La messagerie cryptée WhatsApp (Facebook) infectée par un logiciel espion

Publié le 15/05/2019 - 14:16
Mis à jour le 15/05/2019 - 14:16

WhatsApp, l’application de messagerie cryptée détenue par Facebook, a admis ce mardi 14 mai 2019 avoir été infectée par un logiciel espion donnant accès au contenu des smartphones, une attaque qui semble avoir ciblé particulièrement des militants des droits humains.

©https://pixabay.com/fr/photos/whatsapp-ic%C3%B4ne-app-892926/ © Pixabay
©https://pixabay.com/fr/photos/whatsapp-ic%C3%B4ne-app-892926/ © Pixabay

Il s'agit en outre d'un nouveau déboire pour sa maison-mère Facebook, déjà aux prises avec des critiques incessantes sur la protection des données personnelles. WhatsApp, l'application de messagerie cryptée détenue par Facebook, a admis mardi avoir été infectée par un logiciel espion donnant accès au contenu des smartphones, une attaque qui semble avoir ciblé particulièrement des militants des droits humains.

Une faille de sécurité - dévoilée par le Financial Times, et résorbée dans la dernière mise à jour de WhatsApp - a permis à des pirates d'insérer un logiciel malveillant sur des téléphones, simplement en appelant les usagers de l'application, utilisée par 1,5 milliard de personnes dans le monde.

Mettre à jour l'application

WhatsApp, qui affirme avoir découvert début mai l'attaque informatique, a appelé mardi les usagers à "télécharger la dernière version de notre application, et à mettre régulièrement à jour celle du système d'exploitation de leur téléphone" pour éliminer la faille, qui a pu permettre l'accès aux contacts, messages, photos...

Les pirates ont aussi activé grâce à cette faille micro et caméra pour écouter ou visualiser l'environnement des propriétaires des appareils Apple ou Android (Google) ciblés, sans qu'ils s'en rendent compte. Le logiciel espion ressemble fort au programme Pegasus, mis au point par une société israélienne bien connue des services de renseignement de différents pays, NSO Group, a expliqué à l'AFP Joseph Hall, expert au sein de l'ONG américaine Center for Democracy and Technology.

NSO Group a une réputation sulfureuse et est accusée d'aider des gouvernements, du Moyen-Orient au Mexique, à épier des militants et des journalistes. Pegasus donne à ses clients l'accès à diverses fonctionnalités des appareils piratés. Amnesty International avait d'ailleurs rappelé lundi dans un communiqué qu'un de ses employés avait été visé par Pegasus l'été dernier après avoir reçu un "message suspect" en arabe via WhatsApp. Elle avait déjà alerté publiquement sur ce problème en août 2018.

La célèbre ONG a dit aussi lundi se joindre à une action en justice en Israël destinée à faire annuler la licence d'exportation de NSO. Elle estime que d'autres militants des droits humains dans le monde ont aussi été visés par Pegasus mais aussi le journaliste saoudien critique de Ryad, Jamal Khashoggi, assassiné en octobre 2018, ce que dément fermement NSO.

Selon la chaîne américaine CNN mardi, un avocat londonien, spécialisé dans les droits humains, a lui aussi été visé très récemment via WhatsApp. Ironie du sort, WhatsApp est souvent considérée comme particulièrement sûre car les communications sont cryptées : personne en dehors des interlocuteurs n'est censée pouvoir avoir accès aux contenus.

Du coup, "ce genre d'applications" cryptées a "tendance à accumuler les données les plus sensibles que les gens ont besoin de protéger", relève Joseph Hall.

Acteurs déterminés

Le logiciel espion est sophistiqué et "n'a pu être utilisé que par des acteurs extrêmement déterminés", selon WhatsApp, qui assure qu'un "nombre limité d'utilisateurs ont été ciblés". Mais "cette attaque a toutes les empreintes d'une entreprise qui travaille avec de nombreux gouvernements dans le monde", a ajouté la messagerie américaine sans nommer l'entreprise en question.

Alors que tous les regards se tournent vers NSO, la société basée à Herzliya, au nord de Tel-Aviv, dans la "Silicon Valley" israélienne, celle-ci a affirmé que sa technologie était "commercialisée par l'intermédiaire de licences à des gouvernements dans le seul objectif de combattre la criminalité et le terrorisme".

En Europe, WhatsApp a informé le régulateur irlandais d'une "sérieuse faille de sécurité", et averti les autorités américaines et des ONG du problème, sans donner toutefois de chiffre sur le nombre d'utilisateurs concernés ou visés.

Facebook, qui a racheté WhatsApp en 2014 pour 22 milliards de dollars, est précisément vilipendé partout dans le monde pour ne pas protéger assez les données personnelles de ses usagers; et les scandales autour de "partages" de données avec des entreprises tierces mais aussi de failles de sécurité se multiplient.bFacebook a ainsi admis avoir stocké de façon non cryptée les mots de passe de centaines de millions d'usagers du réseau et de sa filiale Intagram.

A l'automne 2018, Facebook avait révélé avoir décelé une faille ayant permis à des pirates informatiques d'accéder à des données personnelles de quelque 29 millions d'usagers.

Sous pression, le groupe a même promis récemment de faire la part belle aux messageries cryptées pour plus de sécurité, promettant de crypter sa plateforme Messenger comme l'est WhatsApp.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

Alcool et stupéfiants : opération de contrôle au centre d’examen du permis de conduire de Besançon

VIDÉOS • Ce jeudi 22 janvier 2026, une opération de police effectuée dans le cadre de lutte contre les dérives au volant et les comportements dangereux a eu lieu au centre d’examen du permis de conduire de Besançon. 

Contrôle de police : 32 infractions en moins de deux heures boulevard Blum à Besançon

Mercredi 21 janvier 2026, en fin d’après-midi, une opération de contrôle routier a été menée à un carrefour identifié comme sensible par les forces de l’ordre, à l'intersection entre le boulevard Léon Blum et la rue Chopin. Pas moins de 32 infractions ont été relevées en 2h00.

Besançon veut renouveller son soutien à la Maison des femmes avant son ouverture en mars 2026

La Ville de Besançon a présenté, mercredi 21 janvier 2026, une délibération portant sur un nouveau soutien financier au fonctionnement de la future Maison des femmes, dont l’ouverture est prévue le 3 mars prochain. Cette présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse conduite par Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs élues, à l’approche du conseil municipal, le 22 janvier.

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

Comprendre et suivre l’extrême droite en Franche-Comté : lancement de l’Obex FC à Besançon

L’Observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté (Obex FC) a été présenté officiellement vendredi 16 janvier 2026 à la presse, puis au public lors d’une conférence organisée le soir même salle David à Besançon. Cette plateforme régionale se donne pour objectif de documenter, analyser et rendre accessibles les phénomènes liés à l’extrême droite en Franche-Comté. L’Obex FC est porté par trois fondateurs, membres de l’association Comité pour Clément : "Toufik de Planoise", journaliste, "Walden", militant anti-extrême droite, et "Yoann Muson", universitaire.

Les ateliers du mercredi au SYBERT ? Des minijeux pour enfants

PUBLI-INFO • Le 21 janvier, c’est la fête au SYBERT à Planoise ! De 14h30 à 16 heures, les enfants de 6 à 12 ans vont pouvoir venir apprendre en jouant. Apprendre ? Oui, apprendre les bons gestes en matière de tri et de recyclage. Jouer ? Oui, parce qu’en s’amusant, mine de rien, on apprend. Mais attention, nombre de places limité…

Début de l’enquête de recensement de la population en Bourgogne-Franche-Comté

Le recensement de la population commence, aujourd’hui jeudi, 15 janvier 2026 en France métropolitaine. En Bourgogne-Franche-Comté, près de 1 500 agents recenseurs sont mobilisés pour enquêter 284.000 logements dans 756 communes. Cela devrait conduire les équipes communales à collecter les réponses de plus de 470.000 habitants dans la région.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.09
pluie modérée
le 23/01 à 18h00
Vent
3.53 m/s
Pression
996 hPa
Humidité
94 %