Macron tranche sur le voile dans l'espace public : "Ce n'est pas l'affaire de l'Etat"

Publié le 25/10/2019 - 08:35
Mis à jour le 25/10/2019 - 08:35

« Le port du voile dans l’espace public n’est pas l’affaire de l’Etat ». Ce jeudi 24 octobre 2019, Emmanuel Macron a voulu clarifier sa position sur cette polémique qui depuis 15 jours divise au sein même du gouvernement, et dont se sont emparées la droite et l’extrême droite.

 © D. Poirier
© D. Poirier

En voyage à La Réunion, le chef de l'Etat, que ses opposants comme ses partisans pressaient d'intervenir sur ce sujet sensible, a tranché par une formule lapidaire. "Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. Dans les services publics, à l'école, c'est mon affaire", a-t-il dit. "Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu'il n'y ait pas de signe religieux ostentatoire. Après, ce qui se passe dans l'espace public, c'est pas l'affaire de l'Etat ou du président de la République", a-t-il dit sur la chaîne Réunion la 1ère.

Mais il n'a pas directement évoqué le cas des mères voilées accompagnantes de sorties scolaires, que LR et le RN veulent faire interdire. Relancée par un élu RN qui s'en est pris à une accompagnante voilée dans une réunion publique, la question du voile enflamme les débats et au-delà des sorties scolaires, s'étend à la place du voile dans la société. Emmanuel Macron a répondu jeudi d'abord à la présidente du RN Marine Le Pen, qui demande l'interdiction du voile et des signes religieux ostentatoires dans "tout l'espace public".

Et aussi à son ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qui a jugé que le voile n'était "pas souhaitable dans notre société", car contraire aux valeurs de l'égalité hommes-femmes. Une prise de position vivement critiquée par des députés macronistes et, indirectement, par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à qui le voile durant les sorties scolaires ne pose "pas de difficultés". La majorité est apparue encore plus divisée quand Aurore Bergé, porte-parole LREM, s'est dite prête à voter un texte de l'opposition LR, déclenchant un tollé d'autres élus macronistes. LR a déposé une proposition de loi pour interdire le voile lors des sorties scolaires, qui sera examinée mardi au Sénat.

Un texte qui risque d'alimenter la polémique alors que mi-octobre, Edouard Philippe avait tenté de siffler la fin de la récréation en précisant qu'il n'était pas question d'une nouvelle loi sur les accompagnants scolaires.

"Faire sécession"

Le chef de l'Etat, qui a appelé à plusieurs reprises à ne pas faire d'amalgame et "stigmatiser" les musulmans, s'en est de nouveau pris jeudi avec virulence au "communautarisme", en allusion à l'islam politique, qu'il a plusieurs fois dénoncé ces dernières semaines. "Le voile est utilisé dans certaines circonstances, certains quartiers, par certains, comme instrument de revendication et de séparatisme dans la République, qu'on appelle communautarisme", a dit Emmanuel Macron.

Alors qu'il a renoncé juqu'ici à un grand discours sur la laïcité, Emmanuel Macron a fait de la lutte contre le communautarisme l'un de ses chevaux de bataille, à l'approche d'élections municipales où la majorité comme l'opposition de droite et les Verts craignent l'émergence de listes communautaires. "Il y a aujourd'hui des femmes et des hommes qui disent +de par ma religion je n'adhère plus aux valeurs de la République, je sors mon enfant de l'école, je refuse qu'il aille se baigner avec d'autres (...) et au nom de ma religion je porte un autre projet politique". "Et ça c'est un problème pour moi, avec une revendication qui devient politique", a insisté le chef de l'Etat.

En avril, il avait déjà dénoncé le "communautarisme qui s'est installé dans certains quartiers de la République" et annoncé qu'il serait "intraitable" face à l'"islam politique qui veut faire sécession avec notre République". Mais il a plaidé de nouveau contre la stigmatisation d'une seule religion, après avoir ces derniers jours craint une "coagulation" dans les esprits entre communautarisme et islam.

(Source AFP)

Voile conseil régional

Port du voile : le Sénat vote l’interdiction pour les parents accompagnant les sorties scolaires

La polémique née de l’intervention de Julien Odoul le 11 octobre 2019 à Dijon à l’encontre d’une mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire continue de faire débat en France. Mardi 29 octobre 2019, le Sénat, à majorité de droite a adopté dans un contexte explosif, une proposition de loi LR visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires, jugée « contre-productive » par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer.
 

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Le Palais du Luxembourg examinera le mardi 29 octobre 2019 une proposition de loi à l’initiative du groupe Les Républicains, qui sera défendue par Jacqueline Eustache-Brinio avec le plein soutien d’Alain Joyandet. L’objet est de fixer dans le droit l’obligation pour toutes les personnes qui concourent au service public de l’éducation nationale « de faire preuve d’une totale neutralité religieuse ».

Polémique sur le voile : la plainte est “une opération de victimisation” selon Odoul (RN)

Le président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, qui avait demandé vendredi 11 octobre 2019 à ce qu’une femme dans le public retire son voile, a dénoncé jeudi une « opération de victimisation » après que cette dernière a annoncé porter plainte.

Voile : Face à la polémique, Macron appelle à ne pas stigmatiser

L’affaire de la mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire vendredi dernier au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi 11 octobre 2019 ne désenfle pas. Prise à partie par Julien Odoul, cette mère va porter plainte. Dans le même temps, Face à la polémique grandissante sur le port du voile, qui agite aussi la majorité, Emmanuel Macron a appelé mercredi à ne pas « stigmatiser » les musulmans, en dénonçant un « raccourci fatal » entre lutte contre le terrorisme et islam.

La Licra soutient la mère voilée au conseil régional

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PUBLI-INFO • Le centre d’information et de recrutement des forces armées de Besançon organise une opération de recrutement et de rencontre avec le public du 18 au 21 mars 2026, au cœur de la Galerie Chateaufarine, rue René Char à Besançon. A cette occasion, l’Armée de Terre, de l’Air et de l’Espace et la Marine Nationale seront présentes pour échanger, vous informer et présenter leur matériel.

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