Plus de 15.000 habitants de Bourgogne-Franche-Comté travaillent dans l'horlogerie

Publié le 05/10/2021 - 15:56
Mis à jour le 22/12/2021 - 18:26

En 2018, près de 15.400 Bourguignons-Francs-Comtois travaillent dans l’horlogerie selon une étude de l’Insee. Plus des trois quarts sont frontaliers.

Sans surprise, la filière horlogère suisse, épicentre mondial de l’horlogerie de luxe, est la principale employeuse et donneuse d’ordre. Les travailleurs de l'horlogerie représentent un tiers de l’ensemble des frontaliers de la région.

5.000 frontaliers supplémentaire dans l'horlogerie en dix ans

Avec le doublement en valeur des exportations de l’horlogerie suisse ces vingt dernières années, les employeurs helvétiques offrent des rémunérations très attractives à une main-d’œuvre très qualifiée. En dix ans, le nombre de frontaliers travaillant dans ce secteur a augmenté de 5.000 postes.

Sur le seul territoire de Bourgogne-Franche-Comté, la filière horlogère emploie 3.870 salariés principalement dans de petits établissements. On en dénombre 363.  La moitié d'entre eux travaillent chez des sous-traitant horlogers.

La région concentre 63 % des effectifs de la fabrication horlogère française

Si ces emplois ne représentent que 0,3 % de l’emploi total de la région, la filière produit 304 millions d’euros de valeur ajoutée.

"Comme d’autres filières, l’horlogerie a subi les effets de la crise sanitaire de la Covid-19. Celle-ci a entraîné notamment la fermeture des boutiques et la remise en cause de grands salons" Insee Bourgogne-Franche-Comté

Ouvriers qualifiés et filière globalement féminisée

Les frontaliers de la filière sont surtout des ouvriers, 67 %, puis des professions intermédiaires, 17 %. Il s’agit en majorité d’hommes au savoir-faire technique très prisé. Dans le même temps, la filière est globalement assez féminisée, 42 % des emplois, davantage que pour les autres frontaliers, 35 %.

Cependant, leur part est moins importante que dans l’horlogerie française, 47 %. Des raisons multiples et croisées peuvent entrer en jeu. Elles peuvent être moins attirées par un emploi en Suisse, ou ne sont pas ouvrières qualifiées ou encore, sont employées dans d’autres secteurs que la fabrication. Globalement, les femmes travaillent davantage près de leur foyer que les hommes.

Forte dépendance de l’emploi horloger

La communauté de communes de la Station des Rousses compte 22 % des actifs occupés dans l’horlogerie suisse.

"Leur niveau de revenu stimule la consommation de produits et services côté français. Ces territoires frontaliers français sont ainsi souvent bien équipés, d’autant plus que de nombreux Suisses viennent profiter d’un coût de la vie plus bas que dans leur pays" notent Jérôme Mathias, Yohann René, les auteurs de l'étude à l'Insee. "Cependant, cette caractéristique entraîne une tension sur le marché de l’immobilier".

Dans le Pays de Maîche, on dénombre 14 % des actifs en emploi dans les établissements horlogers locaux et 20 % dans l’horlogerie suisse. L’économie de ces territoires dépend fortement des revenus de la filière et, est ainsi exposée en cas de crise économique.

"Le Grand Besançon, qui concentre 40 % de l’emploi horloger de la région, est moins exposé : l’horlogerie ne représente que 1,6 % de l’emploi total. Besançon étant relativement distante de la Suisse, la part de frontaliers de l’horlogerie qui y résident demeure plutôt faible, seulement 2 % des actifs."

Emplois horlogers et frontaliers dans les 10 principales intercommunalités concernées

EPCICumul emploi horloger et frontaliersPart des emplois horlogers*
(en %)
Part de frontaliers dans l’horlogerie**
(en %)
Val de Morteau2 6436,322,3
Pays de Maîche2 34713,520,3
Grand Besançon1 6891,60,3
Pays de Montbéliard Agglomération9390,11,7
Portes du Haut-Doubs9093,05,2
Station des Rousses-Haut Jura8160,621,5
Grand Pontarlier7970,06,6
Lacs et Montagnes du Haut-Doubs7933,48,4
Plateau de Russey7346,419,2
Sources : Insee, RP 2017, Flores 2018, Base non-salariés 2018

À l’instar du profil des frontaliers de l’horlogerie, la filière régionale s’appuie sur une main-d’œuvre à majorité ouvrière (61 %) dont seulement la moitié est qualifiée.

Formations

Les établissements de l’enseignement horloger proposent des formations allant de la fabrication jusqu’à l’ingénierie horlogère.

En 2021, l’académie de Besançon a délivré 76 CAP horlogerie, soit près de 35 % des réussites nationales de cette formation.

L’École nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM) à Besançon forme au "luxe et précision"», le lycée de Morteau au "luxe et innovation". Ces écoles sont prisées tant par les élèves que par les entreprises pour leur excellence et leurs Meilleurs Ouvriers de France.

Les diplômés, jeunes (70 BTS « Conception et industrie microtechnique » en 2021) ou adultes en recherche d’emploi ou en reconversion (Afpa, Greta) n’éprouvent aucune difficulté à trouver un emploi.

Besançon accueille également Francéclat, le Comité professionnel de développement économique des secteurs de l’horlogerie, bijouterie, joaillerie, orfèvrerie et arts de la table.

Un peu d'histoire

"La fabrication de l’horloge comtoise est une tradition artisanale ancrée dans le massif du Jura, frontière naturelle entre la France et la Suisse. À compter de la Révolution française, de ce terreau commun naît une industrie, notamment à Besançon, sous l’impulsion d’horlogers suisses immigrés et dans le Pays de Montbéliard avec l’entreprise Japy.

En 1860, une exposition internationale consacre Besançon « capitale française de la montre ».

Les années 1970 basculent dans l’innovation des montres à quartz qui annonce le déclin de la montre traditionnelle à mouvement mécanique. Les horlogers suisses se tournent vers la montre de luxe pour une clientèle très aisée ainsi que la montre à un prix plus abordable.

L’activité horlogère est désormais une production majeure de l’Arc jurassien suisse qui concerne environ 30 000 actifs en 2018. Un tiers de ces emplois horlogers suisses sont tenus par des frontaliers résidant en Bourgogne-Franche-Comté.

Témoin du savoir-faire et de l’interdépendance des bassins horlogers franco-suisses, l’UNESCO a inscrit fin 2020 la mécanique horlogère et mécanique d’art de l’Arc jurassien franco-suisse à son patrimoine immatériel. 

Pour illustrer l’excellence de la filière horlogère, le prix moyen d’une montre exportée par la Suisse est proche de 1 000 $ en 2019 contre à peine 4 $ pour une montre chinoise. En conséquence, si sept montres vendues sur dix en France sont chinoises, au niveau mondial, la Suisse représente la moitié des exportations mondiales en valeur et occupe ainsi la première place". Insee Bourgogne Franche-Comté

Economie

Matthias Marc distingué par les Talents Servair pour son nouveau restaurant Maison des Cimes à Malbuisson

Le chef franc-comtois Matthias Marc figure parmi les quatre lauréats de la première édition des Talents Servair, un concours destiné à soutenir les projets d’ouverture et de montée en gamme de restaurants, a-ton appris le 12 octobre 2026. Son établissement, la Maison des Cimes, récemment ouvert à Malbuisson, dans le Haut-Doubs, bénéficie ainsi d’un dispositif d’accompagnement financier et professionnel.

À Besançon, Céline Girard redonne vie aux céramiques brisées grâce à l’art japonais du kintsugi

Installée à partir du 4 novembre 2026 Grande Rue, à Besançon, la restauratrice de céramiques Céline Girard perpétue la méthode traditionnelle japonaise du kintsugi. À l’Atelier Yumi Kintsugi, elle répare les objets abîmés à l’aide de laque végétale urushi et de poudre métallique, notamment d’or, pour faire des traces de la cassure un élément esthétique à part entière.

Le ski à l’honneur chez Decathlon Besançon en octobre et novembre : bourse, rachat et location

Publi-info • Des skis, déjà ? Hé oui, l’hiver se profile et ce n’est pas quand la neige se met à tomber qu’il faut penser à s’équiper. Fort de cette idée de vous aider à préparer les premières neiges, Decathlon vous propose trois événements : une bourse aux skis, puis une opération reprise de skis et, enfin, de la location.

Une nouvelle brasserie artisanale voit le jour dans la vallée de la Loue

La Brasserie Barlou vient d’être inaugurée le 9 octobre 2026 à Quingey. Pour les gérants Florent Brischoux et Alix Pouillard, cette brasserie artisanale est l'aboutissement naturel d'une aventure déjà bien implantée sur les bords de la Loue, entre loisirs de pleine nature, restauration, musique et convivialité.

À Dannemarie-sur-Crète, Stéphanie Villard place la santé des femmes au cœur de son approche nutritionnelle

Stéphanie Villard a récemment installé son cabinet de diététicienne nutritionniste au Pôle santé de Dannemarie-sur-Crète. Spécialisée notamment dans les enjeux liés à la santé féminine, elle privilégie un accompagnement sans régime restrictif, ni objectif de poids imposé.

Ludovic Fagaut : " Le marché de Noël de 2026 n’aura rien à voir avec les marchés de Noël d’avant ", mais…

À l’occasion d’une conférence de presse consacrée au bilan de la saison touristique estivale 2026, le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, a rappelé que les fêtes de fin d’année constituent elles aussi un rendez-vous majeur pour l’attractivité touristique de la ville. Alors que le nouvel édile est particulièrement au tournant des festivités de Noël, il annonce, à sept semaines de leur lancement : "Le marché de Noël 2026 n'aura rien à voir avec les marchés de Noël d’avant".

Tourisme à Besançon : entre canicules, hausse des nuitées en camping et record de clientèle étrangère

VIDÉO • Avec ses cinq épisodes caniculaires, la saison touristique 2026 affiche des résultats contrastés dans le Grand Besançon. Si plusieurs sites enregistrent une baisse de fréquentation, les campings progressent fortement, les piscines municipales battent des records et la clientèle étrangère atteint un niveau inédit. Ludovic Fagaut, maire de Besançon et président de Grand Besançon Métropole, entouré de Christine Werthe, adjointe en charge de la Citadelle et du patrimoine Unesco, de Patrick Ayache, vice-président de GBM en charge du tourisme et de Patrice Hennequin, président de l'Office de tourisme et des congrès de GBM, a présenté les chiffres et les enjeux vendredi 9 octobre 2026.

En images – La grande braderie d’automne à Besançon… c’est parti !

DIAPORAMA • La Grande Braderie d’Automne a démarré ce vendredi 9 octobre 2026 dans le centre-ville de Besançon. Organisé par l’Union des Commerçants de Besançon, l’événement réunit plus de 200 exposants et se poursuit ce samedi 10 octobre dans les principales rues et places du centre historique.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 16.96C°
nuageux
le 15/10 à 20h00
Vent
1.17 m/s
Pression
1025 hPa
Humidité
84 %

Sondage