« Maty et le groupe Gemafi ont toujours revendiqué leurs racines bisontines… »

Publié le 18/11/2011 - 20:07
Mis à jour le 22/11/2011 - 10:37

Patrick Cordier est le président du directoire du groupe Gemafi détenu par la famille Mantion. A l’occasion des 60 ans de Maty, il revient sur les liens étroits et forts que la société a tissés au fil des ans avec Besançon. Il nous parle également des perspectibves de la société.

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semaine spéciale « 60 ans Maty »

maCommune.info : Le groupe est toujours resté ancré à Besançon. Vous n’avez jamais eu la tentation de délocaliser certaines activités ?

Patrick Cordier : La société  Maty est bisontine et le restera pour respecter l’esprit de son créateur Gérard Mantion mais surtout car nous avons ici les compétences dont nous avons besoin, liées notamment au travail de précision et des microtechniques.  Le groupe Gemafi (ndlr Maty, SFM et Gem’Services)  dénombre165 métiers différents. Nous avons été régulièrement sollicités pour délocaliser notamment  notre service clients  qui reçoit près 1 000 appels par jours. Nous avons toujours refusé. Bien nous en a pris, car le mouvement aujourd’hui  s’inverse. Nous refusons également de sous-traiter.  Cette politique d’intégration des métiers nous permet de maitriser totalement la relation de confiance que nous entretenons avec nos clients.

mC : Maty est née en 1951. Quelle a été l’évolution de la société ?

PC : Maty distribuait exclusivement des montres à son démarrage en s’appuyant sur la tradition horlogère bisontine. Mais son fondateur Gérard Mantion, a anticipé le bouleversement de ce marché pour se repositionner dans le domaine du bijou. En 1978, la société SFM (société de fabrication) est née pour permettre un développement vers d’autres sociétés.  Aujourdhui SFM travaille avec des grandes marques de la joaillerie française.

Dans les années 70 et 80,  le groupe connaît une forte croissance et multiplie ses effectifs par huit ! Cette période a coïncidé avec le déclin des grandes entreprises industrielles de Besançon comme Kelton, Lip, la Rhodiaceta. Maty a donc joué un rôle majeur pour l‘emploi à cette époque. Dans l’esprit de Gérard Mantion, Maty avait aussi une certaine responsabilité sociale…

En 1988, Maty a pris un second virage en développant son réseau de magasins. Dix ans plus tard, la société de routage Gem’ Services est née.  En 1999, Gemafi a acquis la société CSC qui regroupe six bijouteries haut de gamme de l’enseigne «  Comptoir de Paris ». Maty sera donc sur les Champs Elysées en 2012…

mC : Combien pèse le groupe aujourd’hui ?

PC : Gemafi emploie 700 personnes dont 542 sur Maty. Le chiffre d’affaire s’établit à  102 M € pour Maty, 3,1M€ pour Gem’Services et 15 M€ pour SFM (HT)

mC : Comment réagissez-vous  face à la morosité économique ambiante, et comment vous adaptez-vous face à l'augmentation de plus de 25 % des cours de l'or depuis un an   ?

PC : La consommation de bijoux ne peut que souffrir dans un environnement de crise globale assorti d’un contexte de hausse des matières premières. Nous sommes le 1er acteur de la vente de bijoux par correspondance. Les ventes catalogue représentent encore 50 % de notre CA (ndlr : 47 % catalogue, 32,8% en bijouteries et 20,2% sur internet) et nous devons garantir nos tarifs sur six mois. Nous avons donc mis en place  des outils financiers complexes pour garantir et lisser  le prix de l'or que nous achetons.

mC : et comment Maty compte se démarquer ?

PC: Le marché du bijou n’est pas très structuré en France. Les boutiques de centre-ville et  commerces indépendants ne sont pas organisés et n’ont pas notre puissance d’achat. C’est pourquoi notre politique est développer le  réseau de boutiques de proximité, toujours dans l’esprit de «  rendre le bijou accessible à toutes les femmes » cher à Gérard Mantion. Nous venons d’ouvrir des boutiques à Caen, au Mans et récemment à Metz et Reims. Nous aurons 28 magasins d’ici la fin de l’année. L’objectif est de passer à 50 magasins fin 2014. Je suis donc serein quant à l’avenir de Maty…

Economie

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