SolMiRé accuse la préfecture du Doubs de "ne pas respecter" le plan Grand froid pour des étrangers, la préfecture répond...

Publié le 12/02/2019 - 06:02
Mis à jour le 16/04/2019 - 16:02

Dans une lettre ouverte écrite le 6 février et diffusée lundi 11 février 2019, le collectif d’aide aux migrants à Besançon SolMiRé accuse le préfet du Doubs de « ne pas respecter » le dispositif de veille hivernale avec des personnes étrangères. La préfecture du Doubs répond…

 © DR
© DR

SolMiRé explique avoir été contacté "par des personnes n'ayant obtenu aucune solution d'hébergement via le 115 alors que le plan Grand froid est en vigueur".

Le collectif profite de ce courrier pour rappeler les déclarations du préfet lors du lancement du plan Grand froid dans le Doubs dans lesquelles il affirme notamment : "Aucune personne nécessitant un hébergement d’urgence ne doit rester sans abri. (…) Le nombre de places sera si besoin ajusté en fonction de la demande, des signalements des veilles mobiles et du numéro 115."

Parmi les personnes ayant alerté SolMiRé, il y aurait "des jeunes" à qui le statut de mineur n'a pas été accordé et de ce fait, auraient été "remis à la rue du jour au lendemain sans aucune prise en charge" rapporte le collectif.

Réponse de la préfecture du Doubs

De son côté, la préfecture du Doubs, en réponse à la lettre du collectif, déclare que "Le croisement des demandes d’hébergement et des informations recueillies par les veilles mobiles n’a fait état, ces 15 derniers jours, de la présence à la rue que d’une seule famille étrangère. Cette famille, ayant déjà fait l’objet d’une réadmission très récente vers un autre pays de l’Union européenne, ne peut par conséquent prétendre à un hébergement en France.

D’ailleurs, pour les personnes dont la demande d’asile en France a été rejetée, la jurisprudence récente du Conseil d’État précise l’obligation d’hébergement des personnes vulnérables sans solution d’hébergement pour la stricte durée règlementaire de départ volontaire laissée à la personne pour repartir dans son pays d’origine, à savoir 1 mois.

Enfin, dans le cadre du Pôle régional Dublin constitué à Besançon, les personnes sous procédure Dublin sont hébergées dans le département du Doubs, sauf à ce qu’ils ne respectent pas leurs obligations, dans l’attente de leur transfert vers l’État responsable de leur demande d’asile."

Infos +

Retrouvez l'intégralité de la lettre ouverte de SolMiRé et la réponse de la préfecture du Doubs ci-dessous.

Lettre ouverte de SolMiRé au préfet du Doubs

Monsieur le Préfet,

alors que le plan Grand froid a été levé, nous nous inquiétons de la situation des demandeurs d'asile, des personnes dublinées, ainsi que des jeunes non reconnus mineurs par l'ASE qui se retrouvent à la rue.

Nous avons été contactés par des personnes n'ayant obtenu aucune solution d'hébergement via le 115, alors que le plan Grand froid était en vigueur. La réponse donnée alors était que les situations de ces personnes étrangères étaient évaluées au cas par cas lors de l'instance de régulation du vendredi.

Cette réponse, monsieur le Préfet, entre en contradiction avec votre communiqué du 23 janvier 2019, lors de l'activation du plan Grand froid : « Aucune personne nécessitant un hébergement d’urgence ne doit rester sans abri. (…) Le nombre de places sera si besoin ajusté en fonction de la demande, des signalements des veilles mobiles et du numéro 115 ».

Bien qu'aujourd'hui le plan Grand froid soit levé, nous vous rappelons, monsieur le Préfet, votre déclaration du 29 novembre 2018, lors de votre présentation du dispositif de veille hivernale mis en place dans le Doubs du 1er novembre 2018 au 31 mars 2019 en matière d’hébergement. Vous aviez fait part de votre souhait d'employer une méthode de travail « adaptée à la réalité pour apporter des réponses pour chaque personne, au cas par cas ». Vous ajoutiez : « nous devons être exemplaires sur la prise en charge d’urgence (…) Il est évident que l’objectif pour nous est de passer l’hiver dans une logique de zéro personne en situation tragique.»

Les jeunes ayant entamé un recours contre la décision prise par le SDRIP ne leur accordant pas le statut de mineur, et ayant été de fait remis à la rue du jour au lendemain sans aucune prise en charge, et sans attendre le résultat de l'authenticité de leur document par la PAF, ne font-ils pas partie des personnes « vulnérables » et « en situation tragique » ? De même, les personnes seules et les familles dublinées en attente d'une décision de la Préfecture ou du pays concerné sans qu'aucun hébergement ne leur soit proposé, malgré la loi, ne sont-elles pas « vulnérables » et « en situation tragique » ?

Qu'en est-il du respect de l'article L.345-2-2 du code de l’action sociale qui stipule que « toute personne sans-abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence. »

Le droit à l’hébergement est un droit universel et inconditionnel, y-compris pour les personnes déboutées de leurs demandes d’asile, en procédure Dublin, ou pour les jeunes ayant engagé un recours pour faire reconnaître leur minorité. Ce droit s’étend à tout individu en situation de détresse comme le reprécise l'article L 345-2 du CASF : « Les demandeurs d’asile peuvent être admis à l’aide sociale pour être accueillis dans les CADA […] ; ils ont également vocation à bénéficier du dispositif de veille sociale (…) lequel peut conduire à leur admission dans un CHU ou un CHRS y compris après le rejet de leur demande d’asile dès lors que ces dernières dispositions ne subordonnent pas leur bénéfice à la régularité du séjour des intéressés » (TA Lyon, 1er mai 2010 n° 1002646 précité).

C’est pourquoi, nous vous demandons, monsieur le Préfet, de mettre en œuvre la mise à l'abri systématique de toutes les personnes isolées et des familles qui se retrouvent à la rue et qui vous sollicitent par l'intermédiaire du 115, comme vous vous y êtes engagé.

Nous sommes disponibles pour une rencontre et dans l'attente, nous vous prions d'agréer, monsieur le Préfet, l'expression de notre considération républicaine et citoyenne (...).

Hébergement des personnes à la rue – Réponse au communiqué de l’association SolMiRé

Le dispositif de veille sociale mis en place dans le département tout au long de l’année permet d’assurer un hébergement d’urgence aux personnes vulnérables dans le besoin. Mise en œuvre par le Service Intégré d’Accueil et d’Orientation, les demandes d’hébergement faites via le numéro de téléphone « le 115 » sont étayées par les veilles mobiles dites « maraudes », organisées dans le département. Les orientations en dispositif d’hébergement sont par conséquent priorisées aux personnes vulnérables qui ne disposent pas de solution d’hébergement immédiate.

Chaque semaine, l’instance de régulation, réunissant l’État, le Conseil départemental, l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, le CCAS de Besançon, les opérateurs de l’hébergement des demandeurs d’asile et de l’accueil de jour, examinent les demandes d’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile. Le croisement des demandes d’hébergement et des informations recueillies par les veilles mobiles n’a fait état, ces 15 derniers jours, de la présence à la rue que d’une seule famille étrangère. Cette famille, ayant déjà fait l’objet d’une réadmission très récente vers un autre pays de l’Union Européenne, ne peut par conséquent prétendre à un hébergement en France.

D’ailleurs, pour les personnes dont la demande d’asile en France a été rejetée, la jurisprudence récente du Conseil d’État précise l’obligation d’hébergement des personnes vulnérables sans solution d’hébergement pour la stricte durée règlementaire de départ volontaire laissée à la personne pour repartir dans son pays d’origine, à savoir 1 mois.

Enfin, dans le cadre du Pôle régional Dublin constitué à Besançon, les personnes sous procédure Dublin sont hébergées dans le département du Doubs, sauf à ce qu’ils ne respectent pas leurs obligations, dans l’attente de leur transfert vers l’État responsable de leur demande d’asile.

(Communiqué de la préfecture du Doubs)

Social

Municipales à Besançon : Éric Delabrousse détaille ses priorités pour les solidarités et le handicap

Dans le cadre de la campagne des élections municipales de 2026 à Besançon, le candidat centriste du mouvement Horizon(s), Éric Delabrousse, présente une série de propositions consacrées aux solidarités et au handicap dans un communiqué du 11 février 2026. À travers son programme, il affirme vouloir renforcer la place de la solidarité et de l’inclusion dans l’action municipale, dans un contexte marqué par les fragilités sociales, le vieillissement de la population et les situations de handicap.

Besançon : un nouvel appel à projets pour développer l’action culturelle auprès des publics sous main de justice

La Ville de Besançon lance la deuxième édition de son appel à projets visant à développer les actions artistiques et culturelles à destination de publics sous main de justice, en partenariat avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du Doubs et la Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse (DTPJJ) de Franche-Comté, selon un communiqué du 11 février 2026.

Baptiste Clerin, nouveau président du CPSTI Bourgogne–Franche-Comté

Le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) Bourgogne Franche-Comté a procédé à l’élection de son président à l’occasion de la séance d’installation de la nouvelle mandature, organisée le 27 janvier 2026. Les membres de l’instance ont désigné Baptiste Clerin (CPME) à la présidence et Ludovic Mille (FNAE) à la vice-présidence pour un mandat de quatre ans.

Hôpital de Novillars : l’intersyndicale appelle à la grève le 5 février

L’intersyndicale CGT, FO et SUD dénonce la stratégie menée par la direction du centre hospitalier de Novillars (CHN), qui organise selon elle un "chantage social et financier autour de la question des heures supplémentaires". Un appel à la mobilisation a été lancé pour le 5 février 2026 à 11h00 devant les grilles de l’établissement.

À Besançon, les syndicats du CHU présentent leurs “contre-vœux”…

VIDEO • Quelques heures avant la présentation des vœux officiels de la direction du CHU de Besançon ce 28 janvier 2026 à 18h00, l’intersyndicale FO, SUD, CGT de l’hôpital a souhaité présenter ses "contre-vœux" en début d'après-midi pour dénoncer "la nouvelle gestion du temps de travail" au sein de la structure.

Jérôme Durain alerte sur la fragilisation des CESER par une réforme parlementaire

Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain, a exprimé, dans un communiqué du 28 janvier 2026, son opposition à une disposition que le Parlement s’apprête à adopter et qui, selon lui, fragiliserait les Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER).

Salaires et choix budgétaires de la Région : FO appelle à la grève et à manifester le 29 janvier à Besançon

Le syndicat Force ouvrière (FO) de la Région Bourgogne Franche-Comté alerte, le 28 janvier 2026, sur ce qu’il considère comme un décalage entre la politique budgétaire appliquée aux agents et certaines décisions concernant la haute administration régionale. Un appel à la grève et à manifestation est lancé le 29 janvier à Besançon.

Besançon veut renouveller son soutien à la Maison des femmes avant son ouverture en mars 2026

La Ville de Besançon a présenté, mercredi 21 janvier 2026, une délibération portant sur un nouveau soutien financier au fonctionnement de la future Maison des femmes, dont l’ouverture est prévue le 3 mars prochain. Cette présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse conduite par Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs élues, à l’approche du conseil municipal, le 22 janvier.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.75
couvert
le 13/02 à 12h00
Vent
0.97 m/s
Pression
994 hPa
Humidité
76 %