Covid-19 : dégradation des indicateurs, vaccination pour les plus de 70 ans et les enseignants

Publié le 23/03/2021 - 15:51
Mis à jour le 23/03/2021 - 15:51

Plus de malades à l’hôpital et en réanimation, plus de contaminations : pendant que les signes d’emballement de l’épidémie de Covid-19 se multiplient, Emmanuel Macron promet encore d’accélérer la vaccination, en l’élargissant dès ce week-end aux plus de 70 ans et aux enseignants en avril.

23 mars 2021 © Twitter @EmmanuelMacron
23 mars 2021 © Twitter @EmmanuelMacron

A chaque jour, son annonce : lundi, le ministre de la Santé Olivier Véran dévoilait l'ouverture prochaine de vaccinodromes, pour des opérations plus massives à partir du mois d'avril ; mardi, à Valenciennes (Nord), le chef de l'État a promis que les 70-75 ans, sans comorbidités, pourraient se faire vacciner à partir de samedi.

Pour "accélérer à partir de ce samedi", un numéro de téléphone dédié pour les plus de 75 ans qui n'ont pas pu se faire vacciner va aussi être mis en place.

Le président de la République a également annoncé qu'une campagne de vaccination serait organisée pour les enseignants dès la mi-avril. La vaccination était jusqu'à présent ouverte aux résidents d'Ehpad, où elle a permis de faire drastiquement baisser le nombre de morts, aux plus de 75 ans, aux 50-74 ans atteints de comorbidités les exposant à des formes graves du Covid-19 et à tous les professionnels de santé.

Plus de doses

Démarrée il y a bientôt trois mois, la campagne a été tributaire des approvisionnements limités en nombre de doses, qui doivent arriver plus massivement à partir d'avril, et des déconvenues du vaccin d'AstraZeneca.

Lundi soir, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, 6,3 millions de personnes avaient reçu une première dose, dont 2,4 millions ont été vaccinées avec deux doses. Un niveau insuffisant pour sortir de cette crise sanitaire qui a fait 92.648 décès depuis un an, dont 344 à l'hôpital entre dimanche et lundi.

Les annonces d'Emmanuel Macron interviennent au contraire sur fond de dégradation des indicateurs de l'épidémie, que l'exécutif espère freiner avec les nouvelles mesures sanitaires entrées en vigueur ce week-end.

Depuis samedi, dans seize départements, dont toute la région parisienne, les Hauts-de-France, une partie de la Normandie et les Alpes-Maritimes, de nouveaux commerces ont fermé, les déplacements sont limités à 10 km, sauf motif dérogatoire, et le gouvernement a renforcé ses appels au télétravail et à ne pas inviter d'amis chez soi.

"Dedans avec les miens, dehors en citoyen", résume le gouvernement, alors que tout le pays reste soumis à un couvre-feu à 19h, et que les bars, restaurants et lieux culturels sont fermés depuis bientôt cinq mois.

"Bouton stop"

"Un confinement qui n'en est pas un", craint pour sa part le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux.

"Je dis au gouvernement : il faut garder vraiment le doigt sur le bouton stop. Et si dans quelques jours, on s'aperçoit que les chiffres ne s'inversent pas, que les tendances ne se calment pas, il faudra appuyer sur le bouton stop, c'est-à-dire un bouton de reconfinement réel", s'est-il inquiété, sur LCI.

Lundi, la barre des 4.500 malades du Covid-19 hospitalisés en service de réanimation a été dépassée (contre 4.406 la veille), rapprochant les réas du pic de la 2e vague de l'automne (4.900 le 16 novembre).

"Mais au pic de l'automne, ça faisait plus de 15 jours qu'on était en confinement, des mesures de freinage très fortes avaient été prises", a souligné Frédéric Valletoux, également maire de Fontainebleau.

Dans trois régions, l'Ile-de-France, les Hauts-de-France et la Provence Alpes-Côte d'Azur, l'afflux de malades a déjà contraint les hôpitaux à déprogrammer des soins et à "pousser les murs" pour augmenter les capacités d'accueil des cas graves. Des transferts de patients ont aussi été organisés, mais loin des proportions annoncées par le gouvernement ("des dizaines, voire des centaines") il y a dix jours.

"Partout c'est plein, plein, plein. Plein comme un oeuf (...) A ce rythme-là, on va droit dans le mur", alerte, dans une interview au Parisien, le chef de la réanimation à l'hôpital Bichat, à Paris, Jean-François Timsit, qui souligne que les transferts sont "systématiquement refusés par les familles".

C'est le cas en Ile-de-France, où, selon des chiffres arrêtés à vendredi, le taux d'incidence s'est envolé à 537 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, contre 474 la veille, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale de 250.

Désormais 42 département - dont le Doubs, la Nièvre, l'Yonne et le Territoire de Belfort pour la Bourgogne-Franche-Comté - dépassent ce seuil d'alerte maximale, contre seulement 23, le 10 mars.

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