Chez Renault et Stellantis, le moral des salariés en berne face aux incertitudes

Publié le 18/10/2021 - 13:25
Mis à jour le 18/10/2021 - 10:06

Covid-19, pénurie des semi-conducteurs, baisse des ventes, suppressions de postes, transition vers les véhicules électriques… Chez les industriels de l’automobile Renault et Stellantis, l’accumulation des incertitudes plombe le moral des salariés français, « loin d’être sortis du tunnel », rapportent les syndicats.

 © Groupe PSA, Direction de la communication
© Groupe PSA, Direction de la communication

"L'avenir à court terme est très imprévisible. (...) Les salariés n'en voient pas le bout, ça génère beaucoup d'inquiétude, d'angoisse et de risques psycho-sociaux", s'alarme Christine Virassamy, déléguée syndicale centrale CFDT de Stellantis.

Dans les usines touchées par le chômage partiel, les salariés ne savent s'ils travaillent que "la veille pour le lendemain", critique-t-elle. "Les constructeurs apprennent au tout dernier moment les semi-conducteurs dont ils vont disposer", a expliqué Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA, qui rassemble la filière automobile en France), sur BFM Business.

Le manque de composants électroniques, "personne ne s'attendait à ce que ça prenne une ampleur pareille", souligne Frédéric Lemaytch, syndicaliste CFTC à l'usine Stellantis de Poissy (Yvelines).

"On arrête des équipes complètes. C'est du jamais-vu" et "on est loin d'être sortis du tunnel", craint-il. "Il va falloir que les choses évoluent, sinon l'élastique va finir par craquer", prévient-il.

"Plongée dans l'inconnu"

À côté de cette "crise conjoncturelle" d'approvisionnement, "qui s'étale dans le temps", l'industrie automobile doit affronter une "phase structurelle très lourde de transformation à la fois de son produit et de son modèle" vers la neutralité carbone, rappelle Bruno Azière, secrétaire national de la CFE-CGC Métallurgie.

Or pour fabriquer un moteur électrique, il faut "six à sept fois moins de pièces que pour un moteur thermique", précise Gabriel Artero, président de cette fédération syndicale. Et "3,5 fois moins de temps", complète un professionnel du secteur. Avec "moins de personnels", ajoute un autre.

"Ça plonge dans l'inconnu des salariés", qui déjà "payent par de la flexibilité" la situation chaotique actuelle, relève M. Lemaytch.

"Les salariés sont inquiets à juste raison", estime Mme Virassamy. Chez Stellantis, "tous les sites sur activité thermique entendent tout le temps qu'ils vont disparaître" et la direction renvoie au prochain "plan stratégique" attendu fin 2021 ou début 2022, indique-t-elle.

"Pressions dans tous les sens"

Chez Renault, la nouvelle stratégie est connue depuis janvier. Objectifs de cette "Renaulution": baisse du nombre de véhicules produits, hausse de la rentabilité, nouveaux véhicules 100% électriques. Mi-septembre, syndicats et direction ont démarré les négociations d'un accord social pour la période 2022/24 en France. Au programme: temps de travail, formation, effectifs.

Si la direction dit vouloir "développer ses activités à forte valeur ajoutée" dans l'Hexagone et y embaucher 2.500 personnes, dont 2.000 pour ses usines, elle veut aussi supprimer 1.600 postes dans l'ingénierie et 400 dans les fonctions support. Deux activités déjà frappées par 2.500 suppressions d'emplois dans le plan d'économies lancé au printemps 2020 par Renault, un groupe en difficulté avant la pandémie.

"Dans l'ingénierie, le climat est compliqué. Il y a des pressions dans tous les sens", se tourmente un syndicaliste sous couvert de l'anonymat.

Au centre technique d'essais de moteurs de Lardy (Essonne), "du travail a été retiré, des projets supprimés. Il y a de très fortes incertitudes pour une partie des salariés. On est inquiets pour la santé de certains qui ne vont vraiment pas bien", alerte Florent Grimaldi, délégué CGT du site. Ceux chargés de la mise au point "des derniers moteurs thermiques ou hybrides sont surchargés de travail", mais ils sont "sans perspectives" car la direction "ne sait pas leur garantir l'avenir".

Côté production, malgré les embauches annoncées, "c'est très tendu" à l'usine de Cléon (Seine-Maritime), où le personnel a débrayé deux fois ce mois-ci à cause des négociations sociales en cours, signale William Audoux, responsable CGT.

À Sandouville (Seine-Maritime), l'usine a fermé vendredi "pour 15 jours d'affilée", alors que "les carnets de commande sont remplis (...). Les salariés s'inquiètent", pointe Fabien Gloaguen, délégué FO. Quant aux intérimaires, qui "ne bénéficient pas" de l'accord sur le chômage partiel, "ils ne seront pas payés".

(AFP)

Economie

Annie Genevard invite industriels et distributeurs à “se remettre autour de la table”

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a appelé jeudi 16 avril 2026 industriels et distributeurs à "se remettre autour de la table" pour voir comment "partager" les coûts supplémentaires qu'entraînera l'inflation liée à la guerre au Moyen-Orient, sans nécessairement rouvrir les négociations commerciales "qui ont été dures".

L’Assurance Maladie recherche un masseur kinésithérapeute du service médical (H/F)

OFFRE D'EMPLOI • Vous êtes masseur kinésithérapeute et souhaitez changer de carrière sans changer de métier ? Devenez praticien conseil au sein de l'Assurance Maladie.
Depuis 80 ans, l'Assurance Maladie joue un rôle majeur au service de la solidarité nationale. Notre mission ? Gérer les risques liés à la maladie, la maternité, le décès, et les risques professionnels, en lien avec les assurés, les professionnels de santé, et les employeurs.

Mignotgraphie recherche un Commercial Développeur (H/F) – Impression grand format & projets sur-mesure

OFFRE D'EMPLOI • Envie de relever un nouveau défi commercial dans un environnement technique et créatif ?
Mignotgraphie recrute un commercial développeur pour accompagner sa croissance et piloter des projets sur-mesure en impression grand format.
Au cœur des échanges entre clients, bureau d’étude et production, vous jouerez un rôle clé dans le développement de l’activité et la réussite des projets, au sein d’une entreprise reconnue pour son savoir-faire.

Le Département veut convaincre les propriétaires bailleurs privés du Doubs d’oser la location solidaire

VIDÉO • Porté par la maison de l’Habitat du Doubs, le Département et ses partenaires (Agence nationale de l'habitat, Action Logement, Soliha, Habitat & Humanisme), l'événement "les 10 jours des propriétaires bailleurs privés du Doubs" est une initiative visant accompagner les propriétaires et investisseurs immobiliers. Du 20 au 30 avril 2026, l’objectif sera de mettre en avant les dispositifs dont le Département bénéficie et de les porter à la connaissance des habitants du Doubs.

Le Crédit Agricole Franche-Comté met à l’honneur l’engagement des clubs de football locaux

PUBLI-INFO • Le Crédit Agricole Franche-Comté a organisé, vendredi 10 avril 2026, une journée dédiée à la valorisation de l’engagement citoyen des clubs de football du territoire.
À cette occasion, 26 clubs et 36 équipes de Franche-Comté ont été distingués dans le cadre des Labels fédéraux Crédit Agricole et du Programme Éducatif Fédéral (PEF).

Les Maîtres Cuisiniers de France de passage dans la région pour dévoiler leur Guide 2026

Sous l’impulsion de Christian Têtedoie, président des Maîtres Cuisiniers de France, l’association dévoile son Guide 2026, parrainé par Catherine Dumas, à l’occasion d’une série de rendez-vous régionaux qui mettront à l’honneur les nouveaux intronisés. La tournée passera par la région avec un rendez-vous prévu le 18 mai 2026 à Bethoncourt.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 18.77
nuageux
le 16/04 à 15h00
Vent
1.97 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
60 %

Sondage