37 tués sur les routes du Doubs en 2018 : l'alcool, les stupéfiants et la vitesse restent les principales causes

Publié le 08/02/2019 - 10:55
Mis à jour le 08/02/2019 - 11:05

Le préfet du Doubs Joël Mathurin entouré des procureurs de Besançon et de Montbéliard, mais aussi des forces de gendarmerie et de police, a présenté et commenté le bilan de la délinquance routière en 2018 dans le département.

Premier constat sur l'accidentologie : la plupart des indicateurs de 2018 sont en hausse par rapport aux deux années précédentes, mais en deçà sur la moyenne des dernières années.

Selon le procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux, "il y a un relâchement des automobilistes" et d'ajouter que "sur les 37 tués en 2018, 19 étaient des personnes sur un deux-roues".

Les chiffres (par rapport à 2017) :

  • Accidents : 359 (+22,11%)
  • Tués : 37 (+2,78%)
  • Blessés : 412 (+18,39%)
  • Blessés hospitalisés : 181 (-5,23%)

Deuxième constat : Les usagers vulnérables et de tous âges sont particulièrement touchés en 2018 par les accidents.

Au 31 décembre, les accidents mortels se caractérisent comme suit :

12 motards tués (principalement originaires du département ou de la Suisse voisine contre seulement 6 en 2017). Cinq décès de piétons sont à déplorer en 2018 (contre 3 en 2017). De même qu'en 2017, un cycliste et un cyclomotoriste ont perdu la vie e 2018.

Toutes les tranches d'âge sont concernées et réparties comme suit : 2 enfants de moins de 14 ans (5,4%) et ensuite une répartition relativement homogène entre les quatre tranches d'âges suivantes : 7 jeunes de 15 à 24 ans (18,9%), 11 adultes de 25 à 44 ans (29,7%), 9 adultes de 45 à 64 ans (24,3%) et 8 séniors de plus de 65 ans (21,6%).

Troisième constat : une accidentologie importante sur l'arrondissement de Besançon et sur l'A36

Dans le Doubs en 2018, c'est l'arrondissement de Besançon qui représente environ la moitié de l'accidentologie du département avec 214 accidents sur un total de 359, 18 personnes ont été tuées sur les 37, 238 blessés sur un total de 412 dans le Doubs.

À noter également que quatre accidents mortels se sont produits sur l'A36, fait marquant puisque l'accidentologie mortelle y était nulle en 2017 et représentait un tué en 2016. Toutefois les origines sont très différentes et conjoncturelles.

Quatrième constat : plus de morts dans les zones rurales et périurbaines les plus touchées

Avec 2 morts en zone police (un à Montbéliard et un à Pontarlier, aucun sur la commune de Besançon) et 35 en zone gendarmerie, on constate que les zones rurales et périurbaines sont les plus touchées.

À titre d'exemple, 3 morts à Thise en péri urbain et 11 dans le Haut-Doubs.

Les routes bi-directionnelles sans séparateur central qu'elles soient nationales ou départementales restent les plus touchées par les accidents graves : 24 des 37 tués l'ont été sur ces routes.

L'alcool et la vitesse, toujours les principales causes d'accidents mortels

S'il y a bien deux facteurs qui ne changent pas, ce sont les principales causes des accidents mortels : l'alcool et la vitesse.

Le facteur stupéfiant reste à un niveau notable avec pas moins de 4 tués en 2018 contre 3 en 2017.

Le Général Langlois, commandant adjoint de la région de gendarmerie Bourgogne-Franche-Comté, indique que "pour 46% des accidents mortels et 30% des accidents avec blessés, l'alcool ou les stupéfiants ou les deux sont les causes, le facteur vitesse étant le facteur aggravant." Et d'ajouter : "il y a aujourd'hui un vrai sujet sur les addictions".

Une hausse de l'inattention

Les chiffres révèlent une hausse significative du facteur vigilance-inattention avec 7 personnes tuées en 2018 contre seulement 4 en 2017.

Selon le procureur de la République de Besançon, ces inattentions sont en partie dues "à l'utilisation de téléphones portables ou d'autres nouveaux objets qui attirent l'attention".

Un bilan des 80 km/h dans le Doubs ?

Selon le préfet du Doubs, "à ce stade, il n'y a pas encore de pertinence, seule une analyse nationale est pertinente" nous précise-t-il.

On peut cependant noter que les routes bi-directionnelles sans séparateur central, c'est-à-dire les routes aujourd'hui limitées à 80 km/h depuis environ 7 mois, sont les plus touchées par les accidents graves comme indiqué dans le quatrième constat plus haut dans notre article.

(Source chiffres : Observatoire départemental de la Sécurité routière du Doubs)

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