Mortalité routière en recul, mais les 80 km/h toujours sur la sellette

Publié le 28/01/2019 - 07:36
Mis à jour le 28/01/2019 - 07:36

Vers des aménagements en local des 80 km/h ? •

Illustration © HL  ©
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Le gouvernement doit annoncer ce lundi 28 janvier 2019  une baisse du nombre de tués sur les routes en 2018, mais l’avenir de la limitation de vitesse à 80 km/h, entrée en vigueur en juillet 2018, reste menacé, en pleine crise des « gilets jaunes ».

Le Premier ministre Edouard Philippe revient ce lundi matin à Coubert (Seine-et-Marne), là où, le 11 décembre 2017, il s'était dit favorable "à titre personnel" à l'abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur certaines routes nationales et départementales.

Un mois plus tard, il annonçait que cette mesure entrerait en vigueur au 1er juillet 2018 sur 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens sans séparateur central, déclenchant une fronde d'automobilistes et de motards et l'indignation d'élus (de zone rurales notamment) et de certains ministres (Collomb, Mézard...).

La contestation contre ce "passage en force" du gouvernement a redoublé en fin d'année avec le mouvement des "gilets jaunes", qui a vu la dégradation ou la destruction de 60% des radars routiers, selon le ministère de l'Intérieur.

Six mois après l'entrée en vigueur de la mesure, le Premier ministre annoncera lundi matin de bons résultats pour la mortalité routière l'an dernier. "Ça va être compliqué de nous dire que les 80 km/h ne marchent pas", glisse-t-on à Matignon.

Sans atteindre le plus-bas historique de 2013 (3.427 morts), 2018 devrait marquer un net renversement de tendance, après trois années consécutives de hausse entre 2014 et 2016 -du jamais-vu depuis 1972- puis une quasi-stagnation en 2017 (3.684 morts).

Sur les onze premiers mois de 2018, la Sécurité routière avait recensé 3.176 tués (métropole et Outre-mer confondus), soit 193 de moins qu'entre janvier et novembre 2017.

Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nunez a également dévoilé mercredi une première tendance sur le réseau abaissé à 80 km/h. "Selon de premiers chiffres provisoires, sur ce réseau secondaire, entre le 1er juillet 2018 et le 31 décembre 2018, le nombre de morts a baissé de 13% par rapport à 2017", a-t-il affirmé au Sénat.

Aménagements synonymes d'"enterrement" ?

Ces estimations sont contestées par les anti-80 km/h, engagés depuis des mois dans une guerre de chiffres. "La mortalité routière était déjà largement orientée à la baisse une année avant l'entrée en vigueur des 80 km/h. (...) La mise en oeuvre de cette nouvelle limitation n'a eu aucun impact sur la réduction du nombre de morts sur nos routes", martelait encore vendredi l'association 40 millions d'automobilistes.

Qu'elle ait des effets bénéfiques ou non, l'exécutif pourrait reculer sur cette mesure qui a constitué, selon de nombreux observateurs, un élément précurseur de la crise des "gilets jaunes" qui secoue la France et fragilise le pouvoir depuis plus de deux mois.

Emmanuel Macron, qui n'a jamais apporté de franc soutien à la mesure et a laissé son Premier ministre la défendre, a amorcé un premier pas en arrière le 15 janvier, en ouvrant la porte à des aménagements au niveau local.

"Il faut ensemble que l'on trouve une manière plus intelligente de le mettre en oeuvre. Il n'y a pas de dogme", a-t-il lancé aux 600 maires rassemblés à Grand Bourgtheroulde (Eure) pour le grand débat national. Ce dossier "fait partie du débat", a-t-il affirmé.

"Il me semble qu'il faut garder cette règle-là, mais qu'on pourrait utilement donner aux présidents de conseils départementaux et aux préfets l'autorité conjointe pour déroger à cette règle lorsque soit elle n'est pas applicable, pas tenable, soit lorsque elle doit être modifiée", a insisté dimanche le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, proche du Président.

Toute possibilité d'aménagement serait synonyme d'"enterrement" de la mesure, s'indigne la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon: "Macron est prêt à tout, même à sacrifier la sécurité routière et des vies, pour reconquérir les Français".

(AFP)

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