A Mulhouse, l'incubateur "KM0", reçoit un renfort de poids avec l'école de Xavier Niel

Publié le 07/11/2021 - 18:00
Mis à jour le 06/11/2021 - 17:31

« 42 », l’école informatique d’un nouveau genre imaginée par le milliardaire Xavier Niel, fondateur de Free, ouvre lundi à Mulhouse dans le Haut-Rhin sa quatrième antenne régionale en France, une consécration pour « KM0 », vaste pépinière de start-up héritière du capitalisme mulhousien.

 © @KM0_info
© @KM0_info

Les 150 élèves qui seront retenus début 2022 pour la première promotion apporteront un nouveau souffle à ce pôle de "transformation numérique de l'industrie", né six ans plus tôt dans la ville alsacienne.

Ils rejoindront les quelque 800 actifs et étudiants déjà présents sur ce site. Start-up du digital, sociétés de services aux entreprises matures pour leur transition 4.0 ou de conseil informatique, étudiants post-bac mais aussi jeunes en décrochage scolaire qui trouvent leur voie dans le numérique cohabitent dans ce "village" imaginé pour faire circuler bonnes idées... et bonnes affaires.

La réussite de "KM0" réjouit le singulier quintette de ses fondateurs qui ne représentent qu'eux-mêmes et aucune institution.

Les entrepreneurs de la nouvelle économie Patrick Rein et Olivier Zeller, l'expert-comptable Michel Lévy, l'universitaire Gérald Cohen et l'architecte Guillaume Delemazure ont remis au goût du jour l'esprit d'initiative du capitalisme mulhousien, celui des familles Dollfus, Mieg et autres Koechlin. Il était à l'origine de révolutions technologiques, du XVIIIe au XXe siècles. Il est mis à présent au service de la nouvelle révolution industrielle, celle du numérique.

"Je toque à la porte du voisin"

Le lien entre les deux époques est incarné par le bâtiment, un ancien atelier en briques, et par son nom. "KM0" se réfère au "kilomètre zéro" qui, sur place, matérialisait le point de départ de la première ligne ferroviaire transfrontalière de France, entre Mulhouse et Bâle, en Suisse, ouverte en 1841.

"C'est bien toujours notre projet. Les collectivités apportent des soutiens financiers et techniques précieux, notre société porteuse accueille à son capital la Caisse des dépôts et le Crédit agricole, mais nous restons les pilotes de A à Z", souligne Patrick Rein.

Avec 45 structures dans ses murs, KM0 fait désormais le plein de ses 11.000 m2. "Le concept a si bien fonctionné que contrairement à un scénario plus courant, nous avons durci les critères pour y entrer", relate Gérald Cohen.

Ainsi, il doit s'agir d'entreprises industrielles ou travaillant pour l'industrie, elles doivent avoir leur centre de décision dans la région et être susceptibles de devenir fournisseur ou client d'autres "habitants" du KM0.

"Nous travaillons avec cinq autres entreprises du KM0 dont trois nous étaient complètement inconnues", explique ainsi Joël Bohrer le gérant de Nartex, un développeur d'applications mobiles. "L'effet +je toque à la porte du voisin+, ça fonctionne très bien", relève-t-il.

"Faire bouger les choses"

"Comme il est de plus en plus connu, le KM0 suscite de nombreuses visites d'industriels, qui sont autant d'occasions pour nous d'un premier contact avec eux", apprécie Jean Aron, dirigeant de la filiale française de Pro Alpha, un éditeur allemand de progiciels.

"Ici, on côtoie des gens qui sont dans la positivité, qui veulent faire bouger les choses. C'est très stimulant", abonde David Knuchel, responsable France d'Actricity, éditeur suisse de logiciels.

Autre caractéristique, "la très forte interaction quotidienne entre des écoles et des start-up dans un même lieu", a incité l'école d'informatique Epitech à implanter un établissement au KM0 depuis un an, témoigne Thomas Cruzol, son directeur du développement régional.

Le site abrite également de toutes jeunes entreprises pour leurs premiers pas, au sein du "Village by CA". Le responsable mulhousien de cet incubateur, émanation du Crédit agricole, Jean-Philippe Loir-Mongazon, voit une dernière marche à franchir pour le KM0: "On aura pleinement réussi quand les gens à Paris se diront: +J'ai une question au croisement de l'industrie-numérique à résoudre, alors je fais un saut à Mulhouse+".

(AFP)

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