Automobile : les syndicats de PSA veulent attendre la fin du pic pour relancer la production

Publié le 31/03/2020 - 10:12
Mis à jour le 31/03/2020 - 10:12

Coronavirus • Ils mettent en garde contre une reprise prématurée de la production. Les syndicats du groupe automobile estiment qu’il est nécessaire d’attendre la fin du pic épidémique pour relancer une production « de voitures qui ne sont pas vendues ». La CGT dit cependant ce lundi soir son accord pour fabriquer des respirateurs à Poissy.

© Jean-François LAMY 
Groupe PSA - Communication Sochaux ©
© Jean-François LAMY Groupe PSA - Communication Sochaux ©

Les syndicats du constructeur automobile PSA ont mis en garde la direction contre une reprise prématurée de la production dans les usines françaises, malgré des mesures de protection renforcées face à l’épidémie de Covid-19. "La reprise d’activité ne pourra s’envisager qu’après le pic de l’épidémie dans notre pays", a estimé lundi Olivier Lefebvre, délégué central de Force ouvrière, première organisation syndicale chez PSA. "Il y a une incompréhension sur pourquoi on veut aller aussi vite aujourd’hui pour fabriquer des voitures qui ne sont pas vendues", a-t-il déclaré à l’AFP.

Cet avertissement fait l’unanimité chez les syndicats du groupe, qui indiquent que l’activité pourrait redémarrer cette semaine ou la suivante dans l’usine de Valenciennes (Nord), qui fabrique des boîtes de vitesse, et dans celle de Douvrin (Pas-de-Calais), qui produit des moteurs. Vendredi, la direction a présenté dans le cadre de comités sociaux et économiques (CSE) extraordinaires de ses sites français un protocole de mesures barrières renforcées pour préparer la reprise.

Le groupe ne détaille pas le calendrier de reprise du travail, chaque site étant soumis à un audit pour garantir que les mesures sont suffisantes. La CFE-CGC, deuxième syndicat de PSA, considère que "la reprise des activités dans sa globalité ne peut être envisagée d’une part que si la crise sanitaire est en phase descendante avérée et d’autre part que d’une manière progressive". "En pleine pandémie, demander à des centaines de salariés de mettre fin à leur confinement est irresponsable et criminel", avait dénoncé dès vendredi la CGT (3e).

Des respirateurs fabriqués à Poissy, selon la CGT

La CFTC (4e) souligne pour sa part que l’industrie automobile ne fait pas partie des secteurs économiques jugés essentiels par le gouvernement. "Il est donc hors de question de demander, aujourd’hui, aux salariés de PSA de sortir de chez eux, alors même que le gouvernement vient de prolonger la période de confinement qui s’impose à tous les Français", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Il est également impensable d’imaginer doter de plusieurs masques de protection par jour les salariés du groupe" alors qu’il existe un manque de masques "pour les milieux hospitaliers, les médecins de ville et tous les métiers qui aujourd’hui font tenir la France debout", selon la CFTC

Lundi soir, la CGT (3e), qui avait jugé vendredi "irresponsable et criminel" d’obliger les salariés à reprendre le travail, indiquait dans un nouveau communiqué que le groupe PSA allait "ouvrir un atelier dans son usine de Poissy pour qu’une équipe de 60 salariés assemblent des pièces de respirateurs médicaux pour les livrer à Air liquide". "La CGT de PSA est bien évidement d’accord avec la fabrication de respirateurs médicaux avec une sécurité sanitaire maximum pour les salariés, car c’est une production vitale et urgente pour sauver des vies", souligne le syndicat.

La direction de PSA n’avait pas confirmé cette information dans l’immédiat. Comme d’autres géants de l’automobile – Renault, Volkswagen, Fiat et Toyota – PSA avait suspendu à la mi-mars l’activité de ses usines européennes à la suite des mesures de confinement contre le covid-19.

(AFP)

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