McPhy à Foussemagne : des aides publiques massives pour un avenir très incertain

Publié le 17/04/2025 - 08:18
Mis à jour le 16/04/2025 - 14:56

Moins d’un an après son inauguration, l’annonce de la mise en vente de l’usine McPhy de Foussemagne, spécialisée dans la production d’électrolyseurs, suscite une vive inquiétude parmi les élus communistes et républicains de Bourgogne-Franche-Comté. Dans un communiqué diffusé ce mercredi 16 avril, veille de la visite officielle du ministre de l’Industrie dans le nord Franche-Comté, ils dénoncent un "gaspillage d’argent public" et réclament un changement profond de stratégie pour le développement de la filière hydrogène.

 © www.mcphy-finance.com
© www.mcphy-finance.com

Installée dans le Territoire de Belfort grâce à un important soutien financier public, McPhy a bénéficié de plus de 125 millions d’euros d’aides, soit 110 millions d’euros versés par l’État via le PIIEC (Projets Importants d’Intérêt Européen Commun), 10 millions issus du fonds Maugis — alimenté par la pénalité infligée à General Electric après des suppressions massives d’emplois — et 1,2 million dans le cadre du contrat métropolitain.

Ces investissements avaient pour objectif de créer 450 emplois d’ici 2030. Pourtant, en 2025, l’entreprise ne compte qu’"un peu plus de 30 salariés" et son carnet de commandes reste loin des ambitions initiales. Désormais mise en vente, McPhy pourrait changer de main "sans aucune garantie de maintien du site à Foussemagne", alertent les élus.

"Les motorisations électriques sont en train de prendre le pas sur l’hydrogène"

”Y a-t-il un pilote dans l’avion ?” interrogent-ils, soulignant l’échec de la stratégie actuelle d’accompagnement de la filière hydrogène dans la région. Le cas McPhy n’est pas isolé : les élus communistes rappellent également les difficultés de Forvia à Allenjoie, qui ne développe pas l’activité promise autour des réservoirs à hydrogène, et de Gaussin à Héricourt, aujourd’hui en redressement judiciaire.

Ils pointent une crise plus large de la filière : "Les applications de mobilité pour l’hydrogène ne se développent pas comme prévu". La mise en circulation de trains à hydrogène est ajournée, les fabricants de bus sont en difficulté, et "les motorisations électriques sont en train de prendre le pas sur l’hydrogène dans le transport par camion”.

Des exigences portées au ministre de l'Industrie

Le groupe des élus communistes du Nord Franche-Comté appelle à un changement de méthode. Ils réclament "une stratégie globale, intégrant industrie et services, notamment de mobilité", élaborée démocratiquement avec les territoires et les travailleurs. "Cette stratégie doit reposer sur des coopérations entre régions plutôt que des mises en concurrence stériles", insistent-ils.

À l’occasion de la visite du ministre de l’Industrie Marc Ferracci prévue jeudi, les élus formulent plusieurs exigences :

  • Un débat national pour définir une stratégie hydrogène concertée ;
  • La transparence sur l’utilisation des 110 millions d’euros du PIIEC et des 10 millions du fonds Maugis ;
  • La garantie de maintien du site de Foussemagne et de ses emplois ;
  • La création d’une Conférence régionale pour l’emploi et la formation, chargée de piloter l’attribution des aides publiques.

"La filière hydrogène ne peut pas être un nouveau terrain de spéculation", concluent-ils. Pour eux, l’industrie doit redevenir "un levier de souveraineté, d’emploi et de justice sociale dans nos territoires."

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

Le fisc réclame des millions d’euros de redressement à General Electric Belfort

Le fisc français a notifié un important redressement au groupe industriel GE Energy Products France (EPF), filiale de la multinationale américaine GE Vernova, lui reprochant d'avoir artificiellement réduit son bénéfice imposable de 212 millions d'euros, a-t-on appris vendredi auprès du CSE de l'entreprise basée à Belfort.

Jott en redressement judiciaire : les cinq boutiques de Besançon, Belfort, Dijon et Chalon-sur-Saône surveillées

Le tribunal des activités économiques de Marseille a décidé le 18 décembre 2025 de placer la société SAS JOTT sous le régime du redressement judiciaire. Cette procédure, déclenchée en raison d’une situation de cessation des paiements, ouvre une période d’observation de six mois durant laquelle la viabilité de l’entreprise sera examinée. Une audience clé est prévue le 5 février 2026.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

Le marché du travail se dégrade de nouveau au troisième trimestre 2025 (Insee)

L’Insee Bourgogne-Franche-Comté a partagé ce mardi 13 janvier 2026, la nouvelle notre de conjoncture concernant le troisième trimestre de l’année 2025. Pour l’Insee un constat s’impose, celui que le regain de croissance national de l’été 2025 ne se retrouve pas en Bourgogne-Franche-Comté. 

Il n’y aura pas de vaches montbéliardes au Salon de l’agriculture 2026 à Paris

Le président de Montbéliarde Association, Samuel Carrey a annoncé ce mardi 13 janvier 2026 sur Ici Besançon que les vaches montbéliardes ne participeront pas au prochain Salon international de l’agriculture, prévu à Paris du 21 février au 1er mars 2026. Comme pour plusieurs autres races bovines, notamment les limousines, landaises, parthenaises et charolaises, cette absence est liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Psychopraticienne à Mamirolle, Laura Vieille a transformé une épreuve de vie en vocation

Victime d’un AVC à 13 ans, Laura Vieille est aujourd’hui psychopraticienne et a ouvert son cabinet à Mamirolle le 1er septembre dernier, liant ainsi son vécu personnel à une pratique professionnelle. La jeune femme s’est spécialisée autour du trauma et des étapes de vie difficiles. 

ESTM Pigier à Besançon : formations, portes ouvertes et job dating au programme !

PUBLI-INFO • Spécialiste des formations en alternance, l’ESTM Pigier de Besançon multiplie les initiatives à destination des futurs étudiants, du post-bac au Bac+5. Nouvelle formation diplômante, journée portes ouvertes et plusieurs job dating rythmeront notamment l’année 2026, qui s’annonce particulièrement dynamique pour l’établissement.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 10.19
couvert
le 19/01 à 12h00
Vent
0.71 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
100 %