Alstom: Montebourg juge le projet de fermeture "inacceptable" et dénonce la politique du "laissez-faire"

Publié le 08/09/2016 - 09:39
Mis à jour le 08/09/2016 - 09:39

Arnaud Montebourg, ex-ministre PS de l’Economie et candidat à l’Elysée, a qualifié ce jeudi 8 septembre « d’inacceptable » le plan de fermeture du site de production d’Alstom à Belfort, énonçant la politique du « laissez-faire ».

"Cette fermeture programmée par la direction d'Alstom me paraît inacceptable! D'abord parce que c'est un site emblématique, ce sont des savoir-faire de plus d'un siècle et surtout c'est un site de fabrication de locomotives qui normalement devrait avoir l'avenir devant lui", a déclaré l'ancien ministre du Redressement productif, interrogé sur France 2 au sujet de l'annonce mercredi du constructeur ferroviaire Alstom de l'arrêt de sa production de trains à Belfort.

"Il faut que Alstom présente un site alternatif. Car on ne peut pas laisser partir un savoir-faire et un site industriel aussi important", a-t-il ajouté. Installée depuis 1879 à Belfort, l'entreprise y a produit sa première locomotive à vapeur en 1880, avant de se développer dans les turbines et l'énergie, une activité cédée à l'américain General Electric (GE) fin 2015, après de longues négociations. Lors de celles-ci, M. Montebourg, alors ministre, avait d'abord défendu une offre concurrente avant de soutenir la proposition améliorée de GE.

Alstom a annoncé ce mercredi 8 septembre 2016 que la production de trains de son usine de Belfort sera "transférée" à Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici 2018. M. Montebourg estime que cette décision est le fruit de la politique du "laissez-faire".

"La politique du laissez-faire consiste à dire on ne s'en occupe pas. Quand l'Etat est présent dans le capital d'Alstom, dans le capital de la SNCF, le minimum, c'est d'avoir une politique de patriotisme économique. Ce que moi j'appelle le Made in France", a ajouté l'ancien ministre, qui lors des négociations pour la vente de l'activité turbines et énergie d'Alstom, avait cosigné un décret avec Manuel Valls pour élargir à l'énergie et aux transports le mécanisme de protection des entreprises stratégiques contre les appétits étrangers.

"Est-ce qu'on sait qu'au mois de juillet, la SNCF vient d'acquérir 44 locomotives allemandes!", s'est insurgé le chantre du Made in France, en référence à la commande remportée par Vossloh, concurrent allemand d'Alstom, auprès d'Akiem, filiale de la SNCF et de la Deutsche Bank.

(AFP)

alstom belfort

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