Chirurgie ambulatoire : de nouvelles expérimentations en Bourgogne Franche-Comté

Publié le 05/09/2016 - 17:15
Mis à jour le 17/04/2019 - 11:09

En Bourgogne Franche-Comté, 49 % des interventions sont pratiquées en chirurgie ambulatoire. Si la région est en retard par rapport à la moyenne nationale (51,9%), elle expérimente de nouvelles techniques comme au pôle mère-enfant de l’hôpital Nord Franche-Comté ou à la clinique Saint-Vincent de Besançon.

 ©
©

"Opéré le matin, à la maison le soir". C'est le principe de la chirurgie ambulatoire. Mais une hospitalisation de moins de 12 heures nécessite toutefois une nouvelle organisation des soins post et préopératoires afin de garantir la sécurité des patients. "Il y a les classiques de la chirurgie ambulatoire comme la cataracte. Mais aujourd'hui, les progrès réalisés et l'évolution des techniques, la réorganisation interne dans les établissements en lien avec les structures de villes (médecins généralistes) permettent des sorties précoces sur des chirurgies plus invasives" explique Olivier Obrecht, vice-président de l'ARS Bourgogne Franche-Comté (agence régionale de santé). "Le taux des actes en ambulatoire ont explosé en deux ans avec dans la région près d'un acte sur deux. Mais tout dépend également de la volonté des acteurs de santé…"

En 2020, l'objectif est d'atteindre 60 % de chirurgie ambulatoire en France

L'ARS ne le cache pas. La réduction des coûts sur les établissements de santé et sur l'assurance maladie est un enjeu pour "la viabilité d'un système de santé performant". Benoit Bielher, responsable du secteur de régulation à la CPAM (caisse primaire d'assurance maladie) du Doubs dit partager l'objectif d'intensifier les actions en faveur de la chirurgie ambulatoire. "Au cours du premier semestre 2016, huit établissements de santé -  dont six en Bourgogne -  ont passé avec nous une mise sous accord préalable" explique-t-il.  "En clair, il s'agit de soumettre à un accord de l'assurance maladie - pour une durée de six mois - la réalisation en hospitalisation complète de certains gestes opératoires courants et non urgents. Cette procédure permet de sensibiliser les équipes médicales sur les possibilités de réaliser certaines opérations en ambulatoire."

Autre levier de l'assurance maladie : le programme PRADO ((programme d'accompagnement du retour à domicile). Ce dernier facilite l'organisation de la sortie d'hospitalisation avec un service de prise de rendez-vous anticipée avec les professionnels de santé et le déclenchement d'aides à domicile comme le portage des repas, etc. En parallèle, les médecins généralistes de Franche-Comté ont été sensibilisés par la visite de délégués de l'assurance maladie pour promouvoir l'ambulatoire et rassurer in finé les patients.

"Les bénéfices sont multiples pour le patient et le système de santé. Il a fallu du temps, mais aujourd'hui l'enchainement est de plus en plus rapide.  On va de plus en plus loin dans l'innovation" explique Hélène Dhuic, médecin de santé publique à l'ARS Bourgogne Franche-Comté. "On envisage par exemple de mettre des prothèses de hanches en ambulatoire. Cela se fait déjà dans certains établissements en France. On envisage aussi des colectomies partielles (ablation d'un bout du colon). Cela paraît irréaliste, mais cela se pratique déjà..." 

  • Aujourd'hui en Franche-Comté, les chirurgies de la hernie discale, la ligamentoplastie du genou, la tumorectomie et mastectomie pour cancer ou la chirurgie de l'oreille moyenne peuvent être pratiquées, selon les établissements, en ambulatoire. 

Info +

Chirurgie ambulatoire : retour d'expériences

À la clinique Saint-Vincent de Besançon, 51,1% des séjours répertoriés en chirurgie sont réalisés en ambulatoire. Grâce au concept de chirurgie mini-intrusive, la ligamentoplastie du genou est réalisée à 71 % en ambulatoire (43 % en 2014) un taux qui atteint même 90 % pour un des chirurgiens de la clinique. Cette technique et cette prise en charge centrée sur le patient permettent selon la clinique de favoriser une récupération plus rapide.

À l'hôpital Nord Franche-Comté, le taux de chirurgie ambulatoire est passé de 48,24% en 2015 à 51,75% début 2016. La première prise en charge du cancer du sein en ambulatoire date du 20 mars 2015 après "un travail intense de coordination pour sécuriser le chemin de la patiente". Ce type de chirurgie initialement réservé à la chirurgie mammaire conservatrice s'est étendu en 2016 à la chirurgie dite radicale. "Sur 70 patientes, 62% se déclarent être très satisfaites de cette prise en charge et 77 % d'entre elles ont vu un réel bénéfice de ce type d'hospitalisation" précise le Dr Catherine Gay, chirurgien gynécologue. "Il y a toute une organisation avant et après l'opération : les radios en amont, la prise de rendez-vous anticipée chez le kiné, l'appel du lendemain, etc. C'est une démarche qui demande un travail intense en amont pour sécuriser le chemin clinique de la patiente…"

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Santé

Stimuler le cerveau sans chirurgie : un chercheur bisontin au cœur d’un ouvrage international

Un nouvel ouvrage collectif, Le Manuel de la stimulation cérébrale transcrânienne non invasive dans le domaine cognitif : méthodes, psychophysiologie, neuroamélioration et applications thérapeutiques, est paru le 8 décembre 2025 et dresse un état des lieux approfondi des connaissances et des perspectives dans le champ de la neuromodulation cérébrale. L’ouvrage est co-édité notamment par le professeur Vincent Van Waes, directeur du Laboratoire de Recherches intégratives en neurosciences et psychologie cognitive (UMR INSERM 1322) à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon.

Jobs d’été 2026 : le CHU de Besançon ouvre ses recrutements aux étudiants

Le CHU de Besançon lance sa campagne de recrutement pour les jobs d’été 2026. Comme chaque année, l’établissement hospitalier propose environ une centaine de remplacements destinés aux étudiants pendant la période estivale, qui s’étend du 15 juin au 30 septembre. Les candidatures sont ouvertes dès à présent et jusqu’au 27 février 2026.

Épiphanie : la Brioche des rois d’Anne Sallé pour lâcher-prise…

L'anti-stress avec Anne Sallé • L’Épiphanie pointe le bout de son nez avec son parfum d’amandes ou de fleurs d'oranger, de beurre chaud et de convivialité. On tire les rois, on cherche la fève… c'est jouissif, mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : le plaisir simple d’être ensemble. Et si, dans notre quotidien souvent pressé, la galette devenait bien plus qu’une tradition gourmande : un véritable moment de bien-être comme Anne Sallé, notre coach anti-stress, vous y invite tant.

Les conseils de Valentin Caput : et si en 2026 on arrêtait de se prendre la tête avec son assiette ?

L'oeil de la diet' • En ce début d'année, les bonnes résolutions fleurissent : manger mieux, faire attention, perdre quelques kilos... Souvent avec beaucoup de bonne volonté et parfois un peu trop de sévérité... On fait le point avec notre nutritionniste Valentine Caput qui vous délivre les bons conseils pour débuter sereinement 2026. 
 

Qualité de l’air en Bourgogne Franche-Comté : une hausse des particules fines observée en cette fin d’année

Depuis plusieurs jours, la qualité de l’air se dégrade sous l’effet d’une hausse des concentrations en particules fines. Selon les informations d'Atmo Bourgogne Franche-Comté lundi 29 décembre 2025, "les concentrations en particules fines augmentent progressivement". Les conditions météorologiques actuelles expliquent en grande partie cette situation : un temps froid et sec favorise leur accumulation dans l’air, en limitant leur dispersion.

Don du sang : les réserves fragilisées par les fêtes de fin d’année

"Et si, cette année, le plus beau cadeau n’était pas sous un sapin ?" C’est par cette question que l’Établissement français du sang interpelle pour rappeler "que le plus beau des cadeaux c’est de donner" son sang surtout dans une période comme celles des fêtes de fin d’année où "la mobilisation est plus que jamais nécessaire". 

16 structures labellisées “France Santé” en Haute-Saône

Sous la conduite du préfet de la Haute-Saône et de l’agence régionale de santé, et en partenariat avec le conseil départemental et les acteurs locaux, seize structures ont été labellisées France Santé en Haute-Saône en 2025. Il s’agit d’une offre de soins de proximité rapide, lisible et équitable, a-t-on appris dans un communiqué de la préfecture.

En France, la grippe s’invite aux fêtes de d’année

L’activité des infections respiratoires aiguës (IRA) a connu une nette augmentation en France durant la semaine 50, comprise entre le 8 et le 14 décembre 2025, selon le dernier bulletin national de Santé publique France. Cette hausse concerne l’ensemble des classes d’âge et est principalement portée par la circulation des virus grippaux.Dans ce contexte, les autorités sanitaires alertent sur un risque accru de recours aux soins dans les semaines à venir et rappellent l’importance des mesures de prévention à l’approche des fêtes de fin d’année.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 7.06
légère pluie
le 08/01 à 21h00
Vent
7.62 m/s
Pression
1006 hPa
Humidité
92 %