Les chantiers redémarrent, mais les entreprises du BTP restent inquiètes pour l'avenir dans le Doubs

Publié le 06/05/2020 - 19:08
Mis à jour le 06/05/2020 - 19:11

Le préfet du Doubs a tenu une visio-conférence de presse ce mercredi 6 mai 2020 pour évoquer la mobilisation de l’État dans le département pour la reprise des chantiers pendant et après le confinement. Si les grands chantiers ont repris récemment, les entreprises du BTP attendent impatiemment que les collectivités locales lancent des appels d’offres pour remplir leurs carnets de commandes pour l’automne. En attendant, 8,5 millions d’euros sont en train d’être débloqués pour les collectivités locales.

À ce jour, 80% des chantiers du BTP ont repris dans le Doubs pour atteindre les 100% la semaine prochaine après le 11 mai, date du déconfinement. Du côté du bâtiment, 30 à 35% des chantiers ont redémarré pour atteindre les 50% la semaine prochaine. En ce qui concerne les artisans du secteur du bâtiment, 30 à 40% des chantiers se déroulent en ce moment.

8,5 millions d'euros de subventions débloqués pour les collectivités

Le préfet du Doubs a mis en place un groupe de travail dédié à la reprise d’activité du secteur bâtiment-travaux publics, en lien avec l’édition mi-avril d’un guide national des bonnes pratiques par l’Organisme professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics.(OPPBTP). Ce groupe de travail associe les professionnels du secteur, les principaux donneurs d’ordre et les professions associées (architectes, coordonnateurs SPS, bureau d’études, géomètres experts, etc.).

En parallèle, une cellule dédiée est mobilisée en préfecture pour le soutien du tissu économique afin de lever les freins à la reprise de ce secteur stratégique.

Pour le préfet du Doubs, l'enjeu actuel est de "pouvoir accompagner la filière BTP puisqu'on se rend compte qu'avec le protocole sanitaire qu'il faut mettre en place, il va falloir éviter la co-activité sur les chantiers au maximum, ce qui limite l'activité des entreprises. Il faut donc multiplier les chantiers pour donner une visibilité aux carnets de commandes des entreprises."

C'est pourquoi le préfet a affirmé avoir "accéléré" au niveau du département les dotations de l'Etat auprès des collectivités locales. "Chaque année, nous distribuons à peu près 15 millions d'euros de subventions ; 60% soit 8,5 millions d'euros sont en train d'être notifiés auprès des collectivités locales pour qu'elles puissent lancer les ordres de service", a précisé Joël Mathurin.

Ces 8,5 millions d'euros devraient avoir un effet levier de 50 millions d'euros de commandes publiques et donner de la visibilité aux entreprises d'ici l'automne 2020.

"Très vite, les carnets de commandes vont fondre"

Si les chantiers reprennent en ce moment jusqu'à la fin de l'été et si des subventions sont notifiées pour les collectivités, les entreprises du BTP, mais aussi les artisans s'inquiètent pour leur avenir à l'automne prochain. "Très vite, les carnets de commandes vont fondre malgré une volonté politique des élus locaux", alerte Frédéric Bonnefoy, vice-président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) régionale, "s'ils ne lancent pas les appels d'offres dès maintenant, la situation sera très compliquée à partir de septembre."

Pour Manuela Morgadinho, vice-présidente de la CAPEB du Doubs, "au niveau des petites entreprises, le ressenti actuel est qu'il y a un carnet de commandes, des mesures barrières à mettre en place, mais les artisans craignent pour l'automne et après". Elle explique que "beaucoup d'artisans travaillent chez des particuliers et il y a une demande, mais il faudrait rassurer les particuliers sur le sérieux des artisans à appliquer les mesures barrières sur leurs chantiers. D'habitude, c'est au printemps qu'ils ont le plus de demandes pour des devis, etc., mais aujourd'hui, il y a peu d'appels."

Pour Jean-Pierre Dauge, secrétaire général de la FNTP BFC, "il y a effectivement eu une mobilisation forte des acteurs de la maîtrise d'ouvrage, on dépend à 70% de la commande publique dont les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), gros contributeurs à l'activité des travaux publics." Il ajoute cependant qu'un EPCI "résiste fort, et ce n'est pas lié au covid, mais lié à une politique budgétaire". Il parle d'une "frustration" créée par le Grand Besançon Métropole notamment dans le domaine de l'eau et de l'assainissement. "Rien ne se fait depuis 2018. La problématique de l'eau est pourtant criante et cruciale", affirme Jean-Pierre Dauge. Il a donc demandé au préfet "d'impulser quelque chose" pour ce côté-là. Ce à quoi le préfet a répondu que dès la semaine prochaine, ce thème de l'eau et de l'assainissement sera mis "autour de la table". (voir vidéo ci-dessous)

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