Après son échec avec Renault, Fiat Chrysler veut se fiancer avec PSA

Publié le 30/10/2019 - 09:32
Mis à jour le 30/10/2019 - 10:54

Quelques mois après sa fusion avortée avec Renault, le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler discute d’un rapprochement avec l’autre grand groupe français du secteur, PSA, afin de donner naissance au numéro 4 mondial du secteur.

©Groupe PSA, direction de la communication ©
©Groupe PSA, direction de la communication ©

Après des informations de presse mardi soir faisant état de telles négociations, les deux groupes ont confirmé mercredi 30 octobre 2019 au matin des discussions afin de créer un géant valorisé à quelque 50 milliards de dollars.

"Suite aux récentes informations concernant une possible opération stratégique entre le groupe PSA et le groupe FCA, Fiat Chrysler Automobiles confirme que sont en cours des discussions visant à créer un groupe parmi les leaders mondiaux de la mobilité", a indiqué FCA dans un communiqué de quelques lignes, où il précise n'avoir "rien d'autre à ajouter pour le moment".

Même commentaire laconique de PSA, qui a confirmé que "des discussions sont en cours en vue de créer l'un des principaux groupes automobiles mondiaux".

Une source proche du dossier a expliqué à l'AFP que les deux groupes discutaient d'une fusion entre égaux. D'autres options sont également sur la table, a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.

Le président du directoire de PSA Carlos Tavares deviendrait directeur général de la nouvelle entité, dont le conseil d'administration serait présidé par le patron de Fiat Chrysler (FCA) John Elkann, héritier de la dynastie Agnelli.

Il n'y a néanmoins aucune garantie que ces discussions aboutissent à un accord, a mis en garde cette source, en confirmant des informations du Wall Street Journal.

PSA a vendu 3,9 millions de véhicules l'an dernier, réalisant un chiffre d'affaires de 74 milliards d'euros. FCA a de son côté écoulé 4,8 millions de véhicules, pour 110 milliards.

A la Bourse de Paris, le groupe français affiche une capitalisation de 22,54 milliards d'euros, tandis que la valorisation boursière de FCA, cotée à Wall Street et à Milan, varie: elle est d'un peu plus de 28,1 milliards de dollars aux Etats-Unis et de 20,74 milliards d'euros à Milan.

Leur union donnerait naissance au numéro 4 mondial du secteur en nombre de véhicules vendus (sur la base des chiffres annuels 2018). Il pointerait derrière Volkswagen, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota, et aurait à son catalogue les marques Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

Cette fusion permettrait au groupe français de revenir par la grande porte sur le marché américain, où FCA, via les marques Jeep et les pickups Dodge RAM, détient des parts de marché importantes sur les segments présentant les marges les plus lucratives.

Complémentarité

FCA a de son côté besoin d'un partenaire en Asie, où il est très peu présent, et qui consolide ses positions en Europe, où le groupe est moins fort, a récemment expliqué à l'AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école de commerce de Polytechnique à Milan.

Le groupe, qui vit surtout en Europe des ventes de la citadine Fiat 500, a vu sa part de marché y fondre de 6% en 2010 à 4,6% l'an dernier, sa gamme de véhicules n'y ayant pas été suffisamment renouvelée.

"Tant le groupe FCA que PSA ont besoin d'une alliance" et "ce n'est pas la première fois que Elkann et Tavares se parlent"Marco Bentivogli,  secrétaire général du syndicat Fim-Cisl. (agence italienne AGI)

Une fusion doit notamment permettre de mettre les énergies en commun pour faciliter la transition vers les véhicules électriques, où FCA a pris du retard. Ces discussions interviennent quelques mois seulement après un projet avorté de fusion entre Fiat Chrysler et Renault, le numéro un français de l'automobile.

Le groupe italo-américain avait rapidement jeté l'éponge, n'ayant pas pu obtenir un engagement du français, freiné par l'Etat actionnaire.

L'Etat français est aussi présent au capital de PSA, via la banque publique d'investissement Bpifrance qui détient environ 12%. Bercy s'est refusé à tout commentaire après l'annonce des discussions entre FCA et PSA.

PSA n'a jamais caché son intérêt pour une consolidation du secteur automobile. M. Tavares s'était dit "ouvert à toute opportunité qui pourrait se présenter". "Tout est ouvert, si on gagne de l'argent, on peut rêver de tout", avait-il dit en mars au salon de Genève, quand des articles de presse le jetaient déjà dans les bras de FCA.

  • PSA a poursuivi ces dernières années une politique axée sur la rentabilité des ventes et l'efficacité opérationnelle, plutôt que sur la recherche de volumes à tout prix.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

À Besançon, le restaurant L’Unalôme inaugure un nouvel espace culturel… dans sa cave

Référence reconnue de la scène gastronomique bisontine depuis 4 ans, le restaurant L’Unalôme annonce l’élargissement de son activité avec l’ouverture d’un espace dédié à la culture et à l’événementiel. Installé dans une cave voûtée réaménagée, ce nouveau lieu accueillera à la fois une programmation artistique régulière et des événements privatifs, a-ton appris ce mardi 20 janvier.

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Ambiance bar à jeux et cuisine mexicaine pour la réouverture du Pixel à Besançon

Situé en plein coeur de la Cité des Arts, le Pixel a fermé ses portes le 1er décembre 2023. Deux ans plus tard, le voilà qu’il s’apprête à rouvrir ses portes sous l’impulsion d’Eric Grux, Jocelyn Lamy et Johann Donnenwirth. À eux trois, ils représentent respectivement les entreprises Jinic Media, Lamy traiteur (Samouraï sushis) et les Jeux de la Comté et ont décidé d’unir leurs forces pour transformer Le Pixel en restaurant, coffee shop et bar à jeux, nommé Taqueria Quest. La pré-ouverture aura lieu le 30 janvier 2026 et l’ouverture officielle est prévue pour la fin du mois de février. 

Logement neuf : un marché national en repli, des signaux de résilience à Besançon

Dans un contexte national marqué par un ralentissement de la production de logements neufs, l’année 2025 apparaît contrastée pour Besançon. Si la baisse des ventes et des mises en chantier est nette, certains indicateurs locaux traduisent une capacité d’adaptation du marché et une confiance maintenue des opérateurs. Explications avec Fabrice Jeannot, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers Bourgogne Franche-Comté ce lundi 19 janvier.

Le fisc réclame des millions d’euros de redressement à General Electric Belfort

Le fisc français a notifié un important redressement au groupe industriel GE Energy Products France (EPF), filiale de la multinationale américaine GE Vernova, lui reprochant d'avoir artificiellement réduit son bénéfice imposable de 212 millions d'euros, a-t-on appris vendredi auprès du CSE de l'entreprise basée à Belfort.

Jott en redressement judiciaire : les cinq boutiques de Besançon, Belfort, Dijon et Chalon-sur-Saône surveillées

Le tribunal des activités économiques de Marseille a décidé le 18 décembre 2025 de placer la société SAS JOTT sous le régime du redressement judiciaire. Cette procédure, déclenchée en raison d’une situation de cessation des paiements, ouvre une période d’observation de six mois durant laquelle la viabilité de l’entreprise sera examinée. Une audience clé est prévue le 5 février 2026.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 6.85
couvert
le 21/01 à 15h00
Vent
1.58 m/s
Pression
1003 hPa
Humidité
72 %