Procès Zepeda : "Narumi avait peur de lui", témoignent des amies de l'étudiante japonaise

Publié le 31/03/2022 - 11:48
Mis à jour le 31/03/2022 - 11:48

« Narumi avait peur de lui »: les amies japonaises de Narumi Kurosaki ont témoigné jeudi, au troisième jour du procès de Nicolas Zepeda, accusé de l’avoir assassinée à Besançon en 2016, revenant sur la relation compliquée entre l’étudiante japonaise et son ex-petit ami Chilien.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Les jeunes femmes, qui étudiaient avec Narumi Kurosaki à Besançon lorsqu'elle a disparu début décembre 2016, ont été entendues dès 08H00 par la cour d'assises du Doubs, en visioconférence depuis le tribunal de Tokyo où il était 15H00. Lors d'une soirée fin novembre entre étudiants japonais, "Narumi a raconté qu'elle avait un problème avec son ex-petit ami (Nicolas Zepeda)" qui "avait piraté son compte Facebook" et la surveillait sur internet, a confié Kaori Nishida. "Même quand ils se fréquentaient, il y avait des problèmes similaires", a poursuivi la jeune femme aux longs cheveux noirs, en chemisier blanc. "Une fois séparée, Narumi avait peur de lui", selon elle.

A Besançon, Narumi Kurosaki était en couple avec un Français, Arthur Del Piccolo, mais Nicolas Zepeda "continuait à lui écrire et elle m'a parlé de son attachement persistant", a abondé Miharu Kimura. "Il lui avait dit qu'il viendrait la retrouver en France, elle ne savait pas quoi faire", a-t-elle assuré, "elle était très embêtée".

"Narumi était très sérieuse et, tout un coup, elle ne venait plus en cours".

Les étudiantes japonaises sont parmi les premières à s'inquiéter de sa disparition, survenue le 5 décembre 2016, et à signaler son absence: "Narumi était très sérieuse et, tout un coup, elle ne venait plus en cours". Ses amis reçoivent alors des messages étranges de sa part, mais ils soupçonnent vite que quelqu'un écrit à sa place.

Quelques jours après, lors de l'ouverture de sa chambre de la Cité U, Miharu Kimura remarque qu'il manque une valise, ainsi qu'une couverture: "J'ai eu le sentiment que quelque chose de lugubre était arrivé".

Chemise blanche et cravate ajustée, Nicolas Zepeda, qui a fermement contesté avoir tué l'étudiante japonaise dès le première jour du procès, a écouté très attentivement ces témoignages depuis le box des accusés. Son premier interrogatoire sur les faits, prévu à partir de 14H00 jeudi, devrait être un temps fort du procès. "Soyons optimistes, peut-être qu'on peut attendre de Nicolas Zepeda la vérité, et qu'il nous dise ce qui c'est effectivement passé avec Narumi", a déclaré mercredi à la presse l'avocat d'Arthur Del Piccolo, Me Randall Schwerdorffer.

Le Chilien de 31 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès doit se poursuivre jusqu'au 12 avril.

(Source AFP)

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