Limitation de la production de lait : "sur 90 vaches, je vais devoir en vendre 5 à 10 à l'abattoir" (Benoît, agriculteur à Gonsans)

Publié le 07/04/2020 - 17:30
Mis à jour le 28/04/2020 - 11:17

Suite à la crise sanitaire, les ventes de fromages ont chuté. Depuis le 1er avril 2020, les syndicats de produits AOP Comté, Morbier, Mont d’Or et Bleu de Gex Haut-Jura ont décidé de diminuer les volumes de lait produit et de limiter le volume de fromages fabriqués. Les agriculteurs ont dû s’adapter en urgence. Benoît Kolly, chef d’exploitation à Gonsans.

Benoît Kolly, chef d'exploitation à Gonsans © dr B.K ©
Benoît Kolly, chef d'exploitation à Gonsans © dr B.K ©

maCommune.info : Quelle conséquence la décision de limitation des volumes de lait a eu sur votre exploitation ?

Benoît Kolly : "Nous produisons moins alors que nous devrions produire davantage, car c'est la meilleure période de l'année. L'herbe pousse bien et les vaches qui s'en nourrissent, produisent ainsi plus de lait. D'habitude, elles restent dehors la nuit quand il ne gèle pas. Avec ces mesures, nous devrons les rentrer chaque soir et elles se nourriront en moins grande quantité et uniquement de foin".

mC : Le changement d'alimentation des vaches a-t-elle une incidence sur le lait ?

Benoît Kolly : "Oui. Le fait de ne pas compléter leur alimentation par des céréales et de les laisser moins en plein air a pour but qu'elles produisent moins de lait. Je devrai toutefois me séparer de plusieurs vaches".

mC : Quel sera l'impact financier sur votre exploitation à terme ?

Benoît Kolly : "Sur 90 vaches, je vais devoir en vendre 5 à 10 à l'abattoir. Au niveau des litres de lait, nous avions produit 72.000 litres de lait en 2019 sur mon exploitation. Cette année je serai aux alentours de 65.000. Cela représente une perte de 8% soit environ 4.000 euros pour le mois d'avril...

Pour nous influencer à diminuer notre production, la coopérative des Monts de Joux devrait nous donner une prime "au lait non trait". Au final, même si toutes ces mesures ont des désagréments pour nous, je soutiens la filière AOP si cela peut la sauver".

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