennent du service ? Et on dit les personnels hospitaliers débordés ? J’ai une petite pensée compatissante pour ces pauvres non-fumeurs qui eux, n’ont pas la pause cigarette 5-6 fois par jour. Et puis, je me rassure, en me disant qu’ils sont certainement à la machine à café.

Je reviens à mes fumeurs devant l’entrée. Dieu merci, ils ne sont pas seuls : des malades sont là, pour leur tenir compagnie et eux aussi fument. Même ce vieux monsieur, sur une charrette roulante, avec le fil de la bouteille à oxygène dans les narines, fume. Oui, il fume ! On ne sait pas ce qu’il lui reste de poumon, mais certainement pas grand-chose. D’ailleurs, au point où il en est, il ne sert à plus rien d’arrêter. Il n’empêche.
On dit que tout ce qui se passe en Amérique arrive en France dix ans plus tard. Alors, mesdames et messieurs les fumeurs, je viens jouer les Cassandre.
De l'hostilité à l'égard des fumeurs

Pour l’instant, on sait bien que les fumeurs coûtent très chers à la société. (J’entends déjà la critique de l’argument : d’autres groupes « à risque » aussi coûtent cher et puis, est-on vraiment responsable de tout ce qu’on ingère grâce à l’industrie agro-alimentaire). On le sait, mais on ne le sent pas. J’imagine le tollé si la sécurité sociale refusait de rembourser les dépenses de santé liées aux problèmes respiratoire chez le fumeur, chose commune ici.
Aux Etats-Unis, les coûts de l’assurance maladie sont partagés entre le patron et ses employés. Les assurances évaluent la santé des employés et compte tenu des risques, elles appliquent un certain tarif que l’employeur répercute plus ou moins justement sur ses employés. Il peut choisir de faire payer une grosse partie du surcoût aux fumeurs eux-mêmes, ou alors de répartir plus uniformément. N’oublions pas qu’une compagnie d’assurance peut refuser d’assurer quelqu’un, pour des raisons économiques bien évidemment. En France, on tient à la solidarité.

La solidarité, c’est faire face, ensemble, à des impondérables. La cigarette entre difficilement dans cette catégorie. D’où une sorte d’hostilité aux USA à l’égard des fumeurs et le fait que jamais au grand jamais, un fumeur ne se permettrait de fumer à proximité d’un hôpital et encore moins d’une école - deux pâtés de maison, c’est la distance réglementaire où il est interdit de fumer.

Fumer dans une cabane au fond du jardin

La plupart du temps, on fume au fond de son jardin, à l’abri des regards. Un jour, à Boston, une de mes amies de longue date m’a avoué qu’elle fumait. Elle attendait que ses enfants partent à l’école pour aller se cacher au fond de son jardin, sous une tonnelle épaisse afin de n’être vue de personne. Son secret lui pesait, elle était soulagée de le partager avec quelqu’un. Elle pensait qu’une Française serait plus compréhensive, et bien sûr, à l’époque, je m’étais demandé, si elle avait bien toute sa tête. Aujourd’hui, je me demande combien de temps cela prendra pour qu’on constate les mêmes comportements en France.
L’évolution des mœurs m’a surprise par sa rapidité. Car il me semble bien qu’on commence à trouver dans notre beau pays, une petite tendance à la culpabilité chez certains qui hésitent maintenant, à enfumer leur voisin. On appelle ça le respect d’autrui : une façon de reconnaître que la fumée de cigarette n’est pas franchement agréable pour le non-fumeur. Un premier pas en quelque sorte. Je suis curieuse, j’attends de voir les réactions des Français dans les années à venir. Je suis devenue sociologue malgré moi.
Françoise Rodary-Mc Hugh 

Société

La loi sur le 1er-Mai saute la case des débats à l’Assemblée, la CGT dénonce un “coup de poignard”

La gauche et les syndicats dénoncent un "passage en force" : les députés ont approuvé vendredi 10 avril 2026 le rejet préalable du texte autorisant le travail de certains salariés le 1er-Mai demandé par les macronistes pour éviter "l'obstruction" et accélérer son parcours législatif.

Déclaration des revenus 2025 : le calendrier 2026 et les modalités à connaître

La campagne de déclaration des revenus de l’année 2025 s’est ouverte officiellement le 9 avril 2026. Comme chaque année, les contribuables sont invités à effectuer cette démarche selon un calendrier précis, fixé en fonction de leur département de résidence et du mode de déclaration choisi. Et en Bourgogne Franche-Comté ? Réponses...

Concours de la meilleure Saucisse de Morteau 2026 : première dégustation le 24 avril à Besançon

Le vendredi 24 avril à 15h, le CFA Hilaire de Chardonnet, à Besançon, accueillera la première dégustation du concours de la meilleure Saucisse de Morteau 2026, orchestré par l'Association de Défense et de Promotion des Charcuteries et Salaisons IGP de Franche-Comté (A2M). La moyenne de leurs notes, combinée à celles du jury d’octobre 2026, permettra de déterminer les huit meilleures saucisses de Morteau.

Plus de 200 personnes rassemblées contre le racisme à Besançon

Jeudi 9 avril 2026, plus de 200 personnes (300 selon les organisateurs) se sont réunies place du 8 Septembre, devant l’Hôtel de ville de Besançon, à l’appel du Parti communiste et de La France insoumise locaux. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par des injures racistes et des menaces de mort visant des élus municipaux, parmi lesquels Hasni Alem.

Qui est Violaine Demaret nommée préfète de Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or ?

Violaine Demaret a été nommée préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or par décret du 8 avril 2026, publié au Journal officiel le 9 avril. Elle prend la succession de Paul Mourier, en poste depuis octobre 2024, qui quitte ses fonctions à sa demande. Cette nomination a été confirmée en Conseil des ministres, sur proposition du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur.

Protoxyde d’azote : le sénateur Longeot assure poursuivre la mobilisation parlementaire

Le 7 avril dernier, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot s’est entretenu avec la directrice des affaires publiques, et le directeur de la branche infrastructures du groupe Suez, au sujet "des conséquences dramatiques, humaines, sociales et environnementales, liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote".

La folie des brunchs s’empare de Besançon

Il est sur toutes les lèvres dès que le soleil et les terrasses pointent le bout de leur nez, le brunch est devenu l’un des rendez-vous plébiscités du week-end, voire un rituel hebdomadaire. Pour se retrouver en famille, entre amis, en amoureux ou simplement pour s’éviter de cuisiner, la formule qui combine salé-sucré fait de plus en plus d’adeptes. Au point qu’aujourd’hui, bien des restaurateurs se sont emparés du phénomène en proposant cette formule dans leur établissement. Besançon ne fait pas exception et propose de nombreuses bonnes adresses.

La Bourgogne-Franche-Comté sera représentée au Congrès France Bioproduction 2026

Les 15 et 16 avril 2026, la Bourgogne-Franche-Comté participera à la 10e édition du Congrès France Bioproduction, le rendez-vous annuel consacré à la bioproduction au service des biothérapies. Lors de sa dernière édition en mars 2025, l’événement avait rassemblé 1.150 délégués et 125 exposants.

Le CJD Besançon lance sa campagne de recrutement pour 2026

Le Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) de Besançon a annoncé le 4 avril l’ouverture de sa campagne de recrutement pour l’année 2026. L’association, engagée dans la formation et l’accompagnement des dirigeants, entend attirer de nouveaux profils souhaitant développer leurs compétences et leur posture entrepreneuriale.

Contre le racisme, les élu(e)s communistes appellent à manifester à Besançon, les Inoumis(e)s se joignent à l’appel

Dans un communiqué de presse du 5 avril 2026, les élu(e)s communistes de Besançon, Hasni Alem et Aline Chassagne, alertent sur une recrudescence des discours et actes racistes, tant au niveau national que local. Ils appellent à une mobilisation citoyenne "large et républicaine".

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.3
couvert
le 11/04 à 00h00
Vent
1.27 m/s
Pression
1015 hPa
Humidité
91 %