Rodéos urbains à Besançon : quels sont les moyens de la police ?

Publié le 01/07/2021 - 18:40
Mis à jour le 01/07/2021 - 17:04

Avec l’arrivée des beaux jours, de nombreux riverains ont été témoins des rodéos urbains sur différents quartiers de la Ville de Besançon (notamment Clairs-Soleils et Planoise). Quels sont les moyens de la police ? Y a-t-il assez de caméras de vidéoprotection ? Nous avons posé à la question à Yves Cellier, patron de la police du Doubs…

 © D Poirier
© D Poirier

Le sujet revient régulièrement sur la table à Besançon et notamment lors des conseils municipaux. Qualifiés de "fléau" par l’opposition, ils sont un problème pris à bras-le-corps par les forces de l’ordre. Le patron de la police du Doubs estime que s’il est toujours possible d’améliorer le dispositif, la couverture de villa le de Besançon en vidéo-protection reste, selon lui, "très satisfaisante"

maCommune.info : L’arrivée de l’été a-t-elle aggravé les rodéos urbains ?

Yves Cellier :  "Avec l’été, il n’y a pas forcément une intensification des rodéos urbains, mais il est vrai que nous avons un plus de réquisitions sur ce sujet. Par contre, il y a une intensification de notre travail. Plusieurs infractions sont visées au titre des rodéos urbains. Il y a l’infraction autonome avec des circonstances plus ou moins aggravantes mais aussi le refus d’obtempérer, la conduite dangereuse et la mis en danger de la vie d’autrui…"

mC : Quel dispositif est mis en place à Besançon ?

Yves Cellier : "Nous avons de motards qui sont déployés sur le territoire. Cela permet d’avoir du renseignement judiciaire et de permettre l’interpellation des auteurs lorsque les conditions de sécurité sont réunies.

La prise en flagrant délit est compliquée, car il ne faut pas mettre en danger la vie des tiers, des policiers et des personnes impliquées dans l’infraction. Nous avons également une "cellule rodéo" à Besançon. Elle recherche les informations qui permettent ensuite de réunir les éléments de l’infraction et aussi de tenter d’identifier les auteurs. Elle est composée d’un agent dédié à cette mission et de quatre autres personnes pouvant être sollicités en complément.

mC : G. Darmanin a demandé d’identifier les lieux de stockage et de saisir les deux-roues et quads pouvant servir à commettre les rodéos. Cela change quoi ? 

Yves Cellier : "C’est quelques chose que l’on faisait déjà, mais l’idée est de participer à l’intensification de ces recherches. Il s’agit ici d’être autorisé à consacrer davantage de moyens sur ces infractions et donc de reprioriser notre action".

mC : Cette équipe est-elle sollicitée au détriment d’une autre mission ?

Yves Cellier : "La chance que l’on a, c’est de pouvoir retirer une partie de nos effectifs sur la lutte contre l’insécurité routière traditionnelle (contrôle de vitesse sur un axe passant par exemple) pour concentrer nos efforts sur les rodéos urbains".

mC : Des élus du conseil municipal proposent deux solutions : le signalement et plus de caméras de vidéoprotection. Qu’en pensez-vous ?

Yves Cellier : "Oui, les citoyens peuvent nous signaler les rodéos urbains. Concernant la deuxième solution, nous avons déjà un réseau de maillage territorial de vidéoprotection tout à fait convenable. 

En comparaison avec d’autres agglomérations que j’ai pu côtoyer, le réseau déployé à Besançon n'a rien à voir. Il est déjà très satisfaisant. Même si quelques trous mériteraient d’être comblés, on ne part pas de zéro. Même s’il peut toujours être amélioré, l’outil correspond aux nécessités de lutte contre la délinquance du quotidien".

mC : Menez-vous des actions avec la police municipale contre ce phénomène ? Peuvent-ils intervenir directement ?

Yves Cellier : "Nous mettons des contrôles routiers en commun avec les effectifs dédiés de la police municipale, nous nous coordonnons notamment sur le quartier de Planoise afin d’améliorer l’efficacité de la couverture des interventions. Si un policier municipal est confronté à un rodéo urbain, il doit agir si les mesures de sécurité sont réunies".

mC : Que risque un mineur qui s’adonne aux rodéos urbains ?

Yves Cellier : "Un an d’emprisonnement et 15.000 € d’amendes avec confiscation du véhicule". 

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