Camaïeu placé en redressement judiciaire

Publié le 27/05/2020 - 17:01
Mis à jour le 27/05/2020 - 17:40

Victime directe, selon la direction, de la crise du Covid-19, l’entreprise de prêt-à-porter Camaïeu, spécialiste de l’habillement féminin qui emploie 3.900 salariés en France dont 450 au siège social à Roubaix (Nord) a été placée mardi 27 mai 2020 en redressement judiciaire. Pour rappel, la ville de Besançon compte deux boutiques.

Camaieu à Besançon © Google Maps 2018
Camaieu à Besançon © Google Maps 2018

"Camaïeu a été placée en redressement judiciaire mardi matin avec une période d'observation de six mois", a indiqué à l'AFP Thierry Siwik, délégué syndical CGT, confirmant une information de La Voix du Nord. 

"Lourdement impactée par la crise sanitaire et faute d'un prêt garanti par l'Etat (PGE) qui lui aurait permis de surmonter son impact sur l'activité, Camaïeu a été placée sous la protection du tribunal de commerce de Lille", en vue "de sa mise en redressement judiciaire", a affirmé pour sa part une source proche de la direction.

"La crise Covid a été le déclencheur des difficultés de trésorerie. L'obtention d'un PGE aurait permis d'y faire face et de boucler le financement afin de poursuivre la transformation entamée en octobre", a avancé cette source.

Début mars, selon elle, "l'entreprise avait commencé à mettre en œuvre son plan de transformation et un accord de financement était sur le point d'être conclu avec les actionnaires et les banques", mais "la crise sanitaire a obligé le groupe à fermer brutalement plus de 800 magasins dans le monde". "Son chiffre d'affaires a chuté de 95 %, soit un manque à gagner de 162 millions d'euros", a-t-elle dit. 

"C'est donc sous la protection du tribunal que pourront être explorées toutes les pistes, dont celle d'un plan de reprise", a poursuivi cette source. 

De son côté, le délégué CGT Thierry Siwik a dénoncé "un plan social déguisé" à l'oeuvre "depuis plusieurs années". "Chaque mois, depuis trois ans, on nous annonce, sous motif d'une baisse d'activité, entre quatre et cinq fermetures de magasins, cela évite de procéder à un plan social", a-t-il argué. 

"Pour nous, ce placement en redressement judiciaire va servir à restructurer en profondeur l'entreprise et on craint de nombreux licenciements", a-t-il ajouté, affirmant que pour la CGT la crise sanitaire n'était "qu'un prétexte de la direction". 

634 magasins en France 

Pour certains observateurs du secteur du vêtement, la quasi-absence de rentrée d'argent frais, quoique a priori limitée dans le temps, risque d'avoir des conséquences importantes à moyen, voire long terme.  

"La plupart des distributeurs non-alimentaires sortiront de la crise avec des bases financières plus faibles" et certains "pourraient ne pas être en mesure de rétablir leurs niveaux d'avant coronavirus pendant un certain temps, voire jamais", déclarait ainsi Guillaume Léglise, vice-président adjoint de l'agence de notation financière Moody's, dans une note aux investisseurs publiée en avril.

L'enseigne de chaussures André, plus que centenaire, avait été la première entreprise française victime du coronavirus, l'entreprise qui l'avait rachetée, Spartoo, pointant les crises successives.

"On a subi les +gilets jaunes+", avec un trafic en baisse de 20 à 25%, "puis, en pleine période de soldes en janvier, les grèves liées à la réforme des retraites", et maintenant la pandémie de Covid-19, déplorait le PDG de Spartoo Boris Saragaglia au moment du placement en redressement judiciaire de l'entreprise. Parmi les autres enseignes de vêtements et chaussures, Naf Naf (voir notre article), La Halle, Orchestra-Prémaman ont également particulièrement souffert de la crise.

Fondée en 1984, Camaïeu, s'appuie sur un réseau de 634 magasins en France et 198 à l'étranger. Elle emploie 3.884 salariés dans l'Hexagone dont 450 au siège social de Roubaix (Nord). 

La société Modacin, holding financière propriétaire de Camaïeu, avait été mise sous sauvegarde par le tribunal de commerce de Lille en 2018, mais un accord avait été trouvé avec ses créanciers pour que "l'intégralité" de sa dette financière soit convertie contre "100% du capital et des droits de vote".

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Coronavirus COVID-19

Covid-19 : le repli de l’épidémie se confirme selon l’agence régionale de santé

Avec un taux d’incidence en population générale désormais sous la barre des 400 cas pour 100/000 habitants, l’épidémie confirme son repli en Bourgogne-Franche-Comté selon les derniers chiffres de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Le taux de positivité des tests perd 5 points mais reste cependant élevé à près de 25%.
 

Covid-19 : le nombre de patients testés a doublé en un mois en Bourgogne-Franche-Comté  

Le nombre de tests a "de nouveau franchi" la barre des trois millions en une semaine, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, sur fond de septième vague de l'épidémie de Covid-19. En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 77.000 personnes ont réalisé un test antigénique ou PCR entre le 27 juin et le 3 juillet 2022 contre 54.000 la semaine précédente et 33.000 début juin.

Economie

Emplois municipaux à Besançon : 600 emplois permanents créés depuis 2020

À la veille du conseil municipal de ce jeudi 22 janvier, la maire de Besançon Anne Vignot a tenu une conférence de presse mercredi entourée de plusieurs élues, pour présenter la liste des emplois permanents au 1er janvier 2026 et dresser un bilan des créations d’emplois en 2025. Un sujet régulièrement débattu au sein de l’assemblée municipale, notamment autour de la masse salariale.

Mercosur : les eurodéputés votent en faveur du renvoi de l’accord devant la Cour de justice de l’UE

Le Parlement européen a voté ce mercredi 21 janvier 2026 en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, afin de vérifier la légalité de l’accord entre l’UE et le Mercosur. Les agriculteurs mobilisés devant le parlement ont poussé des cris de joie après l'annonce.

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

À Besançon, le restaurant L’Unalôme inaugure un nouvel espace culturel… dans sa cave

Référence reconnue de la scène gastronomique bisontine depuis 4 ans, le restaurant L’Unalôme annonce l’élargissement de son activité avec l’ouverture d’un espace dédié à la culture et à l’événementiel. Installé dans une cave voûtée réaménagée, ce nouveau lieu accueillera à la fois une programmation artistique régulière et des événements privatifs, a-ton appris ce mardi 20 janvier.

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Ambiance bar à jeux et cuisine mexicaine pour la réouverture du Pixel à Besançon

Situé en plein coeur de la Cité des Arts, le Pixel a fermé ses portes le 1er décembre 2023. Deux ans plus tard, le voilà qu’il s’apprête à rouvrir ses portes sous l’impulsion d’Eric Grux, Jocelyn Lamy et Johann Donnenwirth. À eux trois, ils représentent respectivement les entreprises Jinic Media, Lamy traiteur (Samouraï sushis) et les Jeux de la Comté et ont décidé d’unir leurs forces pour transformer Le Pixel en restaurant, coffee shop et bar à jeux, nommé Taqueria Quest. La pré-ouverture aura lieu le 30 janvier 2026 et l’ouverture officielle est prévue pour la fin du mois de février. 

Logement neuf : un marché national en repli, des signaux de résilience à Besançon

Dans un contexte national marqué par un ralentissement de la production de logements neufs, l’année 2025 apparaît contrastée pour Besançon. Si la baisse des ventes et des mises en chantier est nette, certains indicateurs locaux traduisent une capacité d’adaptation du marché et une confiance maintenue des opérateurs. Explications avec Fabrice Jeannot, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers Bourgogne Franche-Comté ce lundi 19 janvier.

Le fisc réclame des millions d’euros de redressement à General Electric Belfort

Le fisc français a notifié un important redressement au groupe industriel GE Energy Products France (EPF), filiale de la multinationale américaine GE Vernova, lui reprochant d'avoir artificiellement réduit son bénéfice imposable de 212 millions d'euros, a-t-on appris vendredi auprès du CSE de l'entreprise basée à Belfort.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 0.81
nuageux
le 23/01 à 03h00
Vent
1.5 m/s
Pression
997 hPa
Humidité
92 %