Violences conjugales : pour Solidarité Femmes il faut "des moyens supplémentaires pour accompagner, enquêter, auditionner et juger"

Publié le 15/11/2024 - 12:01
Mis à jour le 15/11/2024 - 11:42

LONG FORMAT • À l’occasion du 25 novembre qui est la journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre, nous avons rencontré la présidente de l’association Solidarité Femmes, Eva Bronnenkant, qui nous a dévoilé le programme des actions menées durant ce mois de novembre et revient pour nous sur les missions et objectifs de son association.

En 2023, le nombre de victimes de violences conjugales enregistrées était en hausse de 10 % sur un an a annoncé, mercredi 6 novembre, le ministère de l’intérieur. 271.000 victimes, en très grande majorité des femmes, ont été enregistrées par les forces de sécurité l’année dernière. Bien qu’encore minimisé, le ministère de l’intérieur estime que seule une victime de violences conjugales sur quatre se signale aux services de sécurité, le nombre de victimes ne cesse d’augmenter.

Une augmentation qui s’explique en partie par la libération de la parole des victimes et de l’amélioration des conditions d’accueil de ces dernières. Ce phénomène s’est également ressenti au sein de l’association elle-même qui dit avoir accueilli davantage de victimes que les années précédentes. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans conséquence pour l’association.

Un budget fragile

Avec l’augmentation de l’activité et les charges qui augmentent, elle commence "à être un peu juste au niveau des finances" et souhaiterait néanmoins pouvoir continuer à prendre en charge les victimes du mieux qu’elle peut, nous a confié la présidente de Solidarité Femmes. "Nous peinons à financer les activités de prise en charge des femmes et des enfants hors hébergement. Nous avons besoin du soutien de tous pour poursuivre une prise en charge de qualité et pouvoir accueillir un nombre croissant de personnes" a-t-elle ajouté.

SI elle reconnait d’ailleurs que la libéralisation de la parole est une très bonne chose, "maintenant il faut que les budgets suivent" ajoute Eva Bronnenkant. Il faut "des moyens supplémentaires pour accompagner, enquêter, auditionner, juger, et puis surtout aussi accompagner les victimes qui, à partir du moment où elles portent plainte, se mettent en danger" notamment en s’exposant par exemple à des risques de représailles du conjoint ou de l’ex-conjoint. 

Dans notre vidéo, la présidente, Eva Bronnenkant explique comment l’association s’est spécialisée dans l’accueil des femmes victimes de violences conjugales et le rôle qu’elle joue dans leur prise en charge. 

Les enfants pas épargnés par le phénomène

Selon l’association, 80 % des victimes de violences conjugales sont également des mères et 150.000 enfants en France subissent la violence conjugale qui règne dans leur foyer. Ils seraient même "plus d’une centaines par an" à devenir orphelins à la suite d’un féminicide ou à un suicide lié à des violences conjugales. Plus largement, 1 enfant sur 10 est victime de violences. Une cinquantaine d’associations et de syndicats appellent donc à manifester le 16 novembre 2024 contre les violences faites aux enfants et aux adolescents et pour réclamer "en urgence" une "véritable politique publique" en leur faveur.

Les cyberviolences, ces violences "invisibles"

Difficiles à déceler et parfois même à tracer, les cyberviolences conjugales s’inscrivent "dans le continuum des violences conjugales et peuvent se manifester en même temps ou suite à d’autres formes de violences verbales" qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques, économiques etc. Pour l’association, elles font partie "des violences dites invisibles et insidieuses" qui s’exercent autant dans l’espace privé que dans l’espace public. Contrairement aux idées reçues, les cyberviolences ne touchent pas que les jeunes puisque "67% des appels au 3919 pour cyberviolences concernent des femmes de plus de 30 ans" avance l’association.

À l’instar du violentomètre, le cyber-violentoscope proposé par la Fédération nationale Solidarité Femmes, propose une pluralité de situations de cyberviolences au sein d’une relation et permet d’en mesurer la dangerosité. 

Les dates à retenir du mois de Novembre

  • 16 novembre 2024 : journée de lutte contre les violences faites aux enfants et adolescents. 
  • 20 novembre 2024 : émission radio spéciale sur Radio Campus en direct du campus de la Bouloie.
  • 23 novembre 2024 : manifestation contre les violences patriarcales à 15h Esplanade des Droits de l’Homme à Besançon.
  • 25 novembre 2024 : journée internationale contre les violences faites aux femmes et aux minorités de genre.

Mais aussi : 

  • Des projections et débats, des spectacles, des colloques, une exposition, une action de prévention, des formations interdisciplinaires à Besançon et Pontarlier et des opérations de prévention avec notamment la diffusion de sachets de pain en boulangerie et de marque-pages incluant le violentomètre. 

Impliquée dans le projet de la future maison des femmes, l'association Solidarité Femmes prévoit une installation d'ici 2026 dans leurs nouveaux locaux qui seront situés rue Jean Wyrsch dans le quartier Saint-Claude de Besançon.

Infos + 

  • Solidarité femmes : 15 rue des Roses, 25000 Besançon / 03.81.81.03.90
  • 3919 : numéro national de référence gratuit et anonyme pour l'écoute et l'orientation des femmes victimes de violences (plus particulièrement conjugales). Accessible 24h/24 et 7j/7.

Dons possible à l’association Solidarité Femmes :

  • Par chèque à l’ordre de Solidarité femmes Besançon envoyé au siège 15 rue des roses 25000 Besançon ·
  • Sur la plateforme HelloAsso en passant par le site internet

Société

L’Intersyndicale féministe du Doubs dénonce une instrumentalisation du féminisme par Némésis

Dans leur communiqué du 13 avril 2026, l’intersyndicale féministe du Doubs et Solidaires-FSU-CGT éducation et spectacle rappellent que Némésis "n’est pas un collectif féministe" mais un "collectif d’extrême droite raciste" et dénoncent une instrumentalisation du féminisme "pour faire passer ses messages racistes et xénophobes". Les syndicats ont également écrit aux députés du Doubs et au maire de Besançon afin de "prendre clairement position" et de demander la dissolution du collectif.

Le Département veut convaincre les propriétaires bailleurs privés du Doubs d’oser la location solidaire

VIDÉO • Porté par la maison de l’Habitat du Doubs, le Département et ses partenaires (Agence nationale de l'habitat, Action Logement, Soliha, Habitat & Humanisme), l'événement "les 10 jours des propriétaires bailleurs privés du Doubs" est une initiative visant accompagner les propriétaires et investisseurs immobiliers. Du 20 au 30 avril 2026, l’objectif sera de mettre en avant les dispositifs dont le Département bénéficie et de les porter à la connaissance des habitants du Doubs.

Les Maîtres Cuisiniers de France de passage dans la région pour dévoiler leur Guide 2026

Sous l’impulsion de Christian Têtedoie, président des Maîtres Cuisiniers de France, l’association dévoile son Guide 2026, parrainé par Catherine Dumas, à l’occasion d’une série de rendez-vous régionaux qui mettront à l’honneur les nouveaux intronisés. La tournée passera par la région avec un rendez-vous prévu le 18 mai 2026 à Bethoncourt.

Les annonces de Lecornu pour accélérer l’électrification et moins dépendre du pétrole ou du gaz

Interdiction des chaudières à gaz, aides aux gros rouleurs en électrique: Sébastien Lecornu a présenté vendredi 10 avril 2026 des premières mesures visant à "accélérer" l'électrification dans les transports et le logement pour moins dépendre du gaz ou du pétrole, dont les prix flambent avec la guerre au Moyen-Orient.

La loi sur le 1er-Mai saute la case des débats à l’Assemblée, la CGT dénonce un “coup de poignard”

La gauche et les syndicats dénoncent un "passage en force" : les députés ont approuvé vendredi 10 avril 2026 le rejet préalable du texte autorisant le travail de certains salariés le 1er-Mai demandé par les macronistes pour éviter "l'obstruction" et accélérer son parcours législatif.

Déclaration des revenus 2025 : le calendrier 2026 et les modalités à connaître

La campagne de déclaration des revenus de l’année 2025 s’est ouverte officiellement le 9 avril 2026. Comme chaque année, les contribuables sont invités à effectuer cette démarche selon un calendrier précis, fixé en fonction de leur département de résidence et du mode de déclaration choisi. Et en Bourgogne Franche-Comté ? Réponses...

Concours de la meilleure Saucisse de Morteau 2026 : première dégustation le 24 avril à Besançon

Le vendredi 24 avril à 15h, le CFA Hilaire de Chardonnet, à Besançon, accueillera la première dégustation du concours de la meilleure Saucisse de Morteau 2026, orchestré par l'Association de Défense et de Promotion des Charcuteries et Salaisons IGP de Franche-Comté (A2M). La moyenne de leurs notes, combinée à celles du jury d’octobre 2026, permettra de déterminer les huit meilleures saucisses de Morteau.

Plus de 200 personnes rassemblées contre le racisme à Besançon

Jeudi 9 avril 2026, plus de 200 personnes (300 selon les organisateurs) se sont réunies place du 8 Septembre, devant l’Hôtel de ville de Besançon, à l’appel du Parti communiste et de La France insoumise locaux. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par des injures racistes et des menaces de mort visant des élus municipaux, parmi lesquels Hasni Alem.

Qui est Violaine Demaret nommée préfète de Bourgogne-Franche-Comté et de la Côte-d’Or ?

Violaine Demaret a été nommée préfète de la région Bourgogne-Franche-Comté et préfète de la Côte-d’Or par décret du 8 avril 2026, publié au Journal officiel le 9 avril. Elle prend la succession de Paul Mourier, en poste depuis octobre 2024, qui quitte ses fonctions à sa demande. Cette nomination a été confirmée en Conseil des ministres, sur proposition du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur.

Protoxyde d’azote : le sénateur Longeot assure poursuivre la mobilisation parlementaire

Le 7 avril dernier, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot s’est entretenu avec la directrice des affaires publiques, et le directeur de la branche infrastructures du groupe Suez, au sujet "des conséquences dramatiques, humaines, sociales et environnementales, liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote".

La folie des brunchs s’empare de Besançon

Il est sur toutes les lèvres dès que le soleil et les terrasses pointent le bout de leur nez, le brunch est devenu l’un des rendez-vous plébiscités du week-end, voire un rituel hebdomadaire. Pour se retrouver en famille, entre amis, en amoureux ou simplement pour s’éviter de cuisiner, la formule qui combine salé-sucré fait de plus en plus d’adeptes. Au point qu’aujourd’hui, bien des restaurateurs se sont emparés du phénomène en proposant cette formule dans leur établissement. Besançon ne fait pas exception et propose de nombreuses bonnes adresses.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 5.4
partiellement nuageux
le 16/04 à 03h00
Vent
1.15 m/s
Pression
1023 hPa
Humidité
93 %

Sondage