Les tilleuls de Villers-sous-Chalamont ont survécu à leurs blessures

Publié le 23/07/2012 - 10:09
Mis à jour le 23/07/2012 - 19:02

Le sort des deux tilleuls de Villers-sous-Chalamont dans le Haut-Doubs, près de Levier, a défrayé la chronique il y a maintenant trois ans. Grâce à une pétition relayée par France Inter, ils ont été sauvés politiquement et, de plus, ont survécu physiquement.

polémique

L’ambiance était tendue au printemps 2009 dans le petit village de quelque 300 habitants plus connu pour sa course de côte que pour ces deux arbres. Le conseil municipal venait de décider d’abattre les deux magnifiques tilleuls sagement plantés devant la petite chapelle du cimetière de Villers-sous-Chalamont. Ils avaient pourtant l’air plus protecteur que susceptible d’abimer la chapelle avec leurs racines ou leurs branches.

N’empêche, par huit voix pour et trois contre, les deux tilleuls tricentenaires avaient été condamnés un soir d’hiver début 2009. Ni une, ni deux, une pétition « Sauvons les tilleuls avant qu’il ne soit trop tard » a été lancée sous la houlette de Yann Chabod, architecte paysagiste. « Si une étude sérieuse nous prouvait qu’il n’y a pas d’autres moyens que d’abattre les tilleuls nous l’accepterions. Pour l’instant, aux dires de spécialistes, il est tout à fait possible de prolonger la vie de ces arbres, témoins du temps qui passe. L’argument de la mairie de dire qu’ils finiront par mourir un jour n’est pas recevable ».

Les opposants mobilisent et font mouche lorsque leur pétition, signée par des milliers de personnes, arrive à se frayer un chemin sur les ondes de France Inter à la suite d’un évènement aussi terrible qu’inattendu. Une nuit, les deux arbres sont lacérés à la hachette. Un acte vraisemblablement perpétré pour accélérer l’abattage des tilleuls. On s’interroge évidemment sur la capacité de ces derniers à survivre à de telles blessures. Ils sont immédiatement enduits d’un mastic cicatrisant. Mais le doute subsistait sur les conséquences de ce « massacre » qui a eu pour seul mérite d'amplifier encore l’écho médiatique suscité par les opposant à l’élimination des feuillus.

Du coup, le conseil municipal a fait marche arrière mi-avril. C’est à l’unanimité que les conseillers municipaux sont revenus sur leur décision d’abattage. Depuis, Antoine Picard (1839-1895), ancien curé de Villers-sous-Chalamont, enterré sous le porche de la chapelle, repose à nouveau en paix. Les tilleuls conservent quelques cicatrices sur leur tronc, mais ils gardent toujours aussi fièrement la petite chapelle sur laquelle est apposé le logo des Monuments historiques.

Nature

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