Pourquoi Alstom arrête sa production de trains sur le site de Belfort ?

Publié le 08/09/2016 - 10:29
Mis à jour le 08/09/2016 - 16:15

Le groupe Alstom a annoncé ce mercredi 7 septembre 2016 l’arrêt de sa production de trains dans son usine à Belfort à l’horizon 2018. Cette charge sera transférée à Reichshoffen dans le Bas-Rhin. Pour l’heure, aucun plan social n’a été évoqué mais pour Damien Meslot, le maire de Belfort cette décision « menace directement près de 400 emplois à Belfort« . Inquiets, 13 parlementaires dont les circonscriptions accueillent des sites d’Alstom, ont décidé d’interpeller François Hollande

Le Point complet

Fragilisé par une baisse des commandes en France, le constructeur ferroviaire Alstom a annoncé mercredi l'arrêt de sa production de trains à Belfort d'ici à 2018, une nouvelle qui touchera plus de 400 personnes, accueillie avec consternation sur le site historique du TGV. Le scénario tant redouté s'est finalement produit: face à une chute programmée de 30% de la charge de travail de ses usines françaises, Alstom a sacrifié un de ses sites d'assemblage, Belfort.

Une baisse importante des commandes sur le site de Belfort

"La direction d'Alstom a partagé un projet qui vise à recentrer ses activités exclusivement sur le service", soit la maintenance de trains, tandis que "les activités d'ingénierie et de production seront progressivement, sur une période de deux ans, transférées vers le site de Reichshoffen" (Bas-Rhin), a indiqué le groupe. Confronté à "la baisse des commandes et des projets d'investissement", Alstom explique qu'il "se devait d'adapter son outil industriel pour ne pas mettre l'ensemble des sites à risque".

 "La charge du site de Belfort étant la plus impactée" par cette baisse, "la direction d'Alstom a partagé un projet qui vise à recentrer ses activités exclusivement sur le service" (maintenance des trains, ndlr), a indiqué le groupe.  Alstom explique que "la charge des 12 sites en France baissera de 30% d'ici 2018", en raison de "la baisse des commandes et des projets d'investissement", et qu'il "se devait d'adapter son outil industriel pour ne pas mettre l'ensemble des sites à risque".

Les salariés "assomés" recevront des propositions

"Tous les salariés recevront, s'ils le souhaitent, une proposition de transfert" vers d'autres sites en France d'ici 2018, assure Alstom, qui n'évoque ni fermeture ni plan social pour l'usine de Belfort, où subsistera donc l'activité de maintenance. Ce scénario a été présenté à la mi-journée aux organisations syndicales.

Devant l'usine les employés sortaient au compte-gouttes, l'air assommé. "Pour l'instant, on n'arrive même pas à en parler. Il faut digérer l'annonce qui nous a été faite en 10 minutes", explique un employé qui refuse de donner son nom. Quant aux promesses de reclassement, "il y a plein de salariés qui ne sont pas mobiles", balaye-t-il. C'est "la fermeture ni plus ni moins de Belfort", explique Olivier Kohler, délégué CFDT du site. Selon lui, sur les 500 salariés actuels, seuls les 50 affectés à la maintenance des trains resteront. "Alstom fait une croix sur son établissement historique, où a été fabriquée la première motrice TGV", a-t-il ajouté.

  • "Un vrai gâchis", regrette Claude Mandart, délégué central CFE-CGC, d'après qui il "ne resterait à Belfort qu'une centaine de personnes" d'ici à deux ans.

Inacceptable pour Pascal Novelin, délégué CGT du site. "La direction dit "On vous proposera quelque chose". Est-ce qu'on va déraciner 450 familles ?", interroge le syndicaliste. "On défendra bec et ongles notre usine. Par la grève, par tous les moyens. On ne va pas se laisser faire mettre à la porte comme des moins-que-rien".

Le député-maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, s'est dit "consterné par cette décision qui menace directement près de 400 emplois à Belfort à l'horizon de deux ans" et qui n'est selon lui "pas conforme aux engagements d'Alstom". C'est la "démonstration" que l'"on n'a pas assuré la pérennité des sites industriels en France", avance le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

 D'autres usines inquiètes

 Installée depuis 1879 à Belfort, l'entreprise y a produit sa première locomotive à vapeur en 1880, avant de se développer dans les turbines et l'énergie, activité cédée à l'américain General Electric fin 2015. Un an plus tôt, les syndicats alertaient déjà sur des menaces de suppressions de postes dans la branche transports à Belfort. Et le carnet de commandes ne s'est pas rempli depuis, Alstom voyant même lui passer sous le nez un contrat de 44 locomotives diesel, achetées à son concurrent allemand Vossloh par Akiem, filiale de la SNCF et de la Deutsche Bank.

L'usine de Belfort n'avait plus que quelques locomotives à fabriquer pour la SNCF et l'Azerbaïdjan jusqu'en 2018, puis pour la Suisse jusqu'en 2021. Celle de Reichshoffen (1.000 salariés à ce jour), où sont assemblés les trains régionaux, n'a pas beaucoup plus de visibilité: la commande de 30 trains Intercités promise en février par le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, n'a toujours pas été concrétisée. Dans un courrier à François Hollande mercredi, 13 parlementaires dont les circonscriptions accueillent des sites d'Alstom s'en inquiètent: "D'aucuns commencent à douter de la réalité de cette commande", écrivent-ils, espérant qu'il ne s'agissait pas d'un "mirage" pour "mieux faire accepter les autres annonces particulièrement pénalisantes".

Le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, recevra le PDG d'Alstom, Henri Poupard-Lafarge, "le plus tôt possible" pour "veiller à ce que la mise en oeuvre du processus de transfert de l'activité soit exemplaire et que des engagements fermes soient pris", a assuré le ministère de l'Economie et des Finances.

(avec AFP)

Info + 

Les réactions dans les articles à lire ci-dessous...

alstom belfort

Le syndicat FO Alstom s’inquiète de l’avenir du site dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron

Le syndicat central FO Alstom exprime ses inquiétudes sur l’avenir d’Alstom depuis son mariage ferroviaire avec Siemens dans une lettre ouverte au président de la République. Depuis le 27 septembre 2017,  Siemens est entré au capital d’Alstom à hauteur de 50 % dans le cadre d’un rapprochement « entre égaux ». L’État français n’est pas actionnaire du groupe. 

Le plan de sauvetage d’Alstom Transport confirmé par Bruno Le Maire

Suite à une rencontre avec les élus locaux et le préfet du Territoire de Belfort ce vendredi 4 août à Bercy, le ministre de l’Économie a déclaré qu’au-delà du plan de sauvetage, il était nécessaire de réfléchir à des mesures à plus long terme pour définir une véritable stratégie industrielle pour le groupe Alstom.

La SNCF confirme la commande de 15 TGV à Alstom

Le conseil d’administration de SNCF Mobilités a approuvé ce jeudi 23 février 2017  la commande au constructeur Alstom de 15 rames TGV, annoncée en octobre par le gouvernement pour sauver le site de Belfort, a indiqué la SNCF

Alstom : des élus demandent à François Hollande " d’user de toute son influence pour déclencher les commandes "

Dans une lettre ouverte datant de ce mardi 21 février 2017 au président de la République François Hollande, quatre élus du Territoire de Belfort lui demandent de « rassurer » les salariés d’Alstom en usant « de toute son influence pour déclencher » les commandes citées dans le plan de sauvetage de l’État. Une lettre qui prépare la visite du président à l’usine de Belfort ce mercredi 22 février.

Economie

Retour de la Grande Collecte Solidaire de jouets dans les centres de tri du Sybert… et ailleurs !

Du 16 au 29 novembre 2026, le Sybert s’associe à Ecomaison et ecosystem, pour organiser une grande collecte de jouets d’occasion dans les éco-centres de Besançon-Tilleroyes, Saint-Vit et de Thise-Chalezeule à travers sa "Grande collecte solidaire des jouets". Les centres partenaires de l'opération disposeront chacun d’un point de collecte accessible à tous les habitants lors des heures d’ouverture pour venir y déposer des jouets inutilisés, en vue de leur réemploi ou à défaut de leur recyclage.

HRV Concept : à Flagey, une entreprise lit l’état de forme dans les battements du cœur

À Flagey, Margaux et Jean-Louis Bourgon ont développé un dispositif nommé HRV Concept capable de lire l'état de forme, d’énergie et de récupération… dans les battements du cœur. Développé depuis 2023 comme marque, HRV Concept est depuis octobre 2026 devenue une société à part entière visant à commercialiser un protocole qui permet de piloter performance et bien-être dans le sport, comme en entreprise. Explications avec la dirigeante, Margaux Bourgon.

Déstockage de gazole : les distributeurs devront afficher " de manière claire " la baisse de prix

Les distributeurs de carburant devront indiquer "de manière claire par un affichage visible" le montant de la baisse de prix du gazole lié au déstockage de réserves stratégiques décidé mi-octobre par le gouvernement, selon un arrêté publié jeudi 29 cotobre 2026 au Journal officiel.

Plan d’urgence agricole : de nouvelles mesures pour soutenir les exploitations de la Haute-Saône victimes de la sécheresse

Suite des épisodes de sécheresse et de canicule qui ont fortement affecté les exploitations agricoles de la Haute-Saône, le Gouvernement complète le plan d’urgence agricole annoncé le 4 septembre.En Haute-Saône, pour le moment, 636 000 € ont été attribués au bénéfice de 205 exploitations, souligne la préfecture ce mois d’octobre 2026.

Bourgogne-Franche-Comté : hausse contenue du nombre d’inscrits à France Travail face à la moyenne nationale

La Direction régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) de Bourgogne-Franche-Comté a communiqué ce mercredi 28 octobre 2026 les chiffres relatifs à l’évolution du nombre d’inscrits à France Travail au cours du 3ème trimestre 2026.

Saison touristique 2026 : un bilan en demi-teinte pour la Vallée de la Loue

Dans un communiqué du 28 octobre 2026, l’Office de Tourisme Destination Loue Lison dresse un bilan contrasté de la saison estivale 2026. Si la fréquentation des bureaux d'accueil, des campings et du centre aqualudique Nautiloue enregistre de très bons scores — soutenue par un rayonnement digital record —, le territoire a subi toutefois "de plein fouet l'impact des épisodes de sécheresse et la baisse des dépenses des ménages". L’Office de Tourisme tire toutefois un bilan clair de cette "saison complexe qui apporte des enseignements précieux pour la préparation de l'année 2027".

L’orgue de Saint Ferjeux de 130 ans part en rénovation en 2027

VIDEO • La dernière restauration importante date de 1988. Depuis, l’orgue a vu son troisième clavier consolidé et son moteur changé. Mais les soufflets, la tuyauterie, le manchon et l’extérieur de l’orgue ne demandent qu’à avoir une seconde vie… Le début de la restauration sera lancé en 2027.

Investir chez soi : le choix de la raison et de l’engagement

PUBLI-INFO • Il n'est pas rare d'entendre vanter les mérites d'un investissement réalisé à l'autre bout de la France, sur la foi d'une plaquette séduisante ou d'un rendement affiché. Chez SMCI, notre conviction est tout autre : l'investissement immobilier le plus pertinent est bien souvent celui que l'on réalise à proximité de chez soi. Un choix qui conjugue maîtrise du risque, suivi de son patrimoine et contribution concrète au développement de son territoire.

offre d’emplois : Keolis Besançon Mobilités recrute des conducteurs.rices de bus expérimenté.ées pour le réseau Ginko

Offre d'emploi • Keolis Besançon Mobilités recrute des conducteurs et conductrices de bus expérimentés pour renforcer ses équipes sur le réseau Ginko, à Besançon. Les postes sont proposés en CDI, avec une intégration prévue le 30 novembre 2026.

Portes ouvertes Artemis à Besançon : jusqu’à -60% sur le mobilier et les végétaux ! Venez découvrir et échanger sur vos projets extérieurs !

QUOI DE 9 ? • Dans la suite du Salon de l’Habitat, les équipes Artemis vous donnent rendez-vous les 29, 30 et 31 octobre dans leur showroom de Besançon.
Trois journées pour découvrir les différents univers de l’entreprise, profiter du DESTOCKAGE de la boutique Outdoor et échanger directement avec les professionnels autour de vos projets.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage