Attraper le coronavirus dehors ? Rare mais pas impossible

Publié le 13/10/2020 - 12:05
Mis à jour le 15/10/2020 - 13:19

Risque relatif • La quasi-totalité des contaminations documentées au nouveau coronavirus se sont produites dans des espaces intérieurs, mais les experts estiment que le port du masque dehors se justifie car le risque n’est pas zéro. Et ce d’autant plus dans les endroits bondés où les gens se parlent à proximité et pendant longtemps, du type fêtes ou meetings électoraux.

Depuis le début de la pandémie, les études ont décrit des contagions dans des restaurants, des maisons, des usines, des bureaux, des conférences, des autocars, des avions… Une étude d’avril a identifié un seul cas de transmission extérieure, entre deux villageois en Chine, sur plus de 7.000 étudiés.

Dans une analyse de 25.000 cas, et non évaluée indépendamment, 6% des cas étaient liés à des environnements ayant une composante extérieure, du type sport, fêtes ou concerts: des lieux bondés où la distanciation physique n'était pas respectée, où les gens restaient souvent longtemps, circulaient et parlaient fort ou chantaient.

"Nous n'avons quasiment pas trouvé de cas dans des circonstances extérieures du quotidien", dit l'auteur Mike Weed, de l'université Canterbury Christ Church, qui cite des marchés ouverts en Chine et en Amérique latine, ou un chantier à Singapour.

Les données disponibles indiquent que "l'extérieur est bien plus sûr que l'intérieur, pour une activité et une distance similaires", écrit un groupe de scientifiques et d'ingénieurs spécialistes de la propagation des virus respiratoires et de la qualité de l'air, dans une foire aux questions résumant l'état des connaissances (https://tinyurl.com/FAQ-aerosols).

Dilution dans l'air

"Le risque de transmission est bien plus faible dehors que dedans car les virus libérés dans l'air peuvent rapidement se diluer dans l'atmosphère", poursuivent ces experts, qui font la comparaison avec la fumée de cigarette.

Depuis février, de multiples études ont accrédité la voie de contamination dite aérienne, par les nuages invisibles de gouttelettes microscopiques que nous libérons rien qu'en respirant (aérosols) -- pas seulement par les gouttelettes relativement plus grosses que nous expulsons en toussant et en éternuant, et qui peuvent atterrir directement sur le visage d'une personne dans un périmètre d'un ou deux mètres.

Les plus petites gouttelettes flottent dans l'air pendant des minutes ou des heures, selon la ventilation. Dans une pièce mal aérée, mais aussi dehors entre deux bâtiments sans courant d'air, elles peuvent s'accumuler et être inhalées par quelqu'un d'autre.

On ignore la dose de particules virales nécessaire pour créer une infection, mais plus elle est conséquente, "plus la probabilité d'infection augmente", dit à l'AFP Steve Elledge, généticien spécialiste des virus à Harvard.

Le temps passé près d'une personne contagieuse sera un facteur clé : une seconde sur un trottoir ne semble pas suffire, il faut sans doute plusieurs minutes au moins.

"Bien que ce ne soit pas impossible, il n'y a pas de preuve que le Covid-19 ait été transmis quand des gens se croisent à l'extérieur", conclut le groupe de chercheurs, qui recommande le masque dans les lieux bondés.

Principe de précaution

Linsey Marr, experte très citée à l'université Virginia Tech, dit qu'elle recommande le masque dehors si la zone est très fréquentée, et que "vous croisez les gens fréquemment, par exemple plus d'une personne par minute, à peu près, ce n'est pas une règle absolue".

"Quand on croise les gens dehors, on peut inhaler un peu de l'air qu'ils expirent. Toute exposition unique et brève comporte un risque très faible, mais ces expositions s'additionnent avec le temps. Mon conseil est fondé sur un principe de précaution et sur le fait que porter un masque ne fait pas de mal", ajoute la scientifique.

Sur les terrasses de restaurants, le groupe conseille de garder une bonne distance entre les tables et de se masquer quand on ne mange pas.

Il y a trop de variables pour chiffrer le risque exact sur un trottoir ou dans tel parc, cela dépend du vent, du nombre de gens mais aussi du soleil. Les rayons UV désactivent le virus, mais plus ou moins vite selon l'intensité (de quelques minutes à une heure).

Les connaissances sont limitées car les scientifiques ont du mal à mesurer les concentrations de virus en extérieur, et à faire des expériences comme en laboratoires.

En terme de santé publique, les experts pensent in fine qu'il est plus efficace d'avoir une consigne simple et claire. "Une recommandation universelle est la stratégie la plus sûre", dit à l'AFP Kristal Pollitt, professeure d'épidémiologie et d’ingénierie environnementale à l'université Yale.

Sans compter que sur un trottoir, un passant peut éternuer à l'instant où vous le croisez, rappelle-t-elle.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Coronavirus COVID-19

Covid-19 : le repli de l’épidémie se confirme selon l’agence régionale de santé

Avec un taux d’incidence en population générale désormais sous la barre des 400 cas pour 100/000 habitants, l’épidémie confirme son repli en Bourgogne-Franche-Comté selon les derniers chiffres de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Le taux de positivité des tests perd 5 points mais reste cependant élevé à près de 25%.
 

Covid-19 : le nombre de patients testés a doublé en un mois en Bourgogne-Franche-Comté  

Le nombre de tests a "de nouveau franchi" la barre des trois millions en une semaine, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, sur fond de septième vague de l'épidémie de Covid-19. En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 77.000 personnes ont réalisé un test antigénique ou PCR entre le 27 juin et le 3 juillet 2022 contre 54.000 la semaine précédente et 33.000 début juin.

Santé

L’anti-stress avec Anne Sallé : Quand on ne sait plus ce qu’on ressent…

"Ça va." On le dit souvent sans y penser, comme on répondrait à une formalité. Pourtant, derrière ce “ça va”, beaucoup d’entre nous composent avec une fatigue persistante, une agitation intérieure ou une impression de fonctionner en pilote automatique. La nouvelle année n’y change rien, ni nos bonnes résolutions. Les journées s’enchaînent, bien remplies. On gère le travail, la famille, les obligations. Mais quand il s’agit de dire ce que l’on ressent vraiment, les mots manquent. Comme si le lien avec soi s’était peu à peu distendu.

Biothérapies : la Bourgogne-Franche-Comté et le Québec unissent leurs forces pour accélérer l’innovation

Depuis plusieurs mois, une initiative vise à structurer des liens durables entre les acteurs des biothérapies de Bourgogne-Franche-Comté et leurs homologues québécois, a-t-on appris ce mercredi 14 janvier. Deux écosystèmes aux spécificités distinctes mais complémentaires, unis par des enjeux et une ambition partagés : accélérer l’émergence, le développement et la production de médicaments innovants.

Épidémies et grève des médecins : le système de santé régional sous tension en Bourgogne Franche-Comté

La région Bourgogne Franche-Comté traverse depuis plusieurs semaines une période de forte pression sanitaire, liée à la circulation de plusieurs virus hivernaux et à un mouvement de grève des médecins libéraux. L’Agence régionale de santé (ARS) affirme toutefois rester en capacité d’assurer la continuité des soins dans un communiqué du 9 janvier 2026.

Stimuler le cerveau sans chirurgie : un chercheur bisontin au cœur d’un ouvrage international

Un nouvel ouvrage collectif, Le Manuel de la stimulation cérébrale transcrânienne non invasive dans le domaine cognitif : méthodes, psychophysiologie, neuroamélioration et applications thérapeutiques, est paru le 8 décembre 2025 et dresse un état des lieux approfondi des connaissances et des perspectives dans le champ de la neuromodulation cérébrale. L’ouvrage est co-édité notamment par le professeur Vincent Van Waes, directeur du Laboratoire de Recherches intégratives en neurosciences et psychologie cognitive (UMR INSERM 1322) à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon.

Jobs d’été 2026 : le CHU de Besançon ouvre ses recrutements aux étudiants

Le CHU de Besançon lance sa campagne de recrutement pour les jobs d’été 2026. Comme chaque année, l’établissement hospitalier propose environ une centaine de remplacements destinés aux étudiants pendant la période estivale, qui s’étend du 15 juin au 30 septembre. Les candidatures sont ouvertes dès à présent et jusqu’au 27 février 2026.

Épiphanie : la Brioche des rois d’Anne Sallé pour lâcher-prise…

L'anti-stress avec Anne Sallé • L’Épiphanie pointe le bout de son nez avec son parfum d’amandes ou de fleurs d'oranger, de beurre chaud et de convivialité. On tire les rois, on cherche la fève… c'est jouissif, mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : le plaisir simple d’être ensemble. Et si, dans notre quotidien souvent pressé, la galette devenait bien plus qu’une tradition gourmande : un véritable moment de bien-être comme Anne Sallé, notre coach anti-stress, vous y invite tant.

Les conseils de Valentine Caput : et si en 2026 on arrêtait de se prendre la tête avec son assiette ?

L'oeil de la diet' • En ce début d'année, les bonnes résolutions fleurissent : manger mieux, faire attention, perdre quelques kilos... Souvent avec beaucoup de bonne volonté et parfois un peu trop de sévérité... On fait le point avec notre nutritionniste Valentine Caput qui vous délivre les bons conseils pour débuter sereinement 2026. 
 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 10.19
couvert
le 15/01 à 00h00
Vent
1.83 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
100 %