Le CHU de Besançon teste un nouveau dispositif d'accouchement

Publié le 27/08/2020 - 14:01
Mis à jour le 29/10/2020 - 16:15

Odon DeviceTM est un nouveau dispositif d’accouchement qui pourrait permettre de limiter le recours à la césarienne. L’Organisation Mondiale de la Santé soutient son développement à travers son programme de recherche « Human reproduction programme ». Deux centres dans le monde étudient actuellement ce dispositif dans le cadre de l’étude ASSIST : le Southmead Hospital à Bristol en Angleterre et le CHU de Besançon depuis fin août 2020.

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Chaque année, dans le monde, près de dix millions de femmes souffrent d’une complication grave liée à leur grossesse. En France, les obstétriciens doivent recourir à une assistance instrumentale pour 10 à 15% des femmes qui accouchent par voie basse. Le dispositif Odon DeviceTM, dont le développement est désormais assuré par la société Becton Dickinson pourrait être plus simple d’utilisation que les instruments habituels. Il pourrait également être une alternative à la césarienne, en particulier dans les pays où l’accès aux soins obstétricaux est limité.

Le dispositif Odon DeviceTM

Il s’agit d’un dispositif stérile à usage unique qui comprend un sac avec anneau gonflable, que l’on vient placer sur la tête du bébé à l'aide d'un applicateur. Le sac est équipé de deux poignées qui lorsqu’elles sont saisies par l’obstétricien permettent de faire progresser la tête du bébé dans le bassin maternel pour faciliter l’accouchement.

C’est Jorge Odón, ingénieur mécanicien argentin de 59 ans, qui invente le premier prototype d’Odon Device... après avoir vu une vidéo expliquant comment retirer un bouchon d’une bouteille, à l'aide d'un simple sac en plastique. Il le présente à un obstétricien qui comprend immédiatement l’intérêt de ce dispositif repéré en 2008 par l’Organisation mondiale de la santé qui soutien son développement.

Depuis, le dispositif Odon DeviceTM a fait l’objet de plusieurs améliorations techniques, de tests en simulation et en situation réelle. Plusieurs projets de recherche ont également été conduits dans différents pays, permettant de confirmer la faisabilité et la sécurité d’un accouchement par Odon DeviceTM. Mais d’autres travaux doivent encore être menés pour parvenir à l’obtention de son marquage de conformité européenne (CE) et à une utilisation standardisée.

La première étape de l’étude menée au CHU de Besançon

Depuis quelques temps déjà, les femmes qui viennent accoucher au CHU peuvent se voir proposer la possibilité de participer au projet de recherche Besançon Assist. En cas d’acceptation, si l’accouchement nécessite une assistance instrumentale, le dispositif Odon DeviceTM pourra être utilisé. Cette étude comporte plusieurs objectifs :

  • confirmer la sécurité et l’efficacité du dispositif Odon DeviceTM;
  • déterminer les circonstances dans lesquelles il doit être utilisé prioritairement ;
  • déterminer le niveau de satisfaction des femmes à l’égard de ce dispositif ;
  • déterminer le niveau de satisfaction des obstétriciens et des sages-femmes ainsi que les besoins de formation spécifique

Quatre obstétriciens et deux sages-femmes ont été formés à l’utilisation de ce dispositif. Cent-quatre patientes pourront bénéficier d’un accouchement avec ce dispositif dans de parfaites conditions de sécurité.

Le Dr Nicolas Mottet, investigateur principal de l’étude Besançon Assist et son e?quipe. ©CHU de Besançon ©
Le Dr Nicolas Mottet, investigateur principal de l’étude Besançon Assist et son équipe. ©CHU de Besançon

Les résultats obtenus au CHU de Besançon et à Bristol permettront de construire une autre étude comparant l’efficacité de ce dispositif et de la ventouse obstétricale. Le dispositif Odon DeviceTM limite considérablement les risques de lésions pour l'enfant comme pour la maman et a pour avantage de ne pas laisser de marques sur la tête du bébé contrairement aux forceps ou à la ventouse.

A efficacité équivalente, il pourrait donc être utilisé de manière privilégiée par les équipes obstétricales. Il pourrait aussi offrir, pour les mères et bébés les plus vulnérables ou isolés du monde, une option peu coûteuse et simple d’utilisation pour l’accouchement assisté. Il pourrait enfin limiter le recours à la césarienne.

(Communiqué)

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