Déchets : un four incinérateur en moins, pour trier encore plus…

Publié le 14/01/2022 - 17:31
Mis à jour le 14/01/2022 - 17:37

Ce vendredi 14 janvier, le président du Sybert Cyril Devesa a officiellement fermé le four d’incinération de l’unité de valorisation énergétique en activité depuis 1976 à Besançon. Pourquoi cet arrêt ? Quels sont les objectifs ? Réponses.

Jusqu'à présent, l'unité de valorisation énergétique du Sybert comptait deux fours pour brûler les ordures ménagères résiduelles, c'est-à-dire tous les déchets des poubelles grises après tri. Le plus ancien, en activité depuis 1976, prend aujourd'hui sa retraite après avoir travaillé pendant 45 ans à la réduction des déchets en cendres et produit de l'énergie sur son territoire alentour dont du chauffage (50 gigas watt/h par an, soit 1/3 des besoins du réseau de chaleur) et de l'électricité (1 giga watt/h par an) à Planoise, au CHU de Besançon et autres récentes habitations voisines.

Une politique de réduction des déchets qui porte ses fruits

La fermeture de ce four, au-delà de son grand âge, fait suite à la politique du Grand Besançon instaurée depuis 2014 sur la réduction des déchets dans les poubelles grises au moyen d'une redevance incitative à la charge des habitants. Après 7 ans de mise en œuvre, le Grand Besançon fait partie des territoires les plus performants en France en matière diminution des déchets dans les poubelles grises en passant de 53.000 tonnes de déchets incinérés en 2004 à 30.700 tonnes en 2020.

Directrice régionale de l'Ademe, Anne Vignot, présidente de Grand Besançon Métropole, Philippe Portal, secrétaire général de la Préfecture du Doubs et Cyril Devesa, président du Sybert. © Alexane Alfaro

Pour la présidente de Grand Besançon Métropole Anne Vignot, "on montre qu'une volonté politique peut permettre d'infléchir les habitudes qui pourtant paraissent immuables". Elle rappelle que "pour faire perdre le poids des poubelles de nos concitoyens, il a fallu travailler sur le long terme et faire preuve de courage. Parier sur la non-construction d'un nouveau four en 2008, c'était un courage politique".

Réduire les ordures ménagères résiduelles de 85 kg par an et par habitant

À partir de maintenant, un seul four, installé en 2002, est en fonctionnement pour accueillir toutes les ordures ménagères résiduelles des trois territoires que le Sybert traite : communautés de communes Loue Lison et Val Marnaysien, communauté urbaine du Grand Besançon. Pour ne pas mettre ce four en surchauffe, les habitants, les entreprises, les associations, etc. doivent encore faire un effort au quotidien dans le tri de leurs déchets. On connaît la déchetterie, les bacs jaunes et les bacs verts, toutefois, il n'est pas encore donné à tout le monde de composter. C'est entre autres sur ce domaine que les habitants devront s'améliorer à condition bien sûr que les élus des territoires le permettent en installant, par exemple, davantage de points de compostage en ville, aux pieds des immeubles dans les différents quartiers.

Pour Cyril Devesa, sur les 136 kg de déchets de poubelles grises récoltés par an et par habitant dans le Grand Besançon, "on pourrait éviter près de 85 kg". C'est dans cette perspective que le président du Sybert affirme qu'"un four peut tenir." Le four installé en 2002 devrait pouvoir faire son travail jusqu'en 2032.

© Alexane Alfaro

Infos +

365 jours par an et 24h sur 24, des agents du Sybert travaillent à la destruction des ordures ménagères résiduelles.

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