Huiles, farines, pâtes : tension dans les magasins mais pas de panique, assurent les professionnels

Publié le 07/04/2022 - 15:13
Mis à jour le 07/04/2022 - 15:13

Les rayons d’huiles, de farines ou de pâtes dans les magasins sont soumis depuis quelques semaines à davantage de tensions d’approvisionnement, en raison notamment d’achats de précaution des consommateurs, mais les professionnels sont rassurants sur les stocks à court terme.

 © Damien Poirier
© Damien Poirier

Le panéliste de référence sur les ventes en grandes surfaces, NielsenIQ, explique à l'AFP avoir observé une augmentation des problèmes de disponibilité de certains produits en rayon.

Du 21 février au 27 mars, les huiles, la farine et les pâtes ont vu "leurs nombres d'incidents de rupture en grande distribution", hors les discounters Lidl ou Aldi, "croître de manière plus ou moins significative", respectivement de 37 % pour les huiles, de 26 % pour la farine et de 21 % pour les pâtes alimentaires, dit à l'AFP Nicolas Léger, directeur analytique chez NielsenIQ.

"Pas de pénurie"

Plusieurs représentants du secteur de la grande distribution ont martelé ces derniers jours qu'il n'y avait aucun risque de pénurie sur l'ensemble des produits commercialisés.

"En France, aujourd'hui, il n'y a pas de pénurie pour la consommation courante et il n'y en aura pas jusqu'à l'été", a déclaré dimanche sur BFMTV le président du comité stratégique E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc. "Des pâtes, il y en a. Pour l'huile de tournesol, nos stocks vont jusqu'à juin".

"Sur l'huile de tournesol, il y a un peu d'achats de précaution mais on n'est pas en pénurie complète de l'approvisionnement", a aussi déclaré mardi le patron de Système U, Dominique Schelcher, au micro de Radio Classique. "Les gens font des stocks et c'est ce qui peut vider les rayons actuellement, mais il y aura de nouveau de la marchandise. Pas forcément toutes les marques, mais il y aura des produits, pas de panique".

Les rayons vides s'expliquent par la tension sur l'approvisionnement créée par ces achats de précaution et un phénomène de stockage "plus important qu'à l'habitude", selon Nicolas Léger de NielsenIQ. Un phénomène également observé lors des premiers mois de l'épidémie de Covid-19.

"On dit et répète de ne pas s'inquiéter, qu'il n'y a pas de pénurie, mais le fait d'en parler attire l'attention de certains consommateurs, qui au lieu d'acheter un litre d'huile vont en acheter trois", poursuit auprès de l'AFP Thierry Desouches, porte-parole de Système U. "Or, la chaîne d'approvisionnement est dimensionnée pour un certain volume, et si ce dernier est démultiplié, il peut y avoir ce genre de rupture" alors qu'il n'y a pas de problème de stock.

Cocktail d'incertitudes

"Le contexte actuel crée de l'incertitude au sein des foyers français", qui ont successivement subi "période inédite de coronavirus, reprise mondiale sans précédent, tensions sur les matières premières, inflation et conflit en plein coeur de l'Europe", synthétise NielsenIQ. "Nous lisons ainsi une transcription de ces tensions sur les achats en magasin".

A l'inverse, l'augmentation du nombre de ruptures est plus modéré "sur certaines familles dîtes sensibles ou exposées, telles que le sucre (+8 %) ou le riz (+5 %)", précise Nicolas Léger.

Concernant l'huile de tournesol, utilisée dans de nombreux produits transformés, le problème de pénurie pourrait se poser après l'été, dans la mesure où l'Ukraine en est le premier exportateur mondial.

Fin mars, le ministre ukrainien de l'Agriculture avait estimé que l'invasion russe risquait de diviser par deux la prochaine récolte de céréales.

Les Ukrainiens "vont semer partout où c'est possible" mais seulement "50 % à 75 % des territoires" vont pouvoir être exploités, soulignait Mykola Solsky, qui indiquait en outre que nombre d'agriculteurs avaient "rejoint l'armée ou la défense territoriale", créant une pénurie de main d'oeuvre.

Les semis ont bien commencé en Ukraine, mais si les volumes de tournesol ne sont pas au rendez-vous, "cela posera problème pour l'huile de tournesol et pour l'industrie agro-alimentaire", reconnaît Thierry Desouches. Même s'ils sèment, il faudra en outre sortir la marchandise d'un pays aujourd'hui coupé des routes commerciales.

Une incertitude qui pourrait accroître encore la tentation des achats de précaution.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

Mercosur : le Département du Doubs refuse les produits ne respectant pas les normes européennes pour ses cantines

Le Département du Doubs a annoncé le 30 janvier 2026, une position claire concernant l’approvisionnement alimentaire de ses collèges publics, dans le contexte de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. La collectivité affirme vouloir garantir une cohérence entre les exigences imposées aux agriculteurs français et le contenu des repas servis aux collégiens.

Sécurité des interventions : Enedis et le SDIS du Doubs renforcent leur coopération

Enedis en Alsace Franche-Comté et le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) du Doubs ont officialisé mercredi 28 janvier 2026 la signature d’une convention de partenariat opérationnel. L’objectif est d’améliorer la sécurité et la coordination lors des interventions impliquant un risque électrique ou des situations de terrain complexes.

4e édition du Festival des solutions écologiques : les candidatures sont ouvertes

La Région Bourgogne Franche-Comté organise la 4e édition du Festival des solutions écologiques, un événement ouvert à l’ensemble des habitants du territoire souhaitant devenir "porteur de solutions" et participer activement à la transition écologique. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 27 février 2026.

Un appel à témoignages auprès de personnes actives atteintes de SEP ou de Parkinson

L’Observatoire Régional de la Santé Bourgogne–Franche-Comté (ORS BFC) lance, ce mois de janvier 2026, un appel à participation dans le cadre d’un projet de recherche consacré aux maladies neuro-évolutives et au travail. Intitulé Heritafe, le projet s’intéresse aux parcours professionnels de personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) ou de maladie de Parkinson.

Symboles des handicapes invisibles, des tournesols fleurissent sur le réseau Ginko

Mardi 27 janvier 2026, Kéolis Besançon Mobilité, exploitant du réseau Ginko pour Grand Besançon Métropole, a présenté la dernière phase de déploiement du projet "Sunflower - Hidden Disabilities", autrement dit le dispositif "Tournesol" auquel le groupe vient récemment d’adhérer. Ce dernier permet aux personnes porteurs d’un handicap invisible de signaler discrètement un besoin d’assistance grâce à un symbole facilement reconnaissable, un cordon vert orné de fleurs de tournesols.  

Alcool et stupéfiants : opération de contrôle au centre d’examen du permis de conduire de Besançon

VIDÉOS • Ce jeudi 22 janvier 2026, une opération de police effectuée dans le cadre de lutte contre les dérives au volant et les comportements dangereux a eu lieu au centre d’examen du permis de conduire de Besançon. 

Contrôle de police : 32 infractions en moins de deux heures boulevard Blum à Besançon

Mercredi 21 janvier 2026, en fin d’après-midi, une opération de contrôle routier a été menée à un carrefour identifié comme sensible par les forces de l’ordre, à l'intersection entre le boulevard Léon Blum et la rue Chopin. Pas moins de 32 infractions ont été relevées en 2h00.

Besançon veut renouveller son soutien à la Maison des femmes avant son ouverture en mars 2026

La Ville de Besançon a présenté, mercredi 21 janvier 2026, une délibération portant sur un nouveau soutien financier au fonctionnement de la future Maison des femmes, dont l’ouverture est prévue le 3 mars prochain. Cette présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse conduite par Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs élues, à l’approche du conseil municipal, le 22 janvier.

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 6.03
couvert
le 30/01 à 18h00
Vent
1.82 m/s
Pression
1000 hPa
Humidité
93 %