"Nous Aussi", on vote !

Publié le 21/04/2017 - 17:54
Mis à jour le 16/04/2019 - 09:17

À Besançon, la délégation locale « Nous Aussi », soutenue par l’Adapei du Doubs, milite pour l’inclusion des personnes handicapées intellectuelles dans la société. Cela commence par le vote aux élections. Des membres de l’association ont rencontré des représentants des candidats à la présidentielle afin d’adapter leurs programmes.

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Ils sont 350.000 handicapés intellectuels en âge de voter en France. Mais la vie politique leur est encore trop inaccessible. "Elles ne sont pas toujours en mesure de comprendre le contenu des programmes politiques, ni accompagnées pour prendre des décisions éclairées et exprimer leurs opinions politiques" estime l'Unapei qui fédère les associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales. "Il est encore difficile de faire accepter l’idée que les personnes handicapées intellectuelles ont le droit de voter. Ces dernières rencontrent, en 2017, encore de nombreux obstacles pour participer à la vie démocratique de notre pays".

Création d'un programme général "facile à lire"

 C'est pourquoi les délégations locales de "Nous aussi" du Doubs se sont mobilisées dès le mois de septembre et ont mis sur pied des ateliers afin d'interroger les candidats à la présidentielle dans le but d'établir une synthèse "facile à lire"  des programmes.

Maryline Coulaud a 37 ans. Handicapée intellectuelle, elle est présidente de la délégation locale de Besançon depuis deux ans.. "Une personne handicapée intellectuelle passe plus inaperçue, car elle a tendance à se taire… Aujourd'hui, on veut vraiment être intégré et être pris en compte. Accessibilité, citoyenneté et autoreprésentation : aujourd'hui, nous voulons être reconnus."

Romaric Vieille,  responsable du service Loisirs Culture (SLCV) de l'Adapéi du Doubs a accompagné les membres de "Nous Aussi" pour rendre accessible le programme des candidats. En tout, une cinquantaine de bénéficiaires ont participé aux ateliers pour poser les questions, pour rencontrer les candidats et pour élaborer ce programme diffusé largement dans les structures adaptées du département.  "On se rend compte aujourd'hui, que l'handicap intellectuel est peu pris en compte dans une société de performance où tout va très vite, alors qu'avec un handicapé intellectuel, il faut prendre plus de temps pour expliquer…"

Les membres de "Nous Aussi" Besançon ont donc rencontré des représentants d'Emmanuel Macron, de Benoit Hamon mais aussi du Modem et EELV. Ils ont également reçu les réponses du parti de Jean-Luc Mélenchon. Sollicités, le Front National, Les Républicains, l'UPR et Debout la France n'ont pas répondu. Pas de réponse non plus de Lutte Ouvrière, du NPA de solidarité et de Jean Lassalle.

Pour Maryline, ce programme facile à lire l'a vraiment aidé à faire son choix. Si elle tient évidemment à garder son vote secret, elle y voit désormais plus clair dans les programmes. "Et puis, je me suis rendu compte que certains politiciens ne savaient même pas ce qu'était vraiment une handicapée intellectuelle. On a envie de se faire entendre. Une voix est une voix et la mienne n'est pas moins importante qu'une autre... "

 Info +

 Depuis la loi sur le handicap de 2005, "toute personne handicapée a droit à (...) l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous les citoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté". Mais les handicapés mentaux sous tutelle devaient néanmoins être autorisés à voter par une décision du juge.

 La réforme de la protection juridique des majeurs a inversé la logique en 2009: les personnes sous tutelle --dont la majorité sont des handicapés mentaux-- ont le droit de vote sauf avis contraire du juge. Entre 350 et 400.000 personnes handicapées mentales de plus de 18 ans peuvent dès lors voter, selon l'Unapei. 

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