Une étude basée sur le don de selles croule sous les demandes et doit être interrompue

Publié le 23/11/2018 - 14:46
Mis à jour le 23/11/2018 - 14:46

insolite • Une étude de recherche médicale qui recrutait des donneurs de selles a dû être interrompue après avoir croulé sous les demandes de gens qui pensaient à tort que n’importe qui pouvait donner et être automatiquement payé 50 euros, a indiqué ce vendredi 23 novembre 2018 son responsable à l’AFP.

© Valelopardo via pixabay © Valelopardo via pixabay
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"Nous avons arrêté l'appel à donneurs et l'étude a été mise en pause car c'était ingérable", a expliqué le professeur Harry Sokol, gastro-entérologue à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, confirmant une information du journal Le Parisien.

"Le numéro de téléphone et le mail [via lesquels les candidats au don pouvaient se faire connaître] ont été saturés très rapidement", a-t-il poursuivi. "Après que le numéro a été coupé, les gens ont appelé le standard de l'hôpital, certains sont même venus directement, et ça continue", a-t-il ajouté, en soulignant que les patients qui voulaient bénéficier de cet essai clinique sont "catastrophés" par son interruption.

Une indemnisation de 50 euros ?

Cet essai porte sur l'évaluation de la technique de transplantation fécale dans le traitement d'une maladie inflammatoire de l'intestin, la rectocolite hémorragique. Il s'agit d'administrer par voie naturelle au receveur une préparation fécale constituée d'échantillons de selles du donneur suspendus dans du sérum physiologique.

La campagne de recrutement de donneurs a eu lieu par voie d'affichage à l'hôpital Saint-Antoine et auprès des étudiants en médecine. Il était précisé sur l'affiche que l'indemnisation était d'un montant de 50 euros. "Quelqu'un a pris l'affiche en photo, puis elle a été diffusée très largement sur internet et les réseaux sociaux, de façon dramatique puisque le message a été altéré. Les gens ont compris: +Donnez vos selles, on va vous donner 50 euros+", a raconté le professeur Sokol.

Or, la procédure est beaucoup plus complexe: "Il y a une sélection des donneurs, on leur demande leur historique médical complet, y compris familial, on leur fait des prises de sang extrêmement complètes, on analyse leurs selles pour être sûr qu'il n'y a pas d'agent infectieux, et c'est seulement à l'issue de tout ça qu'ils peuvent donner".

"Ces 50 euros ne sont pas une rémunération, mais un dédommagement versé dans le cadre de la recherche, vu la lourdeur du processus, et encadré par la loi", a souligné le professeur, en espérant que l'étude pourra reprendre bientôt avec un "appel aux dons" de façon plus habituelle.

"C'est une étude très sérieuse, de grande ampleur, avec une importante liste d'attente de patients", a-t-il insisté. Le domaine de recherche concerné est celui du microbiote intestinal, actuellement en plein essor: il s'agit de savoir de quelle façon on peut utiliser les bactéries, virus et champignons présents dans notre intestin dans un cadre thérapeutique.

(Source AFP)

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