Après un cancer, Derma-ink apporte la touche esthétique à la maladie

Publié le 30/10/2022 - 09:02
Mis à jour le 30/10/2022 - 09:10

Claire Cugnetti-Turiot et Sébastien Turiot ont ouvert leur cabinet privé situé au 16 chemin de la Combe Noire à Besançon. Ils proposent entre autres soins, des tatouages paramédicaux qui permettent de mettre un terme esthétique à un parcours de reconstruction mammaire.

En tant qu’infirmière de bloc opératoire en chirurgie plastique et orthopédique au CHU Jean-Minjoz, Claire a assisté à de nombreuses reconstructions mammaires. Elle a ainsi pu remarquer que les chirurgiens procédaient à de belles cicatrices, très fines mais qu’ "ils n’ont ni le temps ni les formations pour faire quelque chose en trompe l’oeil sur l’aréole mammaire". Un problème pour les patients qui ressortent généralement du bloc opératoire avec des mamelons grossièrement reproduits et qui "virent parfois à l’orange car ils n’utilisent qu’une seule couleur de pigment" nous explique Claire. 

Une formation pour apprendre à recouvrir des cicatrices, vergetures...

Si la chirurgie est belle, la conclusion esthétique de la reconstruction ne l’est pas. Une idée germe alors dans la tête de Claire surtout après que sa maman ait subi deux cancers du sein : "je n’avais pas envie qu’elle ait ce type de reconstruction". Elle décide alors de se former au métier de tatoueur paramédical. Elle apprend ainsi à couvrir des cicatrices, des vergetures ou encore à pratiquer de la micropigmentation capillaire et ouvre en avril 2022 Derma-ink pour apporter aux patients le point final esthétique à leur maladie. 

Son mari Sébastien s’intègre au projet

Alors que Claire suivait ses formations, son mari, Sébastien a voulu s’amuser avec l’appareil de tatouage "et là j’ai découvert qu’il dessinait merveilleusement bien, il faisait des aréoles mammaires très réussies donc je lui ai dit : il faut que tu me rejoignes". Sébastien Turiot, à l’époque cadre de direction chez Ikéa, suivait le projet de sa femme en parallèle et décide à son tour d’effectuer une reconversion professionnelle. Désormais formé en démographie paramédical et esthétique, Sébastien apporte également toute l’expertise de gestion d’une société et Claire le côté soin et le respect des notions d’hygiène.

Une approche plus humaine 

Avant de débuter les soins, Claire et Sébastien accueillent les personnes dans leur cabinet, conforme aux normes imposées par l’ARS, qu’ils ont conçu comme un salon pour faciliter le dialogue. Pour elle qui ne côtoyait que des patients endormis, Claire peut désormais échanger librement : "on fait de belles rencontres, des personnes qui ont eu un parcours pas facile et moi ça fait résonance à ce que ma maman a vécu". 

La colorimétrie, un soin sur-mesure

À la différence d’un tatouage traditionnel, Sébastien ne s’appuie sur aucun calque qu’il n’aurait qu’à recopier. Le travail se fait uniquement à main levé. Il peut s’agir aussi bien d’une reconstruction totale d’un mamelon, que d’un rattrapage suite à un tatouage de bloc qui a mal vieilli ou encore du recoloriage etc

La première séance de soin est donc destinée à la colorimétrie au cours de laquelle il "tente de trouver les bonnes couleurs en fonction de la couleur de la peau de la personne". 

Chaque mamelon étant différent, Sébastien s’entraîne ensuite sur différents supports et réalise l’ombrage, le relief, identifie les difficultés etc. Le tout dans le but de reproduire une copie très fidèle.

Sébastien s'entraîne à recréer un mamelon le plus fidèlement possible et sur différents supports avant de procéder au tatouage directement à main levée sur la personne. © Elodie R

Le résultat est impressionnant et offre un effet trompe l’oeil qui "permet à la patiente de retrouver sa féminité lorsqu’elle se regarde dans le miroir" nous confie Claire. Une étape très symbolique qui met un point final au parcours de la maladie "C’est la cerise sur le gâteau comme elles disent".

Des soins encore pas pris en charge par la sécurité sociale

Seule ombre au tableau, les soins ne sont actuellement pas pris en charge par la sécurité sociale contrairement aux tatouages effectués par les chirurgiens. "À partir du moment où l’on est un cabinet privé, c’est le parcours du combattant pour faire en sorte que la personne soit remboursée" souligne Sébastien. "On est en pourparler avec certaines cliniques de la région pour tenter de trouver des solutions, j’ai également un petit espoir car j’ai ma carte professionnelle infirmière et j’ai écrit à plusieurs institutions pour tenter de trouver une solution " nous explique Claire. 

En attendant le couple met en place des paiements échelonnés et propose également des soins du visage et du corps à caractère esthétique cette fois. 

Infos + 

  • Tarif : devis sur demande (facilités de paiement)
  • 16 chemin de la Combe Noire à Besançon

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