Des abeilles pour surveiller la qualité de l'air près du Pôle Préval de Pontarlier

Publié le 30/12/2016 - 11:13
Mis à jour le 07/05/2019 - 16:02

Depuis mars 2015, cinq ruches sont installées par Atmo Franche-Comté  sur le site Préval de valorisation des déchets de Pontarlier afin de mesurer la qualité de l’air. Les résultats de cette étude, confrontés aux mesures de dispositifs plus traditionnels, ont témoigné d’une bonne qualité de l’air aux abords de l’installation.

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Tous les jours en contact avec l’eau, l’air et les végétaux, les abeilles sont très sensibles aux polluants, même si ceux-ci sont présents en faibles concentrations. L'abeille est donc considérée comme un très bon bio-indicateur de polluants atmosphériques, radioactifs et phytosanitaires.

  • Lorsque les abeilles ressentent un malaise dû à une intoxication, elles ont tendance à revenir à la ruche. Certaines meurent sur place, d’autres en chemin ou près de la ruche. Dans la grande majorité des cas,    les abeilles intoxiquées  sont repoussées par les gardiennes, voire tuées, afin de ne pas  contaminer la  colonie et la reine.

Dans le cadre d'une campagne de « bio-surveillance » de la qualité de l’air autour de l’installation, l’association agréée par le Ministère en charge de l’environnement pour la surveillance de la qualité de l’air dans la région (Atmo Franche-Comté)  a suivi neuf ruches du 9 mai au 10 juin 2016 : les cinq ruches de Préval et Suez, installées en zone industrielle à Pontarlier et soumises à diverses sources directes de pollution (trafic routier, activités industrielles...), et quatre ruches en zone rurale à La Rivière-Drugeon, exemptes de ces influences. Un des avantages de la bio-surveillance par les abeilles est que l’on peut placer des ruches à peu près partout, même sur des sites industriels.

La conduite des ruches et les prélèvements ont été assurés par Gérard Clerc, apiculteur partenaire de l’opération.  "Pour chacun de ces deux ruchers, l’étude de la mortalité des abeilles n’a révélé aucune anomalie. Les produits de la ruche ayant été passés au crible en laboratoire, les résultats ont mis en avant des pollens et miels de qualité, aussi bien en zone rurale qu’en zone industrielle" indique l'association.  

En parallèle, une campagne plus "classique" de mesures de la qualité de l’air ambiant par préleveurs spécifiques (au niveau de l’espace Pourny à Pontarlier et à La Rivière Drugeon) a été mise en place pour comparer les résultats. Les éléments recherchés ont été les mêmes que ceux analysés sur les pollens et les miels, et les résultats ont témoigné de niveaux très satisfaisants en zone industrielle, comparables à ceux d’une zone rurale.

 LES POLLUANTS TRACÉS

Les abeilles récupèrent les polluants dans l’eau, l'air ou dans les fleurs..

  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) : traceurs des combustions des secteurs routiers, résidentiel ou encore lié aux activités d’incinération des déchets ;
  • Métaux (plomb, mercure, arsenic, cadmium, nickel) : liés aux activités industrielles, mais aussi présents naturellement
  • Dioxines et furannes : composés formés involontairement lors de certaines combustions (procédés industriels, transports routiers, chauffage...).
  • Particules

Du fait de leur sensibilité particulière, les abeilles sont aussi des indicateurs de la radioactivité. 

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