Violences conjugales : le dépôt de plainte bientôt possible à l'hôpital de Besançon...

Publié le 25/11/2020 - 16:50
Mis à jour le 26/11/2020 - 11:17

Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ce 25 novembre 2020, plusieurs acteurs du département ont signé une convention relative à l’accueil, la prise en charge et la prise des plaintes des femmes victimes de violences, dans les locaux du Centre Hospitalier Universitaire de Besançon.

La signature de la convention s’est déroulée ce mercredi en présence de Chantal Carroger, la directrice générale du CHU de Besançon, Joël Mathurin, le préfet du Doubs, Christine de Curraize, la vice-procureure de la République de Besançon, du directeur départemental de la Sécurité Publique, du général le commandant  de groupement de la Gendarmerie départementale, de la présidente du Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles du Doubs, de la présidente de Solidarité Femmes et la présidente de l’association France Victimes 25 Besançon.

Un an après le Grenelle contre les violences conjugales, les services de l’État et tous les acteurs locaux concernés par cette "grande cause du quinquennat" restent mobilisés afin de poursuivre la mise en œuvre des actions prévues par le  Plan départemental signé le 25 novembre 2019 par le préfet du Doubs, les procureurs de Besançon et Montbéliard,  la présidente du Département, le Maire de Besançon et le Maire de Pontarlier.

"Sur un sujet aussi problématique pour notre société et même notre civilisation, il faut que les différentes institutions puissent accepter de pousser les murs. Il faut qu'ils établissent une coopération", souligne Joël Mathurin le Préfet du Doubs.

Un an après le Grenelle contre les violences faites aux femmes, qu'en est-il ?

  • La convention que les acteurs présents ont signée lors de cette visioconférence permettra (la directrice de l'hôpital espère pouvoir la rendre effective dès 1er décembre prochain) de prendre les plaintes de victimes de violences conjugales directement à l'hôpital.

"Cette convention est très claire. On s'oblige à prendre en compte une plainte à la demande du centre hospitalier régional lorsqu'il nous sollicite de jour comme de nuit. La journée, cela sera des policiers spécialisés en la matière qui se déplaceront. La nuit, cela sera des policiers de permanence ou d'astreinte, mais la prise en compte sera immédiate. Elle permettra ainsi une traçabilité de dossiers", explique Michel Klein, Directeur départemental de la sécurité publique du Doubs.

"C'est une amélioration de la prise en charge de violences conjugales parce que l'hôpital est un lieu sécurisé et sécurisant. Ce type de convention permet aussi de sécuriser nos procédures parce qu'une fois que les victimes partent de l'hôpital, il est difficile de les retrouver et avoir une procédure pénale", ajoute Christine de Curraize, la vice-procureure de Besançon. Et d'ajouter : "Il n'y a pas de petits faits de violences".

Cette convention s'accompagnera également de mesures supplémentaires, précise l'hôpital de Besançon : "Quand on parle du CHU, on pense souvent à ses missions qui sont l'enseignement, le soin et la recherche. Mais on oublie souvent la prévention. Je crois que cette convention entre dans ce cadre.  En terme de formation, nous avons encore des choses à faire. Nous aimerions monter une formation pour sensibiliser les personnels soignants", explique Chantal Carroger qui salue le travail de la médecine légale et les services sociaux. Elle souligne que le CHRU a reçu 1.400 consultations de femmes victimes de violences en 2019.

Et du côté des hébergements d'urgence ?

Lors grenelles organisées en 2019, le préfet du Doubs avait évoqué la problématique de l'hébergement d'urgence et du premier accueil. L'hôtel étant souvent privilégié, il expliquait que ce n'était pas satisfaisant, car les femmes se trouvaient isolées.

Vidéo tournée en septembre 2019 :

Y a-t-il eu des améliorations malgré les contraintes liées à la crise sanitaire ?

"Concernant l'hébergement d'urgence, nous fonctionnons toujours avec le 115 dès l'instant où une femme souhaite un hébergement. En terme de mise à disposition d'hébergement, nous avons eu des créations de places supplémentaires (12). On limite le recours à l'hôtel même si cela reste complexe. À ce jour, nous avons à ce jour 104 places dédiées femmes victimes de violences et 214 autres places complémentaires qui peuvent également les accueillir (même si elles ne se sont pas spécifiquement dédiées pour cette cause)", précise Mélanie Geoffroy, déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité ( sous autorité du préfet du Doubs).

"Nous avons également raccourci le délai de prise en charge. Quand il y a le déclenchement d'un hôtel, la situation ne dure pas. Très vite, le réseau d'évaluation se déclenche dans les 48 h00 au plus tard", tient à préciser Joël Mathurin.

Quelles structures contacter en cas de violences conjugales et intrafamiliales ?

APPEL 3919 : numéro gratuit et anonyme à destination des victimes de violences sexistes et sexuelles, de leur entourage et des professionnels concernés, fonctionnant de 9h à 21h tous les jours, weekends et jours fériés inclus.

  • La plate-forme téléphonique est également accessible aux femmes en situation de handicap, du lundi au vendredi de 8h30 à 19h, via l’application Roger Voice ou sur le site www.solidaritefemmes.org
  • Solidarité Femmes Besançon reste joignable au 03.81.81.03.90 du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h (sauf les mardis et jeudis matins) ou par mail : chrs@solidaritefemmes25.org  
  • Pour rappel, elle tient une permanence à l'hôpital le mercredi.

En cas de danger, composez le 17 ou le 114 par SMS

  • L’application App-Elles qui permet d’alerter jusqu’à trois contacts de confiance (www.app-elles.fr ) et qui cartographie l’ensemble des structures de prise en charge des femmes victimes de violences pendant le confinement.
  • En plus de ces outils, le dispositif de signalement des violences conjugales dans les pharmacies, mis en place lors du premier confinement, a été pérennisé : le dispositif a été redéployé en BFC avec l’ordre régional des pharmaciens et les services de l’État.
  • Les centres d’information des droits des femmes et des familles maintiennent leur permanence à destination des victimes de violences.
  • CIDFF : informations sur vos droits -10h à12h (lundi au vendredi)- 03 81 25 66 69 contact.cidff25@gmail.com
  • CICS : Santé sexuelle-IVG-Contraception-du lundi au vendredi de 12h à 17h -03 81 83 34 73 coordinationanimation.cics@gmail.com

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