Situations d'Alstom : FO au ministère de l'Economie pour faire le point

Publié le 25/02/2016 - 10:49
Mis à jour le 25/02/2016 - 15:49

Le directeur de cabinet du ministre de l’Économie Alexis Kholer a reçu les délégations syndicales notamment de Force ouvrière ce mercredi 23 février 2016 à Bercy dans le cadre de plusieurs dossiers concernant la société Alstom. 

illustration © D Poirier
illustration © D Poirier

La de?le?gation FO e?tait compose?e de MM Keller, secre?taire fe?de?ral FO me?taux en charge de la branche ferroviaire, Philippe Pillot, de?le?gue? syndical central FO Alstom et Herve? Fillhardt du site Alstom Transport de Reichshoffen. 

Les membres FO ont abordé plusieurs dossiers : 

La situation financière d'Alstom après la vente de la partie énergie à General Electric 

FO a commencé par cette question de la situation financière actuelle d'Altsom. E. Macron avait indiqué que cette vente devait se faire "à la condition expresse qu'elle se fasse avec un assainissement de la situation financière et un endettement à 0". FO avait alors demandé une expertise comptable à la date du closing de manière à faire état des lieux et ainsi savoir sur quelle base redémarrait le nouvel Alstom.

Le ministère de l'Économie a répondu que "le calcul devait être fait le 2 novembre 2015 et sera vérifié". 

La communication de l'accord entre Bouygues et l'État et des informations sur sa mise en vigueur 

FO a, une nouvelle fois, posé plusieurs questions à ce propos :  Quelle a e?te? la re?action du gouvernement apre?s la nomination de l‘administrateur M. Bourges pour laquelle le conseil d’administration s’est abstenu et le PDG M. Kron a vote? contre ? Quid de la nomination du second administrateur de l’État au CA d’Alstom ? Quelle est la situation du contentieux de l’Ademe sur cet accord ? Depuis l’entre?e en vigueur des accords, le droit de vote de 20 % va durer combien de temps ? Le rachat de ces 20% est-il toujours d’actualite? ? À quel prix, entre les 28 € pre?conise?s a? l’e?poque par l’État et les 35 € demande?s par Bouygues, valorisation de l’action dans ses comptes, l’OPRA est passe?e par la? et le cours est pluto?t vers 20 €. Quel ro?le jouera l’État dans le CA ? Pour de?fendre quelle strate?gie ? FO a indique? souhaiter les deux administrateurs pour leur faire part de leur analyse de la situation. 

Le ministère de l'Économie a répondu que la participation de l'État passant par le rachat des actions à Bouygues, "n'aurait aucun intérêt compte tenu de l'écart entre la demande de Bouygues à 35€ et la valeur actuelle à 21€. Cela serait même préjudiciable aux contribuables".

Concernant la position des administrateurs, "ils ne seront pas la? pour e?tre un frein a? l’entreprise, mais ils veilleront a? la conjonction de l’inte?re?t social et de l’inte?re?t ge?ne?ral," selon le ministère. "Ils veilleront a? ce que le nouvel Alstom soit une entreprise conque?rante pour gagner des marche?s a? l’e?tranger, consolide?e dans un marche? mondial."

La situation commerciale et industrielle d'Alstom 

Si le groupe Alstom monde se porte "bien" avec un carnet de commandes de 28,7 milliards au 31 décembre 2015, FO "relativise". Le syndicat précise que ces commandes sont prises à l'étranger et "seront dans la plupart des cas réalisés en grande partie à l'étranger, suite à une exigence de localisation par les clients".

Pour la partie française d'Altsom Transport SA, au 31 mars 2015 à la fin de l'exercice 2014-2015, le carnet de commandes était de 8,5 milliards d'€ dont plus de 50% soit 4,6 à l'export, le chiffre d'affaires était de 2,56 milliards d'€ dont 1,34 à l'export, mais la prise de commandes n'a été que de 1,8 milliard d'€ dont 0,96 à l'export. Pour FO, "l'entreprise France consomme son carnet de commandes". Le syndicat a rappelé la situation des divers marchés et le poids dans le carnet  Alstom :

  • Trains régionaux : 16% du carnet (dont 100% pour la France
  • TGV : 15% du carnet (dont 85% pour la France)
  • Métros : 10% du carnet (dont 75% pour la France)
  • Locomotives : 9% du carnet (dont 0% pour la France)
  • Tramways : 5% du carnet (dont 40% pour la France) 

Pour le ministère de l'Économie, "la situation d'Alstom est saine et s'appuie sur un bon carnet de commandes". 

  • Des effectifs en baisse (- 650 chez Alstom Transport SA entre le 1er avril 2014 et le 31 décembre 2015) 

"Bien que cela se fasse en douceur", FO note que "les ruptures conventionnelles se multipliaient, que les intérimaires rentrent à la maison et que les salariés détachés des sites en difficulté vers ceux ayant encore un de charge." Pour ce syndicat, "Il est regrettable que l'argent public soit utilisé à payer des chômeurs plutôt que de commander du matériel et créer de l'emploi, surtout lorsque la situation de l'assurance chômage se dégrade".

FO a e?galement pre?cise? que "des accords e?taient en ne?gociation pour moduler lorsque cela e?tait possible". C’est le cas de Valenciennes ou Belfort pour 2016 "car il y a encore des pe?riodes hautes pour compenser les basses ... mais apre?s ?" 

  • "Les commandes françaises ne suffiront pas"

Même si elles sont importantes, les commandes françaises ne suffiront pas selon Force Ouvrière.

"Il est ne?cessaire de vendre a? l’export" selon FO. "Cela est complique? par la demande de localisation des clients et par la politique de sous-traitance vers les pays a? bas cou?ts, privile?gie?e par la direction d’Alstom". L’aide l’Etat pour l’obtention des commandes a? l’export est "primordial".

Le directeur de cabinet du ministère de l'Economie a expliqué que "les rouages du dispositif". Il a précisé qu'"il ne peut y avoir de soutien à l'export s'il n'y a pas une part française. Certes cela apporte plus de charges aux bureaux d'études qu'à la production".

FO préconise qu'une réunion du comité stratégique du ferroviaire français ait lieu au plus vite avec tous les acteurs au-delà des producteurs et des exploitants qui sont déjà présents. Une volonté partagée par le ministère de l'Économie "pour donner de la visibilité aux acteurs". Alexis Kholer précise qu'"ensuite, au-delà de 2020, même si l'activité redémarre, on ne retrouvera pas les niveaux de besoins et de production que l'on a connue".

Une rencontre "obligatoire" avec le ministre des Transports 

Pour FO, une rencontre avec le ministe?re des Transports est "obligatoire". "Il est impe?ratif que ce ministe?re explique quelles sont ses intentions et sa vision de l’avenir du transport ferroviaire" indique le syndicat. "Il est e?galement ne?cessaire de travailler sur l’appel d’offres TET de manie?re a? conserver un objectif de livraison permettant une poursuite de l’activite? des acteurs actuels s’ils gagnent la commande", enchaîne-t-il. Cela passe obligatoirement par la de?finition d’un mate?riel proche de ceux existant afin de raccourcir les de?lais et les frais.

FO renouvellera sa demande de re?union. 

Le syndicat demande également la convocation d'une réunion du CS2F avec tous les acteurs. Pour le syndicat, "une réunion par an ne suffit pas". L'objectif doit être cette fois la mise en place de décisions visant à préserver l'industrie ferroviaire dans son ensemble.

Conclusions de FO suite à l'entretien avec le ministère de l'Économie

Pour Force Ouvrière, "ces réunions sont toujours utiles" et "permettent de clarifier certains points et d'obtenir des explications sur certaines prises de décisions".

Les questions sur la situation d'Alstom restent d'actualité. Il faudra sans doute attendre la clôture de l'exercice 2015-2016 et l'assemblée générale des actionnaires pour savoir où les syndicats en sont réellement.

La situation des établissements d'Alstom est "préoccupante" selon FO. Il précise qu'il est "difficile de mettre en place des solutions dès lors que l'on ne connaît pas le calendrier de livraison des futures commandes et encore si Alstom les obtient".

Economie

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