À Besançon, un boulanger en lutte pour la régularisation de son apprenti guinéen menacé d'expulsion

Publié le 16/07/2021 - 14:39
Mis à jour le 16/07/2021 - 14:26

Le boulanger bisontin Alexandre Figard se lance dans un bras de fer face à l’administration française depuis début juillet 2021. Son but : régulariser la situation de son apprenti Lamine Diaby, jeune majeur guinéen, diplômé en boulangerie, menacé d’expulsion.

Alexandre Figard et Lamine Diaby.
 © Corentin Germaneau
Alexandre Figard et Lamine Diaby. © Corentin Germaneau

Lamine Diaby est né en août 2002 à Conakry en Guinée. Sans avoir connu sa mère, abandonné de son père puis séparé de son grand frère en Espagne lors de son périple pour quitter son pays d'origine, Lamine est arrivé en France en juin 2019 sous le statut de mineur étranger. Pris en charge par plusieurs structures, le jeune homme s'est lancé dans un CAP de boulangerie au CFA Hilaire de Chardonnet à Besançon.

Après 2 ans en contrat d'apprentissage à la boulangerie La Gourmandise gérée par Alexandre Figard, il obtient son CAP haut la main et sort major de sa promotion avec une moyenne de 16,5/20 "dont un 20/20 en français oral" souligne le boulanger.

© Corentin

Presque en même temps que cette heureuse nouvelle, l'apprenti reçoit un avis d'expulsion vers la Guinée. Il a un mois pour quitter le territoire. Son patron, "très fier" de lui, n'entend pas le laisser partir et veut "aller jusqu'au bout" pour que la situation administrative de Lamine soit régularisée.

"Il est fait pour le métier de boulanger"

"C'est un bon jeune, depuis son entrée en formation il est à l'écoute, il est travailleur, il aime apprendre et il est très rapide à l'exécution, ses collègues le confirment", décrit Alexandre Figard. "C'est une valeur ajoutée à l'équipe et à l'entreprise, il est doué pour la boulangerie, il est fait pour ça et comme on disait à mon époque lorsque j'étais en formation, - il a trouvé sa voie -".

Suite à l'obtention de son CAP, le patron de Lamine lui propose un contrat d'apprentissage d'un an avec mention complémentaire de boulanger spécialisé qui débutera en septembre prochain. "Grâce à ce diplôme, Lamine pourra devenir chef boulanger, c'est-à-dire qu'il pourra gérer la boulangerie et gérer une équipe", explique Alexandre Figard. "Déjà aujourd'hui, je laisse Lamine accompagner les apprentis en première année de CAP, il peut transmettre, on forme nos jeunes pour qu'ils transmettent aux suivants".

Un recrutement toujours difficile en boulangerie

Comme l'avait souligné à de nombreuses reprises Stéphane Ravacley, le boulanger bisontin qui était allé jusqu'à une grève de la faim pour faire régulariser la situation de son apprenti en janvier dernier, Alexandre Figard reconnaît également un problème de recrutement de jeunes apprentis dans son domaine. "Il y a une recrudescence de jeunes qui arrivent, qui travaillent un temps et qui repartent, ils ne sont pas passionnés", reconnaît-il.

Le métier de boulanger demande un travail de nuit, dès 3 heures du matin, ce qui séduit de moins en moins les adolescents. Pourtant, pour le boulanger installé à Besançon depuis 2013, l'argument financier n'est pas négligeable : "les heures travaillées de nuit sont rémunérées, un jeune qui travaille à 3h du matin ne gagne pas la même chose qu'un autre qui commence sa journée à 7h".

 En attente de rendez-vous officiels…

À ce jour, vendredi 16 juillet, après avoir publié une pétition sur la toile (plus de 15.000 signatures ce jour), Alexandre Figard, en lien avec l'association Patrons solidaires fondée par Stéphane Ravacley, attend de recevoir les dates des rendez-vous avec l'administration française y compris de "ministres et secrétaires d'État", nous dit-il. Des courriers ont été envoyés, il attend "des résultats".

Quoi qu'il en soit, Alexandre Figard le répète : "J'irai jusqu'au bout pour que la situation de Lamine soit régularisée, je pense profondément qu'il doit poursuivre son parcours professionnel, c'est inimaginable qu'il finisse dans un centre de rétention… inimaginable." Et d'ajouter : "Je sais que la médiatisation n'est pas appréciée des décisionnaires, mais je n'ai pas le choix."

Vers une grève de la faim ? "J'irai jusqu'au bout", conclut le boulanger.

Boulanger Besançon : grève de la faim

Le boulanger bisontin Stéphane Ravacley, candidat aux élections législatives dans le Doubs

Depuis plusieurs mois, le nom de Stéphane Ravacley ne circule pas uniquement pour parler de ses élans de solidarité avec l’Ukraine, mais aussi dans le cadre des prochaines élections législatives dans le Doubs. C’est désormais officiel depuis ce samedi 16 avril, le boulanger bisontin est candidat pour siéger à l’assemblée nationale.

Retour sur la grève de la faim de Stéphane Ravacley dans une web série documentaire…

Il y a un an, Corentin Germaneau suivait le quotidien de Stéphane Ravacley, boulanger bisontin en grève de la faim pour soutenir son apprenti guinéen, Laye Traoré, menacé d’expulsion. Cette expérience a amené le jeune homme de 27 ans à réaliser une web série documentaire publiée ce vendredi 14 janvier sur la toile…

Boulanger en grève de la faim à Besançon : le MRAP exige la régularisation de Laye Fodé Traoréiné

Dans un communiqué du 13 janvier, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) de Besançon déclare son soutien au combat du boulanger Stéphane Ravacley en grève de la faim pour protester contre l’expulsion de son apprenti guinéen Laye Fodé Traoréiné, et demande la régularisation de ce dernier.

Le boulanger en grève de la faim contre l’expulsion de son apprenti conduit aux urgences

Notre journaliste avait rencontré Stéphane Ravacley, boulanger de Besançon, ce lundi vers 17h00. Ce dernier qui se trouvait en forme hier, a fait un malaise ce mardi 12 janvier 2021 vers 8h30. Il a été conduit aux urgences après plus d’une semaine grève de la faim.

Boulanger de Besançon en grève de la faim depuis 9 jours : " Non, je ne suis pas suicidaire, je fais attention "

Après 9 jours de grève de la faim pendant lesquels Stéphane Ravacley s’est nourri exclusivement de bouillons, et 8kg en moins, nous lui avons rendu visite lundi 11 janvier dans son fournil de la rue Rivotte à Besançon pour prendre de ses nouvelles ainsi que celles de Laye Traoréiné, son apprenti guinéen.

Social

À Besançon, 4 à 6 000 personnes dans les rues pour l’Acte IV contre la vie chère et pour le droit de manifester

DIAPORAMA ET VIDÉO • Une nouvelle mobilisation d’ampleur s’est déroulée ce samedi 7 novembre à Besançon. Pour cet Acte IV, les manifestantes et manifestants ont répondu à l’appel contre la vie chère, le fascisme, en soutien aux revendications lycéennes et pour défendre le droit de manifester dans la capitale comtoise. Selon la préfecture du Doubs, 4 000 personnes, selon des manifestants, 6 000 manifestants ont battu le pavé au cours de cette journée marquée par plusieurs épisodes de tensions avec les forces de l’ordre.

La Fondation Pluriel reprend cinq dispositifs des Invités au Festin dans le Doubs

À la suite de la liquidation judiciaire de l’association Les Invités au Festin, prononcée le 22 septembre 2026, la Fondation Pluriel a repris cinq de ses dispositifs médico-sociaux. Effective depuis le 10 août, cette opération concerne 133 personnes accompagnées et 33 salariés répartis sur quatre communes du Doubs. Objectif : maintenir les activités et les modalités d’accompagnement, tout en assurant leur pérennité.

Liberté de manifester : l’intersyndicale du Doubs dénonce les restrictions et appelle à de nouvelles mobilisations le 7 novembre

Après la manifestation du jeudi 5 novembre à Besançon, les syndicats FO, FSU et Solidaires reviennent sur leur recours contre deux arrêtés préfectoraux. S’ils saluent une première décision favorable du tribunal administratif concernant le port d’équipements de protection, ils dénoncent le maintien d’une interdiction partielle de manifester et appellent à participer aux actions prévues samedi 7 novembre dans le Doubs.

Mobilisation du 7 novembre : le préfet du Doubs interdit les rassemblements dans le centre-ville de Besançon

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour ce samedi 7 novembre 2026, la préfecture du Doubs renforce les mesures de sécurité à Besançon. En l’absence de déclaration de manifestation, le préfet Rémi Bastille a pris un arrêté interdisant tout rassemblement sur la voie publique dans le centre-ville bisontin, de 9 heures à 22 heures. Plusieurs autres restrictions s’appliqueront également dans l’ensemble du département.

5 novembre à Besançon : la CFDT et l’UNSA quittent la manifestation à 600 mètres du départ " pour des raisons de sécurité "

À l’occasion de la manifestation intersyndicale organisée jeudi 5 novembre à Besançon, la CFDT et l’UNSA ont décidé de quitter le cortège quelques centaines de mètres après son départ. Dans un communiqué publié vendredi 6 novembre, les deux organisations expliquent avoir pris cette décision après qu’une partie des manifestants a emprunté un itinéraire interdit par arrêté préfectoral.

Manifestation du 5 novembre dans le Doubs : un cortège dispersé à Besançon, sept interpellations

La journée de mobilisation intersyndicale organisée ce jeudi 5 novembre 2026 dans le Doubs a rassemblé 9 000 personnes à Besançon et 800 à Montbéliard, selon le bilan communiqué par la préfecture. À Besançon, le cortège s’est scindé en plusieurs groupes, entraînant des tensions dans le secteur de Battant. Sept personnes ont été interpellées et deux policiers blessés.

9.000 personnes se sont mobilisées ce jeudi 5 novembre à Besançon (chiffre préfecture)

Mise à jour régulière • L’appel à la mobilisation est général et de nombreux secteurs sont en grève ce 5 novembre 2026. À Besançon, le rendez-vous était donné à 14h00 à Battant. Si le cortège s'est d'abord dirigé vers la gare suite à l’appel de la CGT et de la CFDT, il s’est réorienté en direction du centre-ville après avoir appris que de jeunes étaient bloqués au niveau du pont Battant. Par ailleurs, le pont Robert Schwint a été bloqué par sept camions de CRS.

Mobilisation du 5 novembre à Besançon : le tribunal administratif rejette le recours de l’intersyndicale

Le Tribunal administratif de Besançon a rejeté la requête de l’intersyndicale FO-FSU-Solidaires avec le soutien de la Ligue des Droits de l'Homme et de l’Union Syndicale Lycéenne tendant à obtenir la suspension de l’arrêté préfectoral du 4 novembre portant sur l’interdiction partielle de l’itinéraire de la manifestation prévue le 05 novembre 2026 à Besançon.

Recours déposé contre le préfet : les manifestants pourront-ils défiler au centre-ville de Besançon ce jeudi ?

À la suite de la "décision très tardive de la préfecture du Doubs" d’interdire une nouvelle fois à l’intersyndicale de manifester dans le centre ville de Besançon, cette dernière, avec le soutien de la Ligue des Droits de l'Homme et de l’Union Syndicale Lycéenne, a déposé un recours au tribunal administratif contre deux arrêtés préfectoraux du Doubs interdisant une manifestation prévue le jeudi 5 novembre 2026 en centre-ville de Besançon.

Perte d’autonomie : 20 % de seniors dépendants en plus en Bourgogne-Franche-Comté d’ici 2055 selon l’Insee

En Bourgogne-Franche-Comté un habitant sur trois a plus de 60 ans. 97 600 de ces seniors subissent aujourd'hui une perte d’autonomie. Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, leur nombre augmenterait de 20 % d'ici 2055 dans la région, soit 120.000, selon la dernière étude de l’Insee parue le 3 novembre 2026.

Cinq projets " à fort impact social et écologique " récompensés par la Région Bourgogne-Franche-Comté

Le lundi 2 novembre, à l’occasion de la Conférence régionale de l’Économie sociale et solidaire, Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, a remis les prix aux lauréats de l’éditions 2026 de l’appel à projets de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).

Grève du 5 novembre : où se dérouleront les manifestations en Bourgogne Franche-Comté ?

Après plusieurs semaines de mobilisation de la jeunesse, contre la vie chère et pour défendre de nombreuses revendications sociales et humanistes, l’intersyndicale appelle à une journée de grève et de mobilisation jeudi 5 novembre 2026. Des manifestations sont prévues dans plusieurs villes de France, notamment en Bourgogne-Franche-Comté. Voici les différents rendez-vous organisés dans la région.

Santé des femmes : la Polyclinique de Franche-Comté lance un parcours de soins dédié à Besançon

Face au constat selon lequel quatre femmes sur cinq en France déclarent négliger leur santé, la Polyclinique de Franche-Comté a lancé, le 21 septembre 2026, le programme ”Au féminin”. Ce dispositif vise à proposer une prise en charge globale et coordonnée, de l’adolescence à la ménopause.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 3.21C°
ciel dégagé
le 08/11 à 10h00
Vent
0.84 m/s
Pression
1024 hPa
Humidité
95 %

Sondage