Le procès de Jonathann Daval s'ouvre ce lundi à Vesoul

Publié le 16/11/2020 - 10:32
Mis à jour le 16/11/2020 - 11:36

Mise à jour •

La découverte du corps en partie calciné d’Alexia Daval, le 30 octobre 2017, avait bouleversé la France : trois ans plus tard, le procès de son époux, Jonathann, s’ouvre lundi 16 novembre devant la cour d’assises de Haute-Saône, à Vesoul. Au total, six jurés ont été tirés au sort : cinq femmes et un homme font partis du jury d'assises.

Après de multiples rebondissements, cet informaticien de 36 ans avait finalement reconnu le meurtre de sa femme. Désormais accusé de « meurtre sur conjoint », il encourt la réclusion criminelle à perpétuité à l’issue des plaidoiries prévues vendredi (le 20 octobre, NDLR).

Une quarantaine de médias sont accrédités pour couvrir ce procès dont la préfecture de Haute-Saône, mise à contribution pour l’organisation en pleine épidémie de la covid-19, a souligné qu’il était « d’une ampleur inédite pour la ville de Vesoul ».

À l’automne 2017, survenu en plein mouvement #MeToo, le meurtre de la « joggeuse » Alexia Daval, une conseillère bancaire de 29 ans, avait frappé les esprits. Tout avait commencé le 28 octobre. Ce jour-là, Jonathann Daval se rend à la gendarmerie de la petite commune de Gray, en Haute-Saône, pour signaler la disparition d’Alexia qui tarde, selon lui, à revenir de son footing.

Deux jours plus tard, après d’intenses recherches de la gendarmerie et des habitants du secteur, le corps partiellement calciné de la jeune femme est découvert dans un bois voisin, dissimulé sous des branchages. L’hypothèse de l’agression d’une joggeuse par un maniaque sexuel inquiète la population puis, très vite, des footings sont organisés en France et jusqu’au Japon et en Australie en hommage à Alexia.

"Mon oxygène"

Le visage ravagé par le chagrin de Jonathann s’affiche alors sur tous les écrans. Lors d’une marche blanche en mémoire de sa femme, soutenu par ses beaux-parents qui l’aiment « comme un fils », il déclare entre deux sanglots : Alexia « était ma première supportrice, mon oxygène ».

Des mots qui sonneront étrangement quand trois mois plus tard, le 29 janvier 2018, Jonathann est placé en garde à vue à la stupéfaction générale. Le jeune homme commence par nier, puis il craque, reconnaissant avoir tué sa femme lors d’une dispute à leur domicile, dans la nuit du 27 au 28 octobre 2017.

Durant les deux années de l’instruction, il changera plusieurs fois de version, se rétractant, puis accusant même son beau-frère, avant de reconnaître de nouveau le meurtre lors d’une audition bouleversante devant le juge d’instruction. En juin 2019, il avouera même lors de la reconstitution avoir incendié la dépouille de sa femme, ce qu’il niait jusqu’alors.

Mais pourquoi ce trentenaire d’apparence calme et discrète a-t-il roué de coups puis étranglé son épouse ?

Le couple rencontrait des difficultés pour concevoir un enfant. Le soir du meurtre, affirme Jonathann Daval, il avait refusé un rapport sexuel à sa femme qui se serait montrée violente, lui reprochant de « ne pas être un homme ». 

Jonathann Daval soutient qu’il « ne voulait pas la tuer » et ses avocats n’excluent d’ailleurs pas de plaider les « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». « Je l’ai étranglée, l’ai frappée pour qu’elle se taise », a-t-il soutenu devant un expert psychiatre, évoquant une compagne « violente en paroles et en actes » qui « l’humiliait » régulièrement. Une ligne de défense qui ulcère les parents de la victime. « Alexia était une bonne personne. Notre hantise c’est que la défense et Jonathann tapent sur elle », redoutent Jean-Pierre et Isabelle Fouillot.

"Féminicide" ?

En marge de la garde à vue de Jonathann Daval, l’un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, avait déjà évoqué la « personnalité écrasante » d’Alexia. Des assertions qui avaient pris une dimension politique quand Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait dénoncé un « victim-blaming ».

Ce dossier est « aux antipodes du féminicide, nous l’expliquerons au procès », annonce à présent Me Randall Schwerdorffer. « Les mensonges, c’est terminé », assure l’avocat qui promet « un moment de vérité ». « Jonathann veut s’exprimer pour que les jurés soient en état de juger ce qu’il a fait », insiste-t-il. Cette vérité, les parents d’Alexia la réclament depuis trois ans.

« La succession de mensonges a été à chaque fois ressentie comme un drame par les partie civiles », confie Me Gilles-Jean Portejoie, qui défend près d’une vingtaine de parties civiles dont les parents, la soeur et le beau-frère d’Alexia. L’avocat entend aborder lors des débat les questions de la « préméditation » et de la « complicité », « même si elles n’ont finalement pas été retenues ».

(Avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

affaire daval

Affaire Daval : plus de 800.000 euros réclamés par la famille d’Alexia

Mise à jour • La famille d'Alexia Daval a réclamé lundi 22 février 2021 devant la cour d'assises de la Haute-Saône plus de 800.000 euros de dommages et intérêts à Jonathann Daval, condamné à 25 ans de réclusion criminelle en novembre pour le meurtre de son épouse. La cour rendra sa décision le 25 mai 2021 à Vesoul.

La question des indemnités réclamées par la famille d’Alexia examinée lundi

Affaire Daval • "Justifiées" pour les parties civiles, "disproportionnées" pour la défense : la justice est saisie ce lundi 22 février 2021 à Vesoul de la question des indemnités réclamées par la famille d'Alexia à Jonathann Daval, condamné fin novembre à 25 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse.

Justice

Haut-Doubs : il achetait et revendait des biens immobiliers illégalement et menait la grande vie

"C’est une enquête tout à fait atypique" a déclaré d’emblée le procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux ce jeudi 19 mai en introduction de sa conférence de presse. Un homme de 32 ans a été interpellé en début de semaine dans la communes Les Fontenelles dans le Haut-Doubs pour travail dissimulé et blanchiment d’argent après voir acheter et vendu plusieurs biens immobiliers sans aucune déclaration.

A Besançon, un corps retrouvé, possiblement celui d’un Serbe disparu en décembre dernier

Son identité devrait rapidement être déterminée. Le corps d’un ressortissant serbe disparu depuis fin décembre à Besançon a vraisemblablement été découvert mercredi dernier dans un bâtiment désaffecté sur les rives du Doubs, une autopsie confirmant la thèse d’un homicide, a-t-on appris ce mardi 26 avril auprès du parquet.

Mosquées taguées à Besançon : un ex-candidat du RN condamné à 18 mois de prison avec sursis…

Au mois de novembre 2021, plusieurs mosquées avaient été vandalisées dans le Doubs (Besançon, Pontarlier et Montlebon). Un ancien candidat aux élections départementales pour le parti du Rassemblement National avait reconnu les faits en janvier dernier. Il devait répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Besançon ce lundi 25 avril 2022.

Procès de Nicolas Zepeda : vers un procès en appel à Besançon ?

Le procureur de la République de Besançon et avocat général au procès de Nicolas Zepeda Etienne Manteaux est revenu ce vendredi 15 avril sur la demande d’appel de Nicolas Zepeda, condamné le 12 avril dernier pour le meurtre de Narumi Kurusaki. Même si la loi interdit qu’un procès en appel se déroule dans le tribunal où le premier jugement a été rendu, il pourrait peut-être y avoir une exception...
Offre d'emploi

Foire Comtoise 2022

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 18.07
partiellement nuageux
le 28/05 à 12h00
Vent
4.59 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
32 %

Sondage