Large oui des Suisses au pass Covid

Publié le 29/11/2021 - 06:42
Mis à jour le 29/11/2021 - 06:48

En pleine cinquième vague et alors qu’un cas probable du variant omicron aurait été détecté, une large majorité de Suisses ont approuvé dimanche la loi ayant permis d’instaurer le pass Covid, lors d’un vote marqué par une Alors que la police craignait des manifestations, seuls quelques dizaines d’opposants à la loi Covid se sont rassemblés devant le siège du gouvernement et du parlement à Berne, placé sous haute sécurité et entouré d’une clôture grillagée. au terme d’une campagne électorale houleuse.

L’OFSP a déclaré ce dimanche  sur Twitter qu’un « premier cas probable » du variant Omicron avait été détecté en Suisse « chez une personne revenue d’Afrique du Sud il y a environ une semaine« . Le séquençage devrait permettre de le confirmer ou l’infirmer « dans les jours à venir »  indique l’OFSP. 

Alors que la police craignait des manifestations, seuls quelques dizaines d'opposants à la loi Covid se sont rassemblés devant le siège du gouvernement et du parlement à Berne, placé sous haute sécurité et entouré d'une clôture grillagée.

Le "oui" a obtenu 62 % des suffrages lors de ce référendum, selon les résultats définitifs.

Le certificat Covid est réservé aux personnes vaccinées ou guéries, ou ayant fait un test. Il est exigé pour entrer au restaurant ou dans un bar, mais aussi pour voir une exposition, un film ou un événement sportif en intérieur.

Le taux de participation, d'environ 65 %, est le 4e plus élevé depuis l'introduction du suffrage féminin en 1971, dans un pays où la participation moyenne est de 46 % pour ce genre de consultation.

Ce référendum, qui avait été lancé par les anti-pass, intervient alors que le nouveau variant Omicron détecté par l'Afrique du Sud et qualifié de "préoccupant" par l'Organisation mondiale de la santé, a replongé la planète en état d'alerte.

Selon l'un des politologues les plus renommés de Suisse, Claude Longchamp, c'est la première fois que le Palais fédéral est ainsi bouclé un dimanche de votation fédérale.

"Le Conseil fédéral devrait se poser la question s'il n'est pas responsable des éventuels débordements, parce qu'à force de pousser les gens à bout avec des mesures coercitives (...) peut-être que l'on pousse les gens à avoir des réactions un peu trop fortes", a déclaré à l'AFP Michelle Cailler, porte-parole des Amis de la Constitution, un des groupes à l'origine du référendum.

Pendant la campagne, de nombreux politiciens, y compris le ministre de la Santé Alain Berset, ont été menacés de mort et sont désormais placés sous protection policière.

La campagne a également été marquée par de nombreuses manifestations, parfois interdites et émaillées de violences, toutefois loin de scènes d'émeutes comme celles qui se sont déroulées aux Pays-Bas ou aux Antilles françaises. Mais la montée des tensions en Suisse, un pays réputé pour sa culture du dialogue et du compromis et où des référendums sont organisés plusieurs fois par an dans un climat apaisé, a eu l'effet d'un électrochoc.

Appel à la vaccination

Dimanche, les Suisses ont par ailleurs approuvé - à presque 61 % et à la très grande majorité des cantons - une initiative populaire sur les soins infirmiers qui demande à la Confédération de garantir une "rémunération appropriée" des prestations de soin.

Ces deux votes sont intervenus alors que la Suisse connaît une flambée des infections. Mais contrairement à d'autres pays, le gouvernement a refusé pour l'instant de durcir les mesures de lutte au plan national. "La situation est pour l'instant maîtrisée", a déclaré mercredi M. Berset, tout en appelant les cantons à prendre des mesures et la population à respecter les mesures sanitaires de base.

Le président de la Confédération Guy Parmelin a toutefois lancé un nouvel appel à la vaccination dans des journaux dominicaux.

Une majorité de la population suisse semble toutefois vouloir des mesures plus fermes. Selon un sondage paru dans le SonntagsBlick, près des deux tiers des personnes interrogées souhaitent que seuls ceux qui sont vaccinés ou guéris puissent vivre sans restrictions et un peu plus de la moitié d'entre elles serait pour la vaccination obligatoire.

"Apartheid sanitaire"

Avec environ 65 % de la population entièrement vaccinée, la Suisse est en retard par rapport à d'autres pays d'Europe de l'Ouest. C'est la deuxième fois en moins de six mois que la population était appelée à voter sur la loi Covid. En juin, les citoyens l'avaient soutenue avec 60 % des voix.

Mais la loi ayant été modifiée afin de donner plus de latitude aux autorités pour combattre la pandémie et permettre l'instauration du certificat Covid, les anti-pass avaient lancé un second référendum pour contrer ce qu'ils estiment être un "apartheid sanitaire".

L'ensemble des mouvements politiques, à l'exception de la droite populiste UDC, premier parti du pays, avaient appelé à soutenir la loi.

(Avec AFP)

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