L'enseigne La Halle envisage de fermer ou vendre 200 magasins

Publié le 16/04/2020 - 15:46
Mis à jour le 16/04/2020 - 15:46

La crise du coronavirus aggrave la situation de La Halle, en difficulté depuis plusieurs années. Lors d’un CSE mercredi 15 avril, la direction de l’enseigne française de chaussures et de vêtements a informé les partenaires sociaux de son intention de déposer une demande de placement en sauvegarde au tribunal de commerce de Paris.

©F. DEP/https://www.google.com/maps/ ©
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L'enseigne va demander son placement sous procédure de sauvegarde pour tenter de s'en sortir. La Halle envisage de fermer ou vendre plus d'une centaine de magasins. "Une restructuration à moindre frais", dénoncent les syndicats. Lors d'un CSE mercredi 15 avril, la direction de l'enseigne française de chaussures et de vêtements a informé les partenaires sociaux de son intention de déposer une demande de placement en sauvegarde au tribunal de commerce de Paris. Elle sera probablement examinée à partir du 21 avril 2020, selon Patrick Puy, le PDG du groupe Vivarte auquel appartient La Halle.

Cette demande ne concernera ni Caroll ni Minelli, les deux autres enseignes de Vivarte. Elle a pour objectif "d'assurer la pérennité de l'enseigne en lui donnant la possibilité de poursuivre ses activités, de protéger l'ensemble des collaborateurs et de ses différents partenaires et prestataires", selon un communiqué du groupe. La procédure de sauvegarde permet en effet à une entreprise d'étaler le règlement de certaines créances, et notamment de suspendre le paiement des loyers, le temps de se réorganiser.

Dans son communiqué, Vivarte précise qu'une fois la procédure de sauvegarde validée, "l'exploitation se poursuivra normalement : les magasins reprendront leur activité dès la levée des mesures de confinement et les emplois seront maintenus". En revanche, "le paiement des dettes antérieures à l'ouverture de la procédure est suspendu ainsi que le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) portant sur le siège de La Halle et l'entrepôt logistique d'Issoudun, lancé en février dernier". L'enseigne prévoyait en effet la suppression de 101 postes au siège et dans son entrepôt logistique d'Issoudun (Indre).

1 500 emplois menacés sur les 5 500 actuels

"Si fin mai ou début juin, on n'a pas trouvé de bonne solution, il faudra passer à une étape supérieure", a affirmé au cours d'une conférence téléphonique Patrick Puy, en détaillant les hypothèses possibles. "Sur les 850 magasins (860 en fait, ndlr) que nous avons aujourd'hui, si on supprime par exemple 50 % des magasins La Halle aux chaussures, 20 % des magasins de la Halle aux vêtements et qu'on garde le reste, c'est un ensemble profitable", a-t-il estimé. "Nous avons en gros 150 à 200 magasins qui sont non 'contributifs' et qui vont peut-être devenir 250 parce que la situation économique ne va pas s'améliorer", a souligné ce spécialiste des restructurations. Et "il y a plusieurs façons de faire : on peut les fermer et on peut aussi les vendre". Ces fermetures potentielles menaceraient 1 500 emplois sur les 5 500 actuels selon Fashion Network.

"Dans un secteur de l'habillement et de la chaussure structurellement en baisse depuis des années et davantage fragilisé par les derniers mouvements sociaux, la fermeture de l'ensemble de ses magasins et de ses deux entrepôts en raison de l'épidémie de Covid-19 a brutalement arrêté l'activité de l'enseigne, conduisant à une prévision de perte de 106 millions d'euros de chiffre d'affaires entre le 15 mars et le 11 mai", explique le communiqué de Vivarte. La Halle affichait un chiffre d'affaires annuel de 847 millions d'euros sur son dernier exercice, clos fin août 2019.

"La stratégie de fonds vautours qui profitent de la crise"

Le groupe Vivarte, déjà passé sous le contrôle de ses créanciers en décembre et disposant d'un faible niveau de trésorerie, aurait pu se retrouver "en cessation de paiements fin mai", a souligné Patrick Puy. Donc "plutôt que d'attendre ça bêtement, nous préférons nous mettre en procédure de sauvegarde". Depuis l'arrivée de ce spécialiste des restructurations à la tête du groupe en juillet 2017, plusieurs enseignes (Chevignon, Cosmoparis, André, Kookaï, Naf Naf, Besson) ont été cédées, faisant craindre aux syndicats son prochain "démantèlement".

Interrogé par l'AFP, Jean-Louis Alfred, représentant de la CFDT, premier syndicat du groupe Vivarte, a d'ailleurs à nouveau dénoncé mercredi "la stratégie de fonds vautours qui profitent de la crise pour enclencher une procédure de sauvegarde, se défausser sur l'État et procéder à une restructuration de La Halle à moindre frais". Quant à Karim Cheboub, coordinateur CGT du groupe, il a jugé que les informations données en CSE n'étaient "pas très rassurantes". "Nous avons demandé à rencontrer les mandataires judiciaires, nous serons vigilants sur le maintien de l'emploi", a-t-il affirmé à l'AFP.

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