"Stop aux nitrites" dans l'alimentation, réclame une pétition

Publié le 23/11/2019 - 14:12
Mis à jour le 22/11/2019 - 08:24

L’ONG Foodwatch, l’application Yuka et la Ligue contre le cancer ont annoncé mercredi le lancement d’une pétition pour demander l’interdiction des sels de nitrites dans l’alimentation du fait de leur rôle dans l’apparition de certains cancers digestifs.

© Foodwatch ©
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"Il faut tout simplement interdire leur ajout dans nos denrées alimentaires" car "lorsqu'on les ingère, ils peuvent entraîner la formation de composés cancérogènes dans notre estomac: des nitrosamines", estiment les trois organisations, qui adressent cette pétition à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

"C'est la responsabilité des autorités publiques de renforcer les règles, en interdisant tous les additifs reconnus dangereux", Camille Dorioz, Foodwatch

Le centre de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (Circ) a classé en 2010 ces substances comme "cancérogènes probables" chez l'homme, "quand l'ingestion se fait dans des conditions permettant une nitrosation endogène", c'est-à-dire leur transformation en molécules tels que les nitrosamines à l'intérieur de l'organisme.

La présence de ces additifs dans la charcuterie industrielle avait aussi conduit le Circ à classer la viande transformée comme cancérogène avéré en 2015, estimant que la consommation de 50 grammes par jour de ce type d'aliment augmentait le risque de cancer colorectal de 18%, rappellent Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer.

Ce classement ne fait toutefois pas l'unanimité dans la communauté scientifique. Les nitrites et nitrates, parfois signalés sur l'étiquette sous les codes E249, E250, E251 et E252, sont surtout utilisés dans la charcuterie (jambon, saucisses, pâtés, etc.), dont ils facilitent la conservation tout en lui donnant sa couleur rose.

Alors que leur utilisation est de plus en plus contestée depuis quelques années, les industriels assurent qu'il est très difficile de s'en passer. Ils font aussi valoir que les nitrates empêchent la formation de microbes responsables d'intoxications graves, comme le botulisme. D'ailleurs, "les nitrites sont autorisés par la réglementation et recommandés par la communauté scientifique pour leur rôle majeur dans la sécurité de la majorité des produits de charcuterie", indique mercredi dans un communiqué la fédération française des industriels de la charcuterie (FICT).

Par ailleurs, "les produits carnés ne sont à l'origine en moyenne que de 11% des nitrites présents lors de la digestion, le reste provenant d'autres sources (végétaux et eau de boisson)", ajoute la FICT.

Mais pour les trois organisations à l'origine de la pétition, l'essor récent du marché de la charcuterie "sans nitrite" est la "preuve que les industriels savent s'en passer quand ils le veulent".

Le 24 octobre, l'Assemblée nationale avait rejeté un amendement déposé par le député MoDem Richard Ramos, qui proposait d'instaurer une taxe de 0,10 centime d'euros par kilogramme sur les produits de charcuterie contenant des additifs nitrés.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait estimé que la dangerosité de ces substances n'était pas encore étayée scientifiquement. "Je suis un peu troublée que la Ligue contre le cancer, qui normalement s'appuie sur des données scientifiques très robustes, signe" cette pétition, a-t-elle déclaré mercredi sur BFMTV.

"Il existe encore un débat scientifique sur le rôle des nitrites dans le cancer, et le débat n'est pas tranché depuis 2010", a-t-elle poursuivi, en ajoutant qu'"il y a une suspicion mais depuis dix ans il n'y a pas de preuve".

(AFP)

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