Téléthon : la thérapie génique, de l'espoir à la réalité

Publié le 05/12/2019 - 14:53
Mis à jour le 05/12/2019 - 14:53

Pour son édition 2019, vendredi et samedi sur les chaînes de télévision publiques, le grand marathon caritatif partagera les espoirs et les succès de cette « révolution médicale » comme l’appelle l’Association française contre les myopathies-Téléthon.

© darko S CC0 ©
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Le Téléthon, en plus de 30 ans d'existence, a contribué à la révolution de la thérapie génique contre des maladies rares touchant trois millions de Français et permis de bâtir des outils utilisés dans des maladies plus répandues, comme certains cancers.

Face à l'arrivée cette année de la première thérapie génique pour une maladie rare neuromusculaire, la forme la plus grave de l'amyotrophie spinale, qui emporte les enfants atteints le plus souvent avant l'âge de dix mois, la présidente de l'AFM-Téléthon, Laurence Tiennot-Herment ne cache pas son émotion: "J'ai tellement vu mourir de bébés en 30 ans d'association".

En France, six premiers bébés ont pu bénéficier du traitement

Aux Etats-Unis, où ce traitement est commercialisé depuis le 24 mai pour les enfants de moins de deux ans, la petite Evelyn, traitée alors qu'elle n'avait que quelques semaines, danse à présent avec son médecin. "Un tel résultat n'avait jamais été atteint. On a rêvé d'images comme celles-là!", s'exclame le Dr Serge Braun, directeur scientifique de l'association.

En France, six premiers bébés ont pu bénéficier du traitement, grâce au système d'accès accéléré, appelé ATU (autorisation temporaire d'utilisation) avant sa mise sur le marché.

Comme Hyacinthe, diagnostiquée vers 7 mois. "On a vu rapidement des progrès. Aussitôt qu'on a fait une injection, elle s'est mise à bouger les bras, à porter des choses à la bouche", ce qui veut dire qu'elle pourra manger, et "elle peut bouger un peu les jambes", témoigne sa mère. "La différence, explique Mme Tiennot-Herment, c'est qu'Evelyn a été traitée plus tôt et Hyacinte, à 18 mois."

La maladie est due à la dégénérescence des motoneurones qui commandent la contraction musculaire et servent à se mouvoir. Il s'agit de traiter avant une perte trop importante de ces neurones, avant même l'apparition des symptômes. L'AFM-Téléthon revient donc à la charge pour réclamer un dépistage néonatal afin d'éviter les "pertes de chances" pour les bébés (250 par an) qui naissent aujourd'hui alors que des traitements existent.

Industrialiser les biothérapies

Parmi les recherches auxquelles a contribué l'argent du Téléthon, les "patchs" à base de cellules souches, greffés sous la rétine pour traiter les rétinites pigmentaires qui touchent près de 30.000 personnes en France. Le premier essai français a débuté, mais, à terme, ce traitement pourrait également s'adresser à la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) qui concerne 1,5 million de personnes.

Des outils, les "vecteurs" (transporteurs des gènes réparateurs) de thérapie génique conçus pour des déficits immunitaires sévères génétiques rares (maladie des bébés-bulle) sont maintenant utilisés pour armer génétiquement les globules blancs contre les tumeurs, note le Dr Braun. Trois médicaments de ce type sont déjà autorisés pour des lymphomes et des leucémies.

Mais "la production à grande échelle de médicaments de thérapie génique se heurte à un obstacle non résolu", constate le Dr Braun. "Un traitement de thérapie génique nécessite un milliard de fois plus de particules de virus (véhicule du gène réparateur, ndlr) que pour un vaccin et il faut de plus grandes quantités pour traiter un patient souffrant d'une maladie neuromusculaire", explique-t-il.

Par ailleurs le coût de production peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, souligne-t-il. Ainsi pour le Zolgensma (Novartis) issu de travaux de Généthon et du CNRS, "la moitié du prix (2 millions d'euros environ pour traiter un malade en une fois) correspond vraisemblablement au coût de production" et "s'il fallait traiter d'autres formes d'amyotrophie spinale, le modèle économique ne tiendrait pas". En revanche, le contrat avec le laboratoire stipule que le prix ne doit pas faire obstacle au traitement des patients en France, précise-t-il.

Le défi, c'est maintenant d'inventer de nouveaux moyens de production pour permettre l'industrialisation de ces biothérapies innovantes. Sur 8 médicaments de thérapie génique mis sur le marché, 7 sont liés directement (3) ou indirectement (4) au Généthon, le laboratoire du Téléthon.

Les promesses de dons se font au numéro 3637 ou sur telethon.fr.

(Source AFP)

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