Les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté encore prudentes dans leur transition énergétique

Publié le 18/10/2025 - 15:00
Mis à jour le 18/10/2025 - 16:38

La Fédération Crédit Agricole Bourgogne Franche-Comté, qui regroupe les caisses régionales de Franche-Comté, Champagne-Bourgogne, Centre Loire et Centre Est, a publié début octobre 2025 la deuxième édition de son baromètre annuel sur la maturité énergétique et environnementale des entreprises régionales.

 © mwitt1337/Pixabay
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Réalisée par l’institut CSA entre le 20 mai et le 1?? juillet 2025 auprès de 500 entreprises de 10 salariés et plus, l’étude vise à évaluer la maturité des entreprises dans la transition écologique, à identifier leurs attentes et leurs freins, et à adapter les actions d’accompagnement de la Fédération.

Une sensibilisation réelle mais des moyens limités

Le baromètre révèle que 95 % des entreprises interrogées suivent leur consommation énergétique, mais avec peu de moyens dédiés. La grande majorité d’entre elles le fait à partir des factures (89 %), souvent sur Excel ou un outil similaire (45 %), et seules 28 % utilisent une plateforme dédiée. Cinq pour cent ne réalisent aucun suivi.

Malgré cet intérêt, seulement 33 % des entreprises ont nommé une personne dédiée à la gestion énergétique, et 68 % n’ont aucun plan d’action en la matière. « Les entreprises les plus petites et celles du secteur tertiaire sont les plus réfractaires », précise l’étude, avec 46 % des entreprises du tertiaire et 41 % des structures de 10 à 49 salariés qui n’envisagent aucun plan.

Des actions simples privilégiées, les investissements lourds en retrait

Les mesures les plus répandues restent celles "simples et peu coûteuses" :

  • 82 % ont remplacé leurs lampes par des LED,
  • 65 % ont optimisé leur contrat d’énergie.

En revanche, les actions plus engageantes sont minoritaires :

  • 32 % ont réalisé des travaux d’isolation,
  • 21 % produisent de l’énergie sur site,
  • 14 % ont mis en place un système de gestion technique du bâtiment.

Plus d’une entreprise sur deux n’a ni réalisé d’audit énergétique ni bilan carbone au cours des trois dernières années.

Entre volonté et inertie

Si les sujets énergétiques et environnementaux obtiennent une note d’importance moyenne de 7,1/10, les entreprises leur accordent une priorité de 6,5/10, en baisse par rapport à 2024 (6,9/10). L’étude souligne : "Il y a un décalage entre la priorité que les entreprises considèrent accorder aux actions d’efficacité énergétique (…) et la réalité de leurs pratiques."

Les grandes entreprises de plus de 50 salariés se montrent plus avancées, grâce à des moyens financiers et humains supérieurs. Elles affichent un score de gestion de l’énergie nettement meilleur que les petites structures.

Des motivations essentiellement économiques

Selon le baromètre, 86 % des entreprises agissent pour réduire leurs dépenses énergétiques, devant les contraintes réglementaires (73 %) et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (61 %). Cette dernière motivation est toutefois en recul de 12 points par rapport à 2024, et même de 16 points chez les entreprises de 10 à 49 salariés.

Par ailleurs, 89 % des entreprises envisagent au moins un mécanisme de financement (subventions, emprunt bancaire, leasing ou tiers-investissement).

Des freins persistants à la transition

Les principaux obstacles identifiés sont d’ordre financier et organisationnel :

  • 50 % évoquent des investissements trop importants,
  • 46 % estiment que leurs actions actuelles sont suffisantes,
  • 45 % manquent de temps,
  • et 37 % dénoncent la complexité des démarches administratives.

Une connaissance inégale des réglementations

Deux tiers des entreprises déclarent connaître les réglementations énergétiques, mais « de manière imparfaite ».
Elles sont 95 % à connaître le bilan carbone et le plan de transition, mais seulement 57 % connaissent le décret tertiaire et 39 % le décret BACS pourtant applicable à certaines d’entre elles.

Une étude pour ajuster l’accompagnement du Crédit Agricole

Le baromètre a pour objectif de "mesurer la maturité énergétique et environnementale des entreprises sur le territoire des quatre Caisses régionales" et d’"identifier leurs attentes et leurs freins afin d’ajuster les actions mises en place", rappelle la Fédération.

Dans un contexte de tensions économiques et internationales, le Crédit Agricole Bourgogne Franche-Comté souligne que les entreprises du territoire s’intéressent toujours aux sujets énergétiques et environnementaux, même si "le sujet énergétique est toutefois moins prioritaire qu’auparavant".

  • Sources : Baromètre Crédit Agricole – CSA de la transition énergétique des entreprises en Bourgogne-Franche-Comté (édition 2025).
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